Après l'ours et le loup, faut-il craindre les corbeaux ?

Après l'ours et le loup, faut-il craindre les corbeaux ?

Un éleveur accuse une espèce protégée de corvidés d'attaquer ses agneaux à la façon des oiseaux d'Hitchcock, des assertions accueillies avec prudence par les spécialistes et les autorités qui enquêtent.

Bernard Antony élève 160 brebis en plein air dans l'Ariège, à Artigat, un village du piémont pyrénéen. Celui-ci affirme avoir "perdu au minimum 80 agneaux et une dizaine d'adultes" lors de la période d'agnelage qui s'achève tout juste. Les grands corbeaux ou corvus corax, espèce protégée, "se rassemblent" et foncent sur le troupeau qu'ils "font avancer" comme le feraient des chiens de berger, dit-il. "Ils les acculent, leur piquent les fesses, les yeux et les côtes".

Yves Roullaud, de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de l'Aude, reconnaît que les attaques contre les nouveaux-nés - agneaux, poussins ou porcelets - existent même si ce comportement n'est pas "systématique" chez tous les grands corbeaux. "La période la plus sensible, c'est lorsqu'une brebis a fait naître un agneau et qu'elle est en train de mettre bas le deuxième", dit-il. Mais que des adultes aient pu avoir été aussi victimes le laisse sceptique. "Je ne connais qu'un cas de grand corbeau s'en prenant à une brebis" et elle "avait une blessure".

Alertées par une lettre au préfet de l'Ariège, les autorités enquêtent. Des équipes de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et des services vétérinaires se sont rendues sur place, où elles ont constaté la présence de grands corbeaux et de quelques vautours. Bernard Antony souhaite que les autorités trouvent une solution pour le débarrasser des oiseaux et réclame des "indemnisations" évaluées à 140 euros par bête.

Georges Ballade, adjoint au maire, estime lui que les attaques montrent "qu'il y a un déséquilibre écologique dans le coin", peut-être du fait que la commune accueille un quai de transfert des ordures ménagères ou "de mauvaises pratiques" d'élevage. D'après Yves Roullaud les éleveurs ne doivent "rien laisser d'attractif pour le grand corbeau", cadavres ou placentas.

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