2016, année d’accréditation du réseau des GDS Œuvrer au service des éleveurs et de la santé animale

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2016, année d’accréditation du réseau des GDS Œuvrer au service des éleveurs et de la santé animale

Compte rendu de l'Assemblée Générale (AG) GDS France => Ce 14 avril, les GDS de France étaient réunis en AG à Lille avec en toile de fond les nombreux chantiers déjà ouverts (accréditation, IBR, BVD…) et les crises sanitaires (FCO, influenza aviaire…).

Christophe Moulin, Secrétaire Général de GDS France a indiqué dans son rapport moral que 2016 fut marquée par l’accréditation de toutes les FRGDS sur la portée « contrôles nécessaires à la qualification sanitaire des troupeaux » et par les crises sanitaires (reprise de la FCO sérotype 8 et de l’influenza aviaire, persistance de la tuberculose). Un des autres évènements aura été la publication, le 31/05/2016, de l’arrêté sur l’IBR qui va favoriser son éradication. GDS France et le réseau des GDS se sont fortement impliqués, appuyés sur leurs valeurs de solidarité et de mutualisme pour œuvrerau service des éleveurs et de la santé animale. Sont présentés quelques points de ce rapport.

Europe : un nouveau cadre

En 2016, l’Union Européenne a été confrontée à 4 maladies animales graves : la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB), la fièvre catarrhale ovine (FCO), l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et la peste porcine africaine (PPA).

Pour la DNCB, pour appuyer les États membres et les pays tiers voisins, la Commission Européenne a constitué une banque de vaccins et en a distribué 625.000 doses.

Pour la FCO, en 2016, 2.586 foyers ont été déclarés dans 9 pays (Autriche, Croatie, Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal et Slovénie) avec cinq sérotypes (1, 2, 4, 8 et 16). La France (50 % des foyers) et l’Italie (38 %) ont été les 2 États les plus touchés. La progression du sérotype 4 en Italie est préoccupante pour la France. Suite à une demande de GDS France, notamment, la Commission a demandé à l’EFSA s’il serait possible de distinguer les mesures de gestion de cette maladie en fonction des sérotypes concernés et de leurs impacts sur la santé animale, sa réponse est prévue pour juin 2017.

En 2016, l’Europe de la Santé Animale a franchi un cap. Le Règlement UE n° 2016/429 relatif aux maladies animales transmissibles, autrement appelé Loi de Santé Animale est officiellement entré en vigueur le 21/04/2016. Vue l’ampleur de son impact réglementaire, il sera applicable à partir d’avril 2021. Il va s’accompagner d’une restructuration du droit européen de la Santé Animale. Cette restructuration a pour objectifs de renforcer la cohérence et l’harmonisation du droit communautaire, en le modernisant et le simplifiant.

Nouvelle gouvernance sanitaire : l’accréditation des FRGDS

Tous les OVS de la France métropolitaine (continent plus Corse) pour le domaine animal (FRGDS et GDS) sont accrédités, depuis décembre 2016 et jusqu’au 30/11/2020, sur la portée « contrôles nécessaires à la qualification sanitaire de troupeaux ». Si les résultats techniques sont au rendez-vous grâce à la mobilisation des équipes professionnelles et administratives des FRGDS et GDS dans toutes les régions, l’aspect financement devient plus problématique. Ainsi, Michel Combes, Président de GDS France, a indiqué dans son intervention : « on ne peut pas transférer des missions à nos organismes, ne leur apporter qu’un financement très limité et dans le même temps (avec la loi NOTRE), casser les mécanismes qui permettaient aux collectivités territoriales d’accompagner financièrement les actions sanitaires conduites localement. Comment ne pas comprendre que ces financements participaient du financement global de la sécurité sanitaire ? ». 

2016, année d’accréditation du réseau des GDS Œuvrer au service des éleveurs et de la santé animale

Plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (plateforme ESA) : seize thématiques sanitaires suivies

En 2016, le programme de travail de la plateforme ESA a porté sur seize thématiques sanitaires : FCO, IAHP, tuberculose, sylvatub (surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage), DNCB, brucellose (surveillance programmée), brucellose (déclaration des avortements), Fièvre Q, OMAR (observatoire de la mortalité des animaux de rente), OSCAR (observatoire et suivi des causes d’avortements chez les ruminants), OMAA (observatoire des mortalités et des alertes chez l’abeille), Aethina et varroa, Schmallenberg, Resavip (réseau national de surveillance des virus influenza chez le porc), faune sauvage et veille sanitaire internationale. La Plateforme ESA a ainsi pour cible les dangers sanitaires de 1ère catégorie à enjeux majeurs et l’étude de nouvelles approches transversales à plusieurs dangers sanitaires (mutualisation), comme les dispositifs OMAR ou OSCAR (pour plus d’informations, cf.  http://www.plateforme-esa.fr/).

Tuberculose bovine : une situation stabilisée

Au 06/12/2016, la France comptait 78 foyers de tuberculose bovine. La situation épidémiologique est stable depuis plusieurs années et la France reste donc officiellement indemne de tuberculose bovine. La situation semble maîtrisée dans les Ardennes, des foyers résiduels sont tenaces en Côte d’Or, affectant plusieurs fois de suite les mêmes cheptels. En revanche, la situation reste préoccupante en région Aquitaine et en Corse, avec une extension des zones concernées par les foyers de tuberculose bovine (cf. carte 1 et tableau 1).

Tuberculose prévalence2

Bien-être animal : une implication croissante

Contrairement à ce que certains propagandistes tentent de faire croire, le bien-être animal est au cœur des préoccupations des éleveurs dans leur relation quotidienne avec leurs animaux. Il s’agit d’une dimension qui participe de la santé animale. 2016 fut l’année de mise en œuvre de la stratégie nationale en faveur du bien-être animal. L’implication de GDS France s’est traduite de trois façons : la participation aux groupes de travail sur la déclinaison de la stratégie nationale en faveur du bien-être animal, la réflexion sur la problématique de l’ambiance des bâtiments et du confort des animaux en élevage et la participation à la Conférence mondiale de l’OIE sur le bien-être animal.

Dangers sanitaires de 2ème et 3ème catégories : nouveauté et aboutissement

Même si 2016 s’inscrit dans la ligne des engagements des années précédentes, deux mots résument les actions contre les dangers sanitaires professionnels : nouveauté et aboutissement. Nouveauté, par exemple, avec la fin programmée de l’ACERSA et le démarrage des activités du Pôle technique de l’Association Française Sanitaire et Environnementale (AFSE) qui reprend ses compétences et se voit confier par l’État, l’élaboration, l’évaluation et le suivi du cahier des charges techniques IBR. Aboutissement, par exemple, avec la publication du cadre réglementaire de lutte contre l’IBR, pour lequel GDS France est le pilote de ce programme collectif. D’autres programmes collectifs (stratégies d’éradication de la BVD, maîtrise de la besnoitiose) ont été entérinés et seront, dans le courant de l’année 2017, déclinés avec les partenaires du Réseau et l’État.

Le label de l’excellence sanitaire

En clôture de cette AG, Michel Combes, Président de GDS France, a notamment indiqué :

« Il nous appartient de proposer aux éleveurs une réponse sanitaire globale aux impératifs épidémiologiques, économiques, environnementaux et sociétaux qui s’imposeront à l’élevage : outre le respect des règlementations sanitaires et les dispositifs de lutte contre les dangers sanitaires de 2e et 3e catégories, cette réponse portera également sur des éléments garantissant raisonnablement le bien-être animal, mais aussi sur des dispositions de biosécurité incluant la formation et l’accompagnement des éleveurs. (…) Il est essentiel que ce que nous avons nommé le label de l’excellence sanitaire se traduise à la fois par un renforcement de la sécurité sanitaire, mais aussi par une maîtrise, une meilleure allocation et une réduction des dépenses sanitaires ».

Dr Didier GUERIN – GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

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