Animaux maltraités: Le Foll promet un représentant de la protection animale dans chaque abattoir

Animaux maltraités: Le Foll promet un représentant de la protection animale dans chaque abattoir

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé jeudi vouloir imposer un représentant de la protection animale dans chaque abattoir, après la diffusion de nouvelles images choquantes d'animaux maltraités dans un abattoir basque.

 
Le Foll : "Il y aura des représentants de la... par Europe1fr

Une réglementation européenne datant de 2009 impose un tel référent dans tous les abattoirs de l'Union traitant plus de 1.000 "équivalent gros bovins" par an. Jeudi, le ministre, Stéphane Le Foll, a promis d'étendre l'obligation à "tous" les établissements: "il y aura des représentants de la protection animale dans tous les abattoirs", a-t-il annoncé sur Europe 1. Selon la direction générale de l'alimentation (DGAL), une cinquantaine d'entreprises supplémentaires parmi les quelque 260 que compte le pays sont concernées. "La plupart étaient déjà couvertes mais on en veut partout" assure-t-on au ministère.  

Ces référents, comme ceux déjà en poste, seront des volontaires choisis parmi le personnel, formés en quelques jours à la protection animale et agréés en préfecture, donc reconnus comme interlocuteurs officiels des pouvoirs publics et précisément des services vétérinaires, dont la présence est aussi obligatoire, insiste-t-on. Mais ils resteront des employés de l'abattoir, ce qui en fait à la fois des juges et parties et fragilise leur statut. L'abattoir public de Mauléon (Pyrénées Atlantiques), fermé depuis les révélations et la vidéo choquante de L214, appartient à la catégorie couverte par la directive européenne: son site internet annonce une capacité de 2.610 tonnes suite à des travaux d'agrandissement en 2010 pour faire face à la demande et traiter la viande bio. Il disposait donc bien déjà d'un référent chargé de la protection animale. Il s'est sans doute avéré difficile pour lui de signaler les maltraitances observées.

Aussi le ministre promet de renforcer la protection de ces personnels: "On va regarder ça, jusqu'à leur donner le statut de lanceur d'alerte. Qu'ils puissent, dès que quelque chose ne va pas, le dire aux services vétérinaires", a-t-il annoncé. Dans son entourage, on veut croire qu'il en ira de ces référents comme des représentants du personnel, dont la présence a fini par s'imposer au sein des entreprises.      

 Services vétérinaires insuffisants      

Mais pour Pierre Hinard (auteur d'"Omerta sur la viande", paru chez Grasset en 2014), ex-directeur qualité d'une grande entreprise d'abattage dans l'ouest, jeté dehors sans sommation pour avoir dénoncé les pratiques sanitaires douteuses de son employeur, rien n'est moins sûr car les salariés référents seront à la fois juge et partie.   Cette proposition est "un aveu de faiblesse et le constat de la non-gestion de l'Etat de son obligation de veiller au bien-être animal", estime-t-il en rappelant qu'il ne peut y avoir "aucun abattage sans la présence d'un inspecteur vétérinaire du début à la fin, soit un représentant de l'Etat avec un pouvoir de police".

Pourtant, "la viande est pleine de toxines qui viennent du stress de l'animal au moment de l'abattage" et se retrouveront in fine dans l'assiette du consommateur, rappelle M. Hinard.   Pour lui, les manquements constatés signifient que les inspecteurs "ferment les yeux" face aux agissements des employés. D'autant que les abattoirs, souvent implantés en zones rurales, jouent le chantage à l'emploi dont ils sont souvent les principaux pourvoyeurs.   "Le point faible" reconnait-on au ministère. Et si le projet de loi "Sapin 2" présenté mercredi prévoit de renforcer la protection des lanceurs d'alerte, elle n'est pas encore adoptée.  

Autre écueil, les services vétérinaires ont perdu 250 postes entre 2007 et 2011, passant de 1.650 agents à 1.400. Suite au scandale Spanghero et aux fraudes observées sur la nature de la viande (du cheval remplaçant le boeuf) en 2013, le ministère de l'Agriculture a gelé les réductions d'effectifs l'année suivante et entrepris de créer 60 postes par an jusqu'en 2017, rappelle-t-il. En tout cas, estime-t-on autour de Stéphane Le foll, le référent est une meilleure idée pour la protection des animaux que "la vidéo-surveillance, qui pose d'autres problèmes relatifs aux libertés, à l'intimité et aux droits des salariés".

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 8

eleveur61

Les mauvais traitements infligés dans cet abattoir sont inadmissibles .Les vétérinaires ferment les yeux et couvrent des pratiques douteuses.L'association L214 anti viande utilise t elle le bien être animal à d'autre fin suite au prochain épisode.Le fait que les producteurs ont un ministre aux compétences limitées vu les problèmes que les éleveurs vivent la facture risque de leur être présentée indirectement.

jeff

personnellement je suis un eleveur qui ne gagne pas son pain, je me verrais bien controleur dans un abattoir, verifier que les autres travaillent bien, "payer à rien faire en somme". Dommage les places sont déjà reservées au personnel existant.

vincent

champ66 tu fais de l'humour, c'est pas plutôt l'inverse

VINCENT

Mon cher CHAMP66, les scandales justement ne viendraient ils pas d'abattoir hallal? mais le pasdamalgam et le pasdepolemique vient éteindre toute vérité, qui serait pourtant bonne à dire ( avant , il y a une dizaine d'année, pas de problème )

éleveur89

C'est beau la France le ministre n'a pas confiance ds ces services (DDCSPP) il donne tt pouvoir aux associations : quelle honte!!

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires