Fièvre catarrhale ovine: une épizootie "relativement stabilisée"

Fièvre catarrhale ovine:  une épizootie "relativement stabilisée"
Un demi-million d'animaux ont reçu deux injections à trois semaines d'intervalle (DR)

La fièvre catarrhale ovine (FCO) continue de s'étendre en France, deux mois après sa réapparition, mais son rythme de progression est désormais "stabilisé", fait valoir le gouvernement, qui espère en outre limiter l'impact sur les éleveurs grâce à la vaccination et à des accords pour relancer les exportations vers les principaux débouchés.

Aidée par un automne particulièrement doux, l'épizootie de FCO, partie de l'Allier début septembre, touche désormais 13 départements du centre de la France, la plupart des 90 foyers détectés à ce jour étant concentrés dans le nord de l'Auvergne. Ces dernières semaines, les contrôles effectués par les autorités sanitaires ont mis en évidence plus d'un cas par jour en moyenne, ce que le ministère de l'Agriculture ne juge "pas particulièrement inquiétant" à l'approche de l'hiver.

"Il n'y a pas de diffusion plus rapide que ce qu'on pensait", assure l'entourage du ministre Stéphane Le Foll, qui compte sur les premiers froids pour geler la propagation de la maladie, transmise aux animaux (ovins, bovins et caprins) par un moucheron. L'absence de foyers infectieux le long de la façade Atlantique, où le climat est plus propice à l'apparition de nouveaux cas en hiver, conforte cette analyse d'un épisode "relativement stabilisé", en tout cas "sans commune mesure" avec la crise de 2007-2008.

La précédente épizootie de FCO, venue à la fois des Pays-Bas et d'Espagne, avait touché six élevages en France fin 2006, puis plus de 15.000 en 2007 et encore plus de 32.000 foyers en 2008, entraînant la vaccination obligatoire de tous les ruminants pendant deux ans et demi.

A ce stade, "on n'est pas dans une situation épidémiologique qui nous permet de justifier une vaccination massive de l'ensemble du cheptel", indique le cabinet de M. Le Foll.

La France a néanmoins préempté dès septembre un stock de 2,2 millions de doses auprès du laboratoire Merial (filiale du groupe Sanofi), afin d'immuniser en priorité les animaux destinés à l'exportation.

Convaincre les Italiens

Un demi-million d'animaux ont ainsi reçu deux injections à trois semaines d'intervalle, avant de quitter le territoire, principalement vers l'Italie et l'Espagne. Ces deux pays ont "énormément" facilité les démarches en acceptant de réduire de 60 à 10 jours le délai entre la seconde injection de vaccin et l'exportation du bétail, l'Espagne autorisant également la vente d'animaux après un dépistage négatif et deux semaines d'isolement.

Un accord avec l'Algérie est par ailleurs entré en vigueur le 2 novembre et des discussions se poursuivent avec la Turquie, l’Égypte ou encore l'Iran, qui achètent chacun quelques milliers de têtes de bétail par an aux éleveurs français. "L'important pour nous c'était de convaincre les Italiens de prendre la décision le plus vite possible", la péninsule important quelque 400.000 ruminants français chaque année, souligne le ministère.

Reste que 42 départements métropolitains sont classés en zone "réglementée", avec une limitation des mouvements d'animaux. Dès la fin septembre, des éleveurs s'inquiétaient de ces mesures et de leurs conséquences, notamment financières.  L’État, qui a pris en charge la vaccination, s'est engagé à couvrir les pertes et surcoûts liés à l'immobilisation des troupeaux, mais n'est pas encore en mesure de chiffrer ces dépenses.

L'entourage du ministre préfère insister sur la brièveté de cette "situation de blocage qui n'aura pas duré plus de deux mois" pour les exportations de ruminants, contre "8 à 10 mois avec un impact économique majeur" lors de l'épizootie de 2007-2008.

Le gouvernement doit à présent définir une stratégie pour préparer le retour aux prés des animaux au printemps prochain. Compte tenu des délais nécessaires pour fabriquer de nouveaux vaccins, "il faut qu'on prenne une décision assez rapidement" sur une éventuelle commande de doses en vue de les administrer en 2016. La décision est attendue soit la dernière semaine de novembre, soit la première semaine de décembre.

Source AFP

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