Abattoirs: des manquements graves relevés, l'investissement et la formation préconisés par le ministre

Abattoirs: des manquements graves relevés, l'investissement et la formation préconisés par le ministre

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a révélé mercredi que des manquements graves avaient été relevés sur 5% des lignes d'abattages des abattoirs français inspectés au mois d'avril, et a insisté sur les investissements nécessaires dans la filière et la formation des salariés.

"Cette inspection démontre que nous avons encore des progrès à faire", a déclaré le ministre en expliquant devant la commission parlementaire sur les abattoirs que "dans les deux tiers des établissements, absolument aucun problème n'a été mis en évidence. Dans le tiers restant, la majorité des cas (concernait) des défauts de conformité mineurs". Cette inspection nationale, ordonnée fin mars par le ministre, après la diffusion de vidéos choquantes de l'association L214, a été conduite dans la quasi totalité des abattoirs de boucherie en France et en Outre-Mer soit 259 établissements sur 263, comprenant 460 chaînes d'abattages.  

Le ministre a tenu a assurer que "pour tous les défauts de fonctionnement, la plus grande fermeté a été appliquée et des procès verbaux ont été dressés dans 8 établissements". La porte-parole de l'association, Brigitte Gothière, auditionnée le 27 avril, avait dénoncé le fait que "quand il y a contrôle, il est rarement suivi d'effet ou de sanctions" en cas de manquements, citant sur ce point un rapport de la Cour des comptes de février 2014. Les cas de non-conformité les plus graves "concernaient au moins 5% des chaînes inspectées, soit 19 chaînes sur 460", et "ont donné lieu à des suites immédiates", a détaillé M. Le Foll ajoutant que "dans deux établissements, des arrêt d'activité, suspension ou retrait d'agrément, ont été ordonnés". Parmi les autres cas, "des défauts d'étourdissements ont été relevés dans 39 chaînes d'abattage", selon le ministre. Ce problème était au coeur des vidéos de l'association L214 qui montraient des animaux égorgés sans avoir été correctement étourdis.      

Compréhension pour les salariés

Pour trouver une solution à ces manquements, le ministre a insisté sur l'importance des moyens matériels et humains, mettant en avant l'investissement dans des outils de production modernes ainsi qu'une formation solide pour les personnes travaillant dans les abattoirs. Sur la question des investissements, le ministre a rappelé que le gouvernement avait débloqué une enveloppe de 50 millions d'euros pour la modernisation des outils d'abattage. Le but était d'obtenir "des abattoirs du futur qui intègrent toutes les techniques possibles et potentielles permettant d'améliorer le travail, l'efficacité et aussi le bien-être animal", selon le ministre.  

Or "on est loin d'avoir utilisé l'enveloppe prévue" a indiqué M. Le Foll. Seulement six projets ont déjà été accompagnés "pour un montant de 13,2 millions d'euros", et trois autres projets sont en cours d'instruction pour un montant de 4 millions, "il reste donc une ligne budgétaire de 32,7 millions d'euros", a-t-il assuré. Des abattoirs modernes peuvent rendre le travail de ceux qui y travaillent moins pénible physiquement, mais le ministre estime qu'ils ont également besoin d'une solide formation "initiale et continue", ainsi qu'un suivi pour "faire évoluer les carrières". "On ne peut pas laisser ces salariés 40 ans sur la chaîne car ils n'arrivent pas au bout. Il faut aussi faire oeuvre de compréhension pour ces salariés.La cadence dans les chaînes, à un moment, peut faire perdre le cadre de conscience nécessaire par rapport à la question des animaux et du bien-être animal", a-t-il ajouté. Interrogé sur le témoignage dans le journal Libération mardi d'un ancien fonctionnaire des services vétérinaires, le ministre a également tenu à préciser que "tout en respectant toutes les opinions", il avait vérifié auprès de ses services et que cette personne "n'était pas un vétérinaire et avait fait trois vacations dans les abattoirs", durant toute sa carrière.

Source AFP

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Commentaires 2

nanardd

et oui il y a deux France une qui applique la loi sur l'étourdissement sinon c'est les sanctions et l'autre où la police n'a que le droit de fermer les yeux car c'est "rituel"

agri07

comment font les musulmans pour tuer un animal y aurait il deux france

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