Eleveurs en colère : la grande distribution réaffirme son soutien, demande aux transformateurs d'agir

Eleveurs en colère : la grande distribution réaffirme son soutien, demande aux transformateurs d'agir
© Facebook Jeunes Agriculteurs de l'Eure

Après Lidl France vendredi, les distributeurs Carrefour, Système U et Leclerc ont rappelé mardi leur volonté de soutenir les filières agricoles en répercutant les hausses de tarifs, se plaignant à mots plus ou moins couverts que certains transformateurs industriels ne respectent pas leurs engagements.

Ces déclarations interviennent au lendemain d'une série d'actions contre la grande distribution dans le Grand Ouest menées par des éleveurs en colère pour exiger une remontée du prix d'achat de leurs produits. Dans un communiqué, Carrefour indique qu'il "s'engage à répercuter à l'achat de façon hebdomadaire les évolutions des marchés sur toute la viande fraîche bovine et porcine". Système U se déclare "conscient des difficultés rencontrées" par les producteurs de boeuf, de porc et de lait "et a décidé, pour renforcer son accompagnement des filières agricoles, de mettre en oeuvre des mesures visant à revaloriser les marges des producteurs". Mais ces deux enseignes rappellent qu'elles ne peuvent agir seules, car elles ne négocient pas directement les tarifs auprès des éleveurs. N'étant pas opérateurs directs, elles doivent passer par des abattoirs ou des transformateurs industriels pour s'approvisionner. "On ne cherche pas à se dédouaner, mais il est important de comprendre que ce n'est pas nous, grande distribution, qui détenons le noeud du problème", a expliqué un représentant de Système U.

Pour la viande, Carrefour indique ainsi qu'il "ne peut pas agir directement sur ces cours n'ayant pas d'activité intégrée d'abattage et de découpe". Système U explique également ne pas être "opérateur direct au cadran de Plérin", le marché du porc breton. "C'est pour cela qu'il a demandé à son fournisseur de viande fraîche Cooperl de payer à la production le kilo de porc à hauteur de 1,40 euro", le cours au cadran étant actuellement de 1,346 euro. Concernant ses produits à marque U, "la même demande a été faite auprès de notre fournisseur Brocéliande (filiale Cooperl)", indique l'enseigne.
Pour le lait, Système U indique que, lors de ses négociations commerciales, il a pris comme base un prix de 34 centimes d'euros. Or, le groupement s'étonne de constater qu'à ce jour, le litre de lait soit toujours acheté à la production 30 centimes, s'interrogeant sur ce différentiel. Sur cette question précise, le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) "condamne le hold-up de certains transformateurs laitiers qui préfèrent se dédouaner en accusant leurs clients (les GMS) de tous les maux", écrit-il dans un communiqué. "La semaine dernière, j'ai demandé à la transformation d'actionner la clause de survie pour les éleveurs laitiers car aucune avance conjoncturelle n'a été décidée par les entreprises depuis 6 mois alors que nous nous enfonçons dans la crise", ajoute Thierry de Roquefeuil.  
Enfin pour la viande bovine, Système U s'est déjà engagé à une revalorisation hebdomadaire de 5 centimes, pour atteindre à terme une augmentation de 50 centimes au kilo. Michel-Edouard Leclerc, patron des centres du même nom, a quant à lui publié sur son blog, les cours d'achat auxquels son propre abattoir, Kermené, achète la viande de porc pour montrer que les tarifs qu'il propose sont supérieurs à ceux d'autres acteurs du marché. Reprenant des propos tenus au Télégramme de Brest par le président du Marché du porc breton, Daniel Picard, le distributeur affirme que "Leclerc et Intermarché ont respecté leurs annonces. (...) En revanche, d'autres opérateurs ne jouent pas le jeu", pointant du doigt "les grands salaisonniers qui opèrent une stratégie de contournement du marché" en allant s'approvisionner dans d'autres pays moins chers.Vendredi, Lidl France avait également interpellé les industriels de la filière bovine, assurant que ceux-ci n'avaient à ce jour rien fait pour répercuter les revalorisations tarifaires décidées le 17 juin lors d'une réunion au ministère de l'Agriculture.

Source AFP

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Commentaires 1

robin des champs

aller voir l article dans le telegramme nouveau modele agricole du 13/06/15 il y en a qui vont pas aimer chapeau mec

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