A Cournon : le Sommet de l'élevage mise sur l'international

A Cournon : le Sommet de l'élevage mise sur l'international
50.000 tonnes de viandes partaient de Pologne et d'Allemagne vers le marché russe (DR)

Le "Sommet de l'élevage" qui vient de s’ouvrir à Cournon, près de Clermont-Ferrand, mise sur l'international pour surmonter la crise de confiance de la filière.

Le bassin méditerranéen (Algérie, Maroc, Tunisie) et la Turquie, invités d'honneur cette année avec la Bulgarie, sont les principaux marchés à conquérir pour les éleveurs qui commencent à ressentir durement sur les prix l'effet de l'embargo russe, décrété début août, qui s'ajoute à une baisse régulière de la consommation intérieure.

"Ce n'est pas qu'on exportait beaucoup sur la Russie, mais 50.000 tonnes de viandes partaient de Pologne et d'Allemagne vers le marché russe et vont se déverser sur le marché communautaire et l'engorger", explique Dominique Langlois, patron d'Interbev, l'interprofessionnelle du bétail et des viandes.

A la conquête de la Turquie

La Turquie en particulier reste un grand marché à reconquérir : depuis la vache folle en 1996, la reprise des exportations a été compromise par la reconnaissance officielle en France du génocide arménien en 2011 puis l'imposition de lourds droits de douanes depuis l'an dernier : 30 à 40% pour les animaux et 100% pour la viande, selon Interbev. Entre-temps, en 2012, la France était redevenue le premier fournisseur étranger de viande à la Turquie, avec 22% des parts de marché.

"Des discussions sont en cours et la venue d'une délégation turque à Cournon nous donne de l'espoir", assure Dominique Langlois. "Le problème c'est que les exportations ne se décrètent pas et qu'avec les pays arabes aussi c'est compliqué" ajoute-t-il.

Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine (FNB) dénonce lui l'absence de soutien du gouvernement : "avec l'embourbement du marché européen, le ministre doit nous aider à trouver des opportunités sur pays tiers", juge-t-il.

"Les cours perdent 2 à 3 centimes par semaine »

Jean-Pierre Fleury avance ainsi une revendication de longue date, souvent promise et toujours suspendue : la levée des tests ESB, l'encéphalite spongiforme bovine ou maladie de la vache folle. Ce dépistage rendu obligatoire en 2001, en pleine épidémie, ne concerne plus que les vieux animaux (plus de 72 mois) mais reste un repoussoir sur de nombreux marchés. "Le marché chinois nous reste fermé à cause des tests ESB alors qu'il y a tellement à faire", peste M. Fleury qui évoque "l'exaspération" de ses troupes.

"Les cours perdent 2 à 3 centimes par semaine", assure-t-il en menaçant de relancer les actions coup-de-poing contre la grande distribution, qui ne "joue pas le jeu" et continue de remplir ses rayons avec des viandes importées.

L'initiative "Viande de France" lancée au printemps, pour contrecarrer les importations aléatoires et peu traçables de viandes "Origine UE" est en train de faire long feu, accuse-t-il : "On glisse lentement mais sûrement vers une étiquette européenne et personne ne réagit". Dans son viseur également : la restauration collective. "Sur 280.000 tonnes de viande rouge consommée, 80% provient de l'importation : la moutarde monte au nez de tout le monde", prévient-il, notamment à l'adresse du ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll attendu jeudi sur le salon.

 

Source avec AFP

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