Contractualisation : Lactalis isolé après l’accord de Bongrain avec les producteurs

Le groupe Bongrain, connu pour ses marques Caprice des dieux ou Elle et Vire, est tombé d'accord avec ses producteurs de lait sur les contrats qui régiront leurs relations, isolant un peu plus Lactalis où les négociations sont en panne.

Bongrain et ses producteurs ont signé, vendredi lors du Salon de l'Agriculture, un protocole d'accord sur les contrats commerciaux qui lieront les deux parties. Commencées en octobre 2011, les discussions entre Bongrain et ses producteurs se sont déroulées dans un "climat constructif", ont souligné les deux parties vendredi. Bongrain mise sur une entrée en vigueur de ce nouveau contrat à partir du 1er mai.

 Les discussions ont permis une évolution des contrats, souligne-t-on de part et d'autre. Initialement prévue pour 5 ans, leur durée sera finalement de 7 ans avec un renouvellement par période de 5 ans, a précisé Daniel Chevreul, directeur des approvisionnements lait Bongrain. Point important et innovant, ce dispositif reconnaît un rôle de négociations aux organisations de producteurs.

De leur côté, les producteurs s'engagent sur des plans de production trimestriels pour assurer de "la visibilité" dans les approvisionnements de Bongrain, a déclaré Christophe Tinnière, représentant des éleveurs.  Ces contrats "préparent la fin des quotas laitiers", s'est félicité Robert Brzusczak, vice-président de Bongrain. "Il est très important qu'industriels et producteurs gèrent ces volumes", a-t-il ajouté.

Blocage chez Lactalis

En revanche, la situation s'est dégradée côté Lactalis : la Basse-Normandie, les Pays de la Loire et l'Aquitaine ont annoncé vendredi la suspension de négociations visant à soutenir des investissements industriels du géant laitier.

Dans un communiqué commun, ces trois grandes régions laitières évoquent "des zones d'ombres" dans les intentions de Lactalis ainsi qu'un "durcissement" dans les discussions entre le groupe et les organisations professionnelles agricoles sur les contrats-cadres.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a appelé lundi le géant laitier français à "jouer le jeu des contrats laitiers". Lactalis veut signer un contrat directement avec chaque éleveur, en refusant de donner un rôle aux organisations de producteurs. La société a mis ses éleveurs au pied du mur, en leur enjoignant de signer leur contrat avant le 31 mars.

Bel toujours en discussions

Pour Lactalis, la pression s'accroît alors que d'autres grands groupes comme Danone et Senoble ont bouclé le dossier avec leurs producteurs ou sont en voie de le faire.  Bel (la Vache qui rit, notamment), est en cours de négociations avec ses producteurs sur la base d'un contrat à deux échelons (cadre et application).

Détenu à 24% par le groupe Lactalis, Bel n'a pas rompu les négociations, souligne-t-on à la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Une réunion est prévue le 7 mars entre les producteurs et la direction de Bel.

Ces contrats sont prévus dans la loi de modernisation de l'agriculture de juillet 2010. L'objectif est de sécuriser les revenus des agriculteurs et de préparer la fin du système quotas prévue pour 2015.

Source d'après AFP

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