Blocages routiers des agriculteurs: "On n'a pas le choix", disent les éleveurs

Blocages routiers des agriculteurs: "On n'a pas le choix", disent les éleveurs
© FDSEA du Finistère

À l'abri de la pluie sous un pont, où les barbecues fument encore, une centaine d'agriculteurs en colère, éleveurs pour la plupart, bloquent depuis 6H00 mercredi matin la RN 12 désormais déserte, à hauteur de Plouvenez-Moëdec (Côtes-d'Armor), entre Guingamp et Morlaix, au coeur de la Bretagne.

Leur barrage s'ajoute à plus d'une vingtaine d'actions -bloquantes ou opérations escargots- organisées mercredi en Bretagne, mais aussi en Normandie et dans les Pays de la Loire, dans l'une des plus grosses actions agricoles collectives depuis un an. "On ferait mieux d'être chez nous, on a plein de travail en retard, mais on n'a pas le choix. Il faut que le gouvernement nous écoute", assène Jean-Marc Lohier, producteur de lait à Lanvellec (Côtes-d'Armor).

"Les aides annoncées hier (mardi) par (le ministre de l'Agriculture) Stéphane Le Foll, ce sont des rustines. On n'en veut pas, on veut du prix, un prix de vente correct pour notre lait et nos cochons." La coopérative lui achète son lait à 30 centimes d'euro le litre. "Mais on nous annonce 27 à 28 centimes prochainement. À 30, on n'y arrive déjà pas, alors à 27... Il nous manque 6 centimes par litre."  

Même demande urgente d'un autre manifestant. Pour le porc, "il nous faut 1,40 euro le kg (contre 1,094 actuellement au Marché du porc breton, ndlr). Sinon, on ne s'en sort pas", estime un éleveur d'une commune voisine, qui a refusé de donner son nom. "Certains se payent 500 euros par mois pour 70 heures de travail par semaine... D'autres ne peuvent même plus se payer du tout. C'est inadmissible!"   Un peu plus loin, c'est un producteur de lapins qui prend la parole. "La consommation a baissé de 10% en 2015. Le prix de l'aliment pour les animaux a augmenté et nos prix de vente ont baissé", constate Eric Fejan. "Nous, par exemple, on fait des efforts pour réduire sérieusement l'usage des antibiotiques. Les Espagnols eux, ils en donnent largement deux fois plus que nous, et on est sur les mêmes marchés."      

Toute l'économie touchée

 "Ici, on a une qualité impeccable, le top du top, mais les consommateurs n'ont pas toujours l'air de s'en rendre compte", renchérit le producteur de porcs. Parmi les manifestants, d'autres métiers, indirectement mais très réellement touchés par la crise agricole, sont représentés, témoins du poids majeur de l'agriculture dans l'économie bretonne. "Il y a 20 ans, j'avais une entreprise de huit salariés. Aujourd'hui, je n'en ai plus qu'un seul. On a perdu 50 à 60% de notre activité avec les agriculteurs ces dernières années", assure Rémy Prima, un artisan maçon installé depuis 37 ans. "Les anciens arrêtent leur activité et les jeunes ne peuvent plus investir à cause des banques qui ne veulent pas prêter. Aujourd'hui, dans mon carnet de commandes, je n'ai plus de chantiers au-delà d'un mois."  

Jean-Marc Lohier a rappelé les principales revendications des manifestants: "l'étiquetage de l'origine de la viande y compris des produits transformés", comme la charcuterie ou la salaisonnerie, et "l'arrêt des distorsions de concurrence, en particulier sociales et fiscales, au plan européen". Rassemblés autour des feux qu'ils ont allumés sur la chaussée en fin d'après-midi, tous sont d'accord: "On va lever le camp vers 21H00, indique Jean-Marc Lohier, mais on sera de retour demain (jeudi) matin à 8H00. Et ce sera comme ça tant que (le Premier ministre Manuel) Valls ne sera pas venu nous écouter."

Sur les autres barrages de Bretagne et du Grand Ouest, plusieurs déjà ont également annoncé leur intention, soit de rester toute la nuit, soit de reprendre les actions jeudi matin, afin de maintenir la pression, alors qu'une table ronde sur les filières agricoles en danger est prévue à la préfecture de Bretagne, à Rennes, jeudi en début d'après-midi.  

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 17

ff

a tous ceux qui critiques les actions installé dans leur canapé
oui pour 50 %lait français c est le marché européen et mondial
mais pour les 50% qui restent c est le marché intérieur la est notre levier d action, la valeur ajouté meme si elle ne se partage pas mais elle se répartie
aux industriels(privé et coop)et aux distributeurs a bientot

jmb

Une délégation de 140 éleveurs représentant 15 pays européen est allée rencontrer le Pape François, plus de chance d'être écouté et compris que par nos racketteurs politico-syndicaux!!
Mettre fin à la crise de l'élevage: facile: mettre en place une auto régulation européenne des productions pour coller au marché, mais il faut se poser la question: à qui profite cette surproduction?
Le copa cogeca (FNSEA EU) a défendu bec et ongle le libéralisme à Bruxelles.......

yenamarre

pourquoi toujours nous comparer à l'Allemagne!!On ne joues pas dans la même cour!!
les normes environnementales ne rien à voir avec nous, les fermes de 1000 vl, les grandes porcheries...
même si il ne faut pas chercher à aller vers ce systeme qui est prêt à travailler sur une petite structure tout seul!!! à toujours bosser sans rien avoir au bout!!!a part être traiter de pollueur, de chasseur de prime et j'en passe.Trop d'écologie vas nous tuer!!!

@DD

oui enfin ce n'est plus sofiproteol c comme l'ump quand ca commence a etre negatif on change de nom c idiot mais ca marche...
en plus il a d'autres chtas a fouetter xav avec ses 10 ou 15 mandats

perdu de vue

LA PRODUCTION AGRICOLE VA MAL . URGENT paysans bretons recherchent président de région nommé Mr le Drian . ATTENTION N INTERVENEZ PAS SEUL cet homme est surtout ministre de la défense .

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires