L'Europe met fin à un long différend sur le boeuf aux hormones

L'Europe met fin à un long différend sur le boeuf aux hormones
Le roquefort était concerné par les mesures de rétorsions américaines (DR)

L’Europe a mis fin mercredi à un différend commercial de plus de vingt ans avec les États-Unis et le Canada, en acceptant d'augmenter ses importations de viande bovine de haute qualité en échange du maintien de son embargo sur le boeuf aux hormones.

Le règlement adopté mercredi à une large majorité par le Parlement européen (650 pour, 11 contre et 11 abstentions) prévoit une augmentation de 25.000 tonnes par an du contingent de viande de boeuf sans hormone déjà susceptible d'être exportée par les États-Unis en Europe, et de 3.200 tonnes pour le Canada.

Cette hausse correspond à "0,36% de la totalité du marché de la viande de boeuf et de veau de l'Union", selon la Commission de l'agriculture et du développement rural du Parlement.

Le vote des députés avalise des accords signés par l'Union européenne avec les États-Unis en 2009 et le Canada en 2011. Dans une première phase, Bruxelles avait autorisé l'importation en provenance des États-Unis de 20.000 tonnes supplémentaires par an de viande bovine de haute qualité, en échange d'une levée partielle des sanctions américaines. Les États-Unis et le Canada ont déjà mis en oeuvre leurs engagements et levé toutes les surtaxes douanières en 2011.

L’Europe a interdit en 1988, pour des raisons sanitaires, les importations de viande bovine issue d'animaux traités aux hormones de croissance. En rétorsion, les États-Unis et le Canada, avec l'aval de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ont imposé en 1999 des sanctions douanières sur de nombreux produits européens, dont le roquefort, pour un montant annuel de 116,8 millions de dollars américains et 11,3 millions de dollars canadiens.

Outre le roquefort, étaient concernés des produits aussi divers que le chocolat, les échalotes, la moutarde, les truffes, les pains grillés, les jus, les confitures ou les soupes.

Une belle victoire pour José Bové

Pour le député européen Verts José Bové, la conclusion de l'accord est une "belle victoire". "Le litige est clos sans que l'Union européenne ait eu besoin de modifier les standards sanitaires qu'elle applique en interne pour protéger ses consommateurs", a-t-il souligné. Le Français, à la pointe du combat contre l'importation de boeuf aux hormones, avait notamment organisé en 1999 avec d'autres militants de la Confédération paysanne le "démontage" du restaurant McDonald's de Millau (sud-ouest de la France) pour protester contre la décision de l'OMC d'autoriser les sanctions américaines.

D'autres contentieux liés à la viande bovine attendent toujours d'être résolus. Ainsi les États-Unis maintiennent-ils l'embargo sur la viande bovine européenne décidé lors de la crise de la vache folle, alors-même que celle-ci a disparu du continent. Les États-Unis attendent pour leur part que l'Union européenne autorise le traitement des carcasses et découpes de boeuf à l'acide lactique. Plusieurs pays dont la France s'opposent à cette pratique. Un accord pourrait être trouvé grâce à un étiquetage pour informer les consommateurs, a-t-on indiqué de source européenne.

Lire aussi : La FNB accuse l'Europe de "sacrifier" la production bovine

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