Accord de fin de conflit Gad : les salariés de Lampaul en appellent à l'actionnaire minoritaire

Accord de fin de conflit Gad : les salariés de Lampaul en appellent à l'actionnaire minoritaire

Quelque 150 salariés de l'abattoir de porcs Gad SAS de Lampaul-Guimiliau (Finistère), qui doit être fermé, ont demandé à Prestor, actionnaire minoritaire de la société, d'intervenir auprès de l'actionnaire majoritaire, la Cecab, pour que celle-ci respecte les engagements de fin de conflit, a-t-on appris de source syndicale.

Les manifestants se sont rendus au siège de Prestor, à Kersaint-Plabennec (Finistère), en organisant une opération escargot sur près de 25 km. Sur place, ils ont rencontré le président de la coopérative de porcs, Guillaume Roué.

Les salariés de l'abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau, qui bloquent leur site depuis le 11 octobre pour obtenir de meilleures conditions de licenciement, ont obtenu mercredi un doublement de leurs primes "supra légales" et le paiement des jours de grève, lors de négociations avec la direction menées à la préfecture.

Mais, selon des responsables syndicaux, le texte qu'ils ont reçu le lendemain ne correspondait pas aux engagements de la direction. Celle-ci a contesté cette affirmation dans un communiqué, "le projet d'accord correspondant en tout point aux revendications faites par les représentants lors de cette réunion".

Mardi soir, Olivier Le Bras (FO) a affirmé qu'une "nouvelle mouture du texte" était "pratiquement conforme à ce qu'on demande".  "Conformément à ce qu'ont demandé les représentants du personnel, la direction a apporté une amélioration sur la proposition", a indiqué mardi soir la direction de Gad, sans autre précision.

Mais les syndicalistes ont demandé par téléphone à la Cecab, mardi, depuis Kersaint-Plabennec, le triplement de la prime extra-légale, a relaté le secrétaire général de la préfecture, Martin Geiger, venu sur place. "Il n'y a que 30 personnes qui acceptent la mutation à Josselin, or il y a 6,5 millions d'euros consacrés à la mobilité. On voulait que la somme restante soit distribuée" aux 850 licenciés des sites de Lampaul, Saint-Nazaire et Morlaix.

"La Cecab a indiqué en réponse qu'elle avait fait tout ce qu'elle pouvait faire et ne pouvait aller au-delà", a indiqué M. Geiger.

Malgré cette "fin de non-recevoir", selon les termes de M. Le Bras, une AG du personnel doit avoir lieu mercredi à 14H00 à Lampaul. "Je pense qu'on va demander l'avis des salariés sur l'accord", basé sur la "nouvelle mouture", a dit M. Le Bras.

"Si le personnel estime avoir besoin d'un peu de temps, on laissera du temps, mais il ne faut pas trop tarder", a dit M. Le Bras selon lequel le vote pourrait intervenir mercredi ou jeudi.

En début de semaine dernière, une cinquantaine de salariés de Lampaul avaient bloqué le second abattoir du groupe, à Josselin (Morbihan), où Gad, autorisé par le tribunal de commerce à poursuivre son activité, a recentré son activité. Les salariés des deux sites en étaient venus aux mains, avant une intervention des forces de l'ordre.

Mardi, les salariés ont aussi demandé à Prestor de garantir que le site de Lampaul sera "conservé en état de fonctionnement" pour qu'un éventuel repreneur trouve un outil de production en état de marche", a indiqué un des délégués FO, Patrick Le Goaf.

Mais M. Roué a précisé : "Ils (les salariés) souhaitent que l'abattoir soit mis à disposition --de qui d'ailleurs ?-- pour une éventuelle poursuite d'activité. Mais selon nous, le volume de porcs produit en Bretagne ne permet pas de maintenir en activité tous les abattoirs".

La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a assuré vendredi que l'objectif du gouvernement était la "réindustrialisation" du site lors d'une rencontre avec des salariés.

Source AFP

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Commentaires 2

geo

Le malaise des abattoirs n'est que l'arbre qui cache la forêt. Profession, industriels et distributeurs ont bâti ce système en parfaite connaissance de cause, en acceptant d'être très dépendants les uns des autres. Les modes de consommation changent et l'Europe baisse les soutiens à l'exportation. Dans ce contexte, il parait inévitable que les abattoirs se restructurent. Ils produisent des produits qui ne fournissent que très peu de valeur ajoutée à l'unité. Seule une forte production permet de les maintenir la tête hors de l'eau. Or, la demande concernant ces produits standardisés à l'extrême n'augmente plus aujourd'hui.

Averonet

La baisse de la production de porcs en Bretagne ne permet pas de maintenir l'activité de tous les abattoirs...´
Voilà la phrase qui doit inquiéter toutes les filières: cette affirmation vaut pour l'aval, mais aussi pour tous les fournisseurs de l'agriculture.
Probablement même pour la cohérence du tissu rural tout entier. Pour le vérifier, regardez un peu qui circule sur nos routes de campagne. 30 à 50% des véhicules (camions, commerciaux, vétos,...) bossent directement avec les paysans.

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