La sécheresse s’installe en Bourgogne et en Rhône-Alpes

@Pleinchamp

La chaleur persistante qui s'abat depuis fin juin sur le Centre-Est de la France met à rude épreuve les cultures et les animaux qui manquent d'eau. Les prairies se dessèchent et les cultures de maïssont menacées.

Depuis fin juin, la région est soumise "à un régime très chaud et très sec qui amène les sols à un état d'assèchement rarement observé pour une mi-juillet", explique Météo France.

Sur les 30 départements français placés en vigilance sécheresse, un tiers se situent en Bourgogne ou Rhône-Alpes. L'Ardèche et une partie de la Saône-et-Loire sont en alerte "renforcée". Le bassin de la Grosne en Saône-et-Loire est même en "crise", ce qui interdit tout prélèvement d'eau aux professionnels et aux particuliers hormis pour la santé, l'eau potable et la salubrité.

Et l'épisode de chaleur ne semble pas terminé puisque le Rhône est placé en alerte orange canicule par Météo France jusqu'à samedi matin, la préfecture de la Drôme ayant de son côté activé son plan canicule de niveau 3 (sur quatre) depuis lundi.

Les prairies sont "cramées"

En conséquence, champs et sous-bois sont archi-secs et des dizaines de feux ont été recensés par  en Rhône-Alpes, Bourgogne et Auvergne ces derniers jours, ce qui est plutôt rare dans cette partie du pays. Beaucoup sont partis de champs de blé en cours de moissonnage. Le plus important a touché mardi quelque 100 hectares près de Clamecy dans la Nièvre.

Dans ces conditions, les moissons se font au pas de charge sous haute surveillance. Les récoltes, elles, sont très hétérogènes. Les prairies sont "cramées" et les cultures de maïs, encore en plein développement végétal, sont menacées.

"Les maïs sont dans un état inquiétant et s'il ne pleut pas, ils vont sécher sur pied", rapporte Patrick Breyton, directeur de la FDSEA de la Loire. Situation qui affecte en première ligne les éleveurs, qui puisent déjà dans leurs stocks d'hiver de foin pour nourrir les troupeaux qui n'ont plus un brin à se mettre sous la dent.

La vigne commence à souffrir

Et si la récolte de maïs, qui dans la région sert avant tout à nourrir le bétail, est mauvaise, les choses vont s'envenimer pour des éleveurs déjà soumis à d'importantes difficultés économiques.

"On cherche de la paille et de la luzerne. Les éleveurs en agriculture biologique sont eux pas loin de demander une dérogation pour pouvoir utiliser du foin conventionnel", explique  Rémy Fabre, maraîcher bio aux Vans et responsable des questions d'eau à la Chambre d'agriculture du département.

Dans la Drôme, la préfecture a rappelé mercredi les bonnes conduites à adopter vis-à-vis des animaux, insistant sur la nécessaire ventilation des bâtiments dans les élevages à forte densité comme les volailles ou les porcs.

"Des cas de mortalité massive peuvent survenir à la suite d'une panne de ventilation et des poulaillers sont fréquemment signalés en surchauffe lors de tels épisodes, nécessitant un refroidissement par aspersion d'eau sur le toit du bâtiment", explique-t-elle.

De l'avis de tous, la sécheresse n'est pas si rare dans la région, même si les deux derniers étés avaient été très arrosés. Ce qui est inhabituel, c'est sa précocité dans la saison.

Dans le Beaujolais, la vigne pourtant résistante à la chaleur commence à souffrir. Mais avec un taux de sucre rarement atteint dans les grappes, le millésime pourrait sortir de l'ordinaire.

 

Source avec AFP

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Commentaires 1

lili38

j'ose espérer que les bios ne seront pas autorisé à utiliser du fourrage issu de l' agriculture intensive.Sinon j' attends avec curiosité les explications de nos politiques qui encouragent ces systèmes ancestraux

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