Gestion du parasitisme : c’est encore un peu la loterie dans le Cantal

Patricia Olivieri

Gestion du parasitisme : c’est encore un peu la loterie dans le Cantal

Le GDS a ouvert sa seconde journée thématique annuelle au parasitisme en élevage bovin sur un constat : une gestion insuffisamment raisonnée dans les élevages cantaliens.

Une gestion pas toujours raisonnée, des résultats d’analyses rarement utilisés

Au vu de l’étude réalisée par Adélaïde Pellat sur la gestion du parasitisme, les éleveurs cantaliens affichent de franches lacunes en la matière avec des conséquences sanitaires mais aussi économiques non négligeables. Présentée vendredi 16 mai à l’occasion de la seconde journée thématique annuelle du GDS 15 (Groupement de défense sanitaire), l’étude de cette stagiaire ingénieure a mis en évidence un important travail de communication et sensibilisation à conduire auprès des agriculteurs pour mieux prévenir et gérer les trois principaux parasites auxquels le cheptel cantalien est confronté : les strongles, la grande douve et les paramphistomes. À la décharge des éleveurs, l’élève de Vet’AgroSup a d’abord rappelé que, fréquemment, les symptômes liés à ces hôtes indésirables sont discrets, se traduisant notamment par des baisses de performances qui peuvent être imputées à bien d’autres causes. “Les moyens de lutte comme les analyses diagnostics varient aussi selon les parasites, c’est un sujet très complexe à gérer par les éleveurs”, a relevé Adélaïde Pellat. D’autant que la lutte raisonnée doit aussi tenir compte des objectifs de production, des pratiques différenciées, bref, être spécifique à chaque éleveur.

Encore beaucoup d’a priori

Au terme d’une enquête conduite auprès de 60 exploitations cantaliennes représentatives des régions et productions bovines, et d’entretiens avec plusieurs vétérinaires praticiens, la jeune femme a pu dresser un tableau peu flatteur des habitudes locales. Ainsi, si les strongles et la grande douve sont des parasites connus d’une majorité d’agriculteurs, c’est loin d’être le cas des paramphistomes. Et beaucoup d’a priori circulent encore sur les catégories d’animaux touchées. Ainsi, si 95 % des éleveurs enquêtés traitent leurs bovins, 60 % d’entre eux le font de façon indifférenciée à l’échelle de l’ensemble du troupeau et non lot par lot. Or, pour les strongles digestifs, si les jeunes bovins sont sensibles, une immunité est possible chez les adultes avec une gestion appropriée des deux premières années de pâture.  Autre constat : seul un quart des exploitants ont recours à des analyses avant de traiter mais les conclusions de ces dernières ne sont pas toujours prises en compte, “soit par manque de confiance, soit du fait d’une difficulté à interpréter ces données...”, a précisé l’intervenante. La recherche de parasites n’est pas perçue comme un outil d’aide à la décision mais comme une bouée de secours en cas d’urgence.

Près de 600 € par élevage

Dans la même veine, chez un éleveur sur deux, le choix des antiparasitaires est guidé avant tout par le mode d’administration du produit (avec un plébiscite pour les “pour on”), avant de considérer leur efficacité, leur spectre d’activité, ou leur durée d’action. L’étude s’est aussi penchée sur les dépenses liées à cette gestion, mettant en évidence des écarts conséquents entre systèmes bovins allaitants et laitiers : 9,70 € HT/UGB pour les premiers contre 4,30 € HT/UGB pour les seconds, le montant moyen des dépenses dans les élevages enquêtés atteignant 600 € HT, avec, là encore, une forte variabilité. Comment expliquer cet écart entre laitiers et allaitants ? D’abord par l’interdiction en production laitière des produits “pour on”, trois fois plus chers. Ensuite par le fait que les éleveurs allaitants ont tendance à traiter systématiquement les adultes contre les strongles digestives. Enfin, la question de la représentativité de l’année 2012-2013 étudiée, année de sortie d’un produit “pour on” très prisé, a été soulevée dans l’assistance. Face à ce constat et à une nette demande des éleveurs sondés de disposer d’informations et conseils individuels, le GDS du Cantal projette d’organiser des formations, d’éditer des fiches techniques mais aussi de proposer du conseil individuel auprès des éleveurs qui pourrait prendre la forme d’audits des élevages. 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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