Le nouveau plan loup quasi bouclé, mais sans les éleveurs

AFP

loups dans une forêt

Les éleveurs campent toujours sur leurs positions mais, après un an de négociations, les pouvoirs publics ont arrêté mardi les grandes lignes du plan loup 2018-2023, qui assume une présence durable du prédateur sur le territoire.

Lundi soir, les agriculteurs, toutes tendances confondues, avaient annoncé qu'ils boycotteraient la concertation prévue à Lyon, refusant un plan qui, selon eux, ne leur donne pas les moyens de se défendre correctement contre le loup qui a tué près de 10.000 brebis en 2016. Mais Stéphane Bouillon, préfet d'Auvergne-Rhône-Alpes et coordonnateur au niveau national de ces discussions, a décidé de maintenir malgré tout la rencontre.

Il a présenté aux associations de protection de l'environnement, qui avaient elles fait le déplacement, la dernière mouture de ce plan qui sera publié début février, après une concertation publique en janvier. Lasses de jouer les équilibristes dans un dossier où elles ne parviendront pas à mettre tout le monde d'accord, les autorités estiment qu'il faut désormais avancer. D'autant que les agriculteurs avaient déjà pratiqué la politique de la chaise vide en septembre et multiplié les manifestations en octobre, conduisant même des milliers de brebis dans les rues de Lyon.

La philosophie du nouveau plan: construire une cohabitation efficace entre éleveurs et loups, tout en garantissant la viabilité du canidé sur le territoire. Le loup est en effet une espèce protégée, qui avait disparu dans les années 1930, avant de revenir naturellement par l'Italie à partir de 1992. Aujourd'hui, sa population est estimée à 360 loups (+22% sur un an). Très présent dans les Alpes, il étend peu à peu son territoire et a même été vu dans la Somme.

Mieux comprendre l'animal  

Ce nouveau plan prévoit que les éleveurs auront le droit de procéder à des tirs de défense en cas d'attaque de leur troupeau. Les abattages sans attaque préalable (ou "tirs de prélèvement" dans le jargon) ne seront autorisés qu'après les estives, de septembre à décembre.

Il fixe pour 2018 un plafond à 40 loups abattus maximum, comme en 2017 et à l'avenir, il souhaite une approche scientifique, c'est-à-dire adapter le nombre d'abattages à l'évolution de la population, sachant que les scientifiques estiment qu'il faut au moins 500 loups pour garantir une population viable, selon la préfecture. Il ne sera pas possible d'abattre plus de 10% des loups, 12% maximum sous certaines conditions. Autre mesure qui fâche les milieux agricoles: le fait de subordonner l'indemnisation à la mise en place de mesures de protection des troupeaux.

Enfin, le gouvernement entend mener des études sur les hybridations chien-loup (actuellement estimée à 1 à 2% de la population de loups), sur la place du loup dans les écosystèmes, et sur l'éthologie pour mieux comprendre l'animal et son apport à la biodiversité. "L'aspect positif de ce plan est d'assurer la coexistence entre le loup et le pastoralisme. En revanche on reste toujours opposé aux tirs létaux", juge Patrick Boffy, vice-président de Ferus, association de protection des loups, ours et lynx.

Pour France Nature Environnement, ce plan est une "occasion ratée de rééquilibrer la politique en faveur de la protection du loup". Et le seuil de 12% est dangereux, estime Jean-David Abel, avec risque de stagnation ou régression de la population de loups.

Côté agriculteurs, c'est la colère. La puissante FNSEA demande au gouvernement "de revoir sa copie", de simplifier les autorisations de tirs de défense et de permettre les abattages toute l'année. Le Modef refuse, lui, le "quota imposé" de 40 loups et fustige un plan qui "préserve le loup sur le territoire" et ne protège pas "les éleveurs, les animaux et les randonneurs".

Les maires de l'Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales ironisent enfin sur un plan qui propose le "marquage des alpages par des crottes de meutes très éloignées pour simuler leur présence", en espérant ainsi décourager l'arrivée de nouveaux loups.

Pour en savoir plus : le nouveau plan loup en discussion

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Commentaires 6

AZE

il ni a plus q une issue , malheureusement , pour faire comprendre aux association ( L 214 ) d arreter leurs idiossies ( des enfants seront pris pour cible par le loup )

DIGUE3942

c'est qui les pouvoirs publics????? ces décideurs ne sont-ils pas payés avec l'argent de tout le monde ???? où-bien avons affaire à une caste à part ???

GR26

Pour vous, citadins, bien au chaud dans vos pantoufles, c’est tendance de dire ''nos amis les loups,'' (chez vous pour Noêl?). Alors IMAGINEZ que vos amis viennent très violemment s’emparer de vos salaires, sans aucune possibilité pour vous de les en empêcher, qu'on vous demande de vous protéger, vous assurer, le prouver, pour éventuellement être (mal) remboursés+++ avec l'argent de VOS IMPÔTS! Ils reviendraient régulièrement tailler en pièces vos chiens et chats…vos enfants… et vous mêmes? Facile de faire supporter, par ceux qui vous nourrissent, les conséquences d'une telle imbécilité, car vous le paierez aussi. Son coût est un non sens monstrueux, alors que des SDF crèvent dehors. Vous avez un grand cœur bien malade !

pietin 113

Un loup a été abatut l'année derniere en Dordogne,provenant,soit disant du massif central,j'invite tous les paysans de France a etre plus attentif au indicateurs de sa présence car l'animal est extrêmement discret mais certainement present sur tout le territoir nationnal.
Des surprises sont a prevoir dans les années a venir!

viking 537

parlons des espèces en voie de disparition. quand je suis né il y a 60 ans sur 12 paysans à l époque il en reste 1 aujourdhui. d ici une génération dans nos régions entre le réchauffement climatique,le loup la mondialisation et son commerce sauvage je crains pour les derniers paysans.décidément cette économie mondialisée fait peu de cas des humains elle est faible avec les forts et forte avec les faibles.

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