Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux

Patrick Morel, réalisateur et producteur

Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux

Réalisateur et producteur, Patrick Morel parcourt les routes de France pour présenter son documentaire "Même pas mal!" aux éleveurs. Ce film nous emmène avec Thierry Hetreau, vétérinaire et formateur, à la découverte de ce que les éleveurs ont trouvé pour améliorer le quotidien de leurs vaches. Ce n’est pas de rêve dont parle "Même pas mal!", mais du travail au quotidien sur la ferme. Les explications de Patrick Morel :

Patrick MOREL

Réalisateur et producteur, il a été rédacteur en chef dans la presse agricole pendant 12 ans. Il est aussi réalisateur des vidéos "Les Rendez-Vous du Machinisme" de Pleinchamp. 

Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux

"Même pas mal ! est le titre de notre film, mais c’est aussi une expression que nous avons tous utilisée pour nier notre douleur en nous relevant et en frottant nos genoux devant les copains. Aujourd’hui Même pas mal ! c’est l’invitation que nous faisons aux éleveurs depuis deux ans pour réfléchir au Bien-être animal. La projection du film est suivie d’un débat dans une salle de cinéma. Avec Thierry Hetreau, j’ai parcouru la France de l’élevage : Franche-Comté, Lorraine, Alsace, Normandie, Bretagne, Rhône-Alpes, Limousin, Auvergne. A l’heure où j’écris ces lignes nous sommes en Vendée. Et les projections continuent. Il y tant de bonheur à échanger sur le métier d’éleveur. Et tant d’endroits où nous souhaiterions aller !

Mais les choses n’ont pas toujours été simples. Au début, je précisais «c’est un film sur le Bien-être animal, mais pas un film Brigitte Bardot.» Étonnant que ce mot éveille des réticences. Bien-être, ça devrait mettre tout le monde d’accord, non ? Alors on a précisé «Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux.» C’était plus clair. Parce que notre point de départ est indissociable de ce couple éleveur/animal. Et cette question du Bien-être animal doit profiter aux deux.

Si l’animal est un outil de production, c’est aussi un être vivant qui travaille avec l’éleveur. Ils ont tous les deux un destin commun. On découvre souvent des lignées parallèles sous le même toit : celle des hommes, celle des vaches. Mais le contexte économique et les crises sanitaires ont mis à rude épreuve ce compagnonnage. Il a fallu devenir plus efficace, plus performant, plus productif. Cette pression de l’économie a parfois fait privilégier la technologie à cette relation homme/animal. Pourtant les tracteurs, les robots ou les nouvelles technologies ne produisent pas encore du lait ou de la viande, ils ne font pas un revenu. Alors ?

Et si cette question était un formidable levier pour faire progresser les élevages ? Hier, un éleveur nous confiait «depuis vingt ans que je fais ce métier, je n’arrive plus à poser un œil neuf sur ma ferme. Mais je vais réattaquer avec cette interrogation.» Les pratiques d’élevage, c’est un peu comme la poussière, de temps en temps il n’est pas mauvais de souffler dessus pour retrouver l’éclat d’origine. D’autres éleveurs se sont interrogés durant nos débats, «Suis-je l’éleveur dont je rêvais ?» Quand souffle la tempête, on est plus fort à savoir pourquoi on est là. 

Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux

Mais ce n’est pas de rêve dont parle le film, mais du travail au quotidien sur la ferme. Allez un exemple ! Le parage préventif pour les vaches améliore leurs déplacements. Elles vont plus facilement boire, s’alimenter, se coucher. Elles stressent moins. Si on ajoute la question des bétons glissants et qu’on travaille à les rectifier, c’est toute l’harmonie de la ferme qui change : plus de glissades et des animaux plus sereins. Derrière le troupeau, l’éleveur ou le salarié sont gagnants. Fluidité, sécurité et rapidité sont au rendez-vous. 

Le film qui fait du bien aux éleveurs et à leurs animaux

L’actualité du moment nous ramène aussi au sujet. L’animal sensible fait son entrée dans le code civil. Émoi dans la profession ! Mais dans les fermes, tous les éleveurs savent depuis toujours que les vaches sont des êtres sensibles. Alors que craindre ? Eleveur est un métier inventé il y a -10 000 ans environ. Les hommes ont passé un contrat avec certains animaux : «Je te protège de tes prédateurs, je te nourris, je t’abrite. En contrepartie je bois ton lait et à la fin je peux te manger.» A l’extérieur, la nature n’est pas un paradis : il y a la maladie, les prédateurs, la mort aussi. Ce film est aussi une réflexion pour renouer et conforter cette relation. Alors dans la ferme, tous en mode «Même plus mal» ?"

Partrick Morel continue à parcourir avec Thierry Hétreau, vétérinaire, la France de l'élevage.

Un site retrace l'aventure : http://www.memepasmal-lefilm.fr/

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