Coût alimentaire : le nerf de la guerre

Coût alimentaire : le nerf de la guerre
Coût alimentaire

Comment maintenir la rentabilité de son élevage lorsque le blé vaut de l’or ? Les réponses de Jean-Louis Dodelin, directeur développement au CER FRANCE Vendée.

Quels sont les impacts de l’envolée du prix des céréales ?

Jean-Louis Dodelin : «L’impact est énorme sur les productions porcines et cunicoles, pour lesquelles la hausse du coût de revient n’est pas répercutée sur le prix de vente, comme c’est le cas en volailles. En porcs, le coût alimentaire représente près de 60 % du coût de revient total. L’impact reste plus modéré dans les exploitations bovines, où la part de l’aliment est plus faible dans le coût de revient.»

Comment voyez-vous le marché des céréales évoluer à moyen terme ?

«Nous serons vraisemblablement confrontés à des prix élevés, avec de fortes fluctuations. La demande alimentaire mondiale progresse, à la fois sur les végétaux et les productions animales. Du côté de l’offre, les surfaces agricoles diminuent sous l’effet de l’urbanisation. Tout aléa de production (sécheresse, inondation…) fait brutalement grimper les prix. De plus, l’Union Européenne ne dispose plus de surfaces de jachères pour réguler l’offre.»

Quelles stratégies adopter pour s’adapter à cette nouvelle donne ?

«En production laitière, les deux éléments essentiels de maîtrise du coût alimentaire sont :

- la qualité de la ration de base permise par les productions fourragères ;

- les objectifs de productivité par vache : ne pas chercher le rendement laitier maximum.

L’autoconsommation des céréales n’est pas nécessairement la solution unique. La stratégie peut consister à valoriser au mieux la vente de ses céréales et à contractualiser ses achats d’aliments. Pour limiter les risques, l’éleveur peut passer un contrat d’échange céréales/aliments lui permettant de coller au marché sur toute une campagne.

En production porcine, la priorité reste la performance technique par l’optimisation de l’indice de consommation. Les marges de progrès sur ce critère sont essentielles pour les exploitations dont l’indice de consommation global se situe au dessus de 3. Autre voie d’adaptation : l’utilisation des céréales produites sur l’exploitation via la fabrication d’aliments à la ferme. Cette dernière nécessite néanmoins des compétences, de la main d’oeuvre et des investissements. Elle peut être complétée par l’utilisation des marchés à terme.»

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