Le pacte d'avenir pour la Bretagne : après un an, des avancées dans une région encore fragile

Le pacte d'avenir pour la Bretagne : après un an, des avancées dans une région encore fragile
Les filières porc, volaille et légumières restent encore =fragiles (DR)

Le Pacte d'avenir pour la Bretagne a été signé en décembre 2013 afin de relancer l'économie dans une région en pleine tourmente. Un des volets majeur est un plan d'un milliard d'euros pour l'agriculture et l'agroalimentaire. Bilan un an plus tard.

Conformément à la promesse de son prédécesseur, Manuel Valls revient en Bretagne, les 18 et 19 décembre, pour faire le point, douze mois après la signature du Pacte d'avenir pour la Bretagne.

D'un montant de 2 milliards d'euros, ce plan s'articule autour de trois axes: soutien d'urgence aux salariés licenciés, plan d'aide à l'agriculture et l'agroalimentaire et mesures en faveur de l'aménagement du territoire, de l'enseignement supérieur, de la pêche et de la culture.

"A un moment où l'argent public est très rare, le Pacte d'avenir a permis d'avoir les crédits dont nous avons besoin. Ce n'est pas le cas partout", estime le préfet de Bretagne, Patrick Strzoda, son maître d'œuvre. Selon lui, 350 millions d'euros ont été mobilisés, pour la seule année 2014, pour les salariés licenciés, les filières sinistrées et les exploitations agricoles, ou pour lutter contre la précarité énergétique.

Un milliard d'euros pour l'agriculture et l'agroalimentaire

Le plus important volet du pacte est un plan d'un milliard d'euros pour l'agriculture et surtout, l'agroalimentaire, un tiers des emplois industriels bretons. En dresser un bilan est prématuré car sa mise en œuvre est toujours en cours.

La Bretagne a obtenu 368 millions d'euros de fonds européens pour le développement rural (Feader), sur 2015-2020, contre 170 millions d'euros auparavant. L'État et les collectivités devant mettre la même somme sur la table, "nous aurons environ 700 millions d'euros de fonds publics qui vont venir irriguer toute l'agriculture et l'agroalimentaire", souligne M. Massiot, soit, selon lui, un effet de levier d'environ 1,4 milliard d'euros en terme d'investissements privés.

Objectifs: réorienter l'agroalimentaire vers une industrie à plus forte valeur ajoutée, gagner en compétitivité, moderniser les outils de production, former les salariés et être performant à la vente.

Reste que "la filière volailles n'est pas encore entièrement stabilisée, la filière porcine est encore fragile, la filière légumière souffre de l'embargo russe", décrété début août en réponse aux sanctions occidentales contre Moscou dans le cadre de la crise ukrainienne, admet le préfet.

Dans la filière agroalimentaire, "nous traînons des problèmes de rentabilité structurels dont les causes remontent à 10-15 ans, par manque d'investissement, par mauvaise appréciation de la concurrence sur les marchés internationaux, par perte aussi de marchés domestiques, que nous devons reconquérir", ajoute Pierrick Massiot, président (PS) de la Région.

Jacques Jaouen : "On a oublié de s'occuper des agriculteur »

"Ce qui est important, c'est que le Pacte d'avenir a permis de retourner une tendance pour renouer avec la confiance et dresser des perspectives", assure néanmoins le préfet.  Le dialogue social, relancé, a permis dans l'agroalimentaire "d'essayer d'imaginer et anticiper les évolutions des entreprises et des métiers pour pouvoir adapter les salariés à l'avenir", renchérit Jean-Bernard Solliec, vice-président de l'association bretonne des entreprises agroalimentaires.

Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne, prévient toutefois que, sur le terrain, "la confiance n'est pas revenue". "On a oublié de s'occuper des agriculteurs, certains d'entre eux le paient cash".

A Lampaul, de source proche du dossier Gad, 200 ex-salariés de l'abattoir de porcs n'ont trouvé ni emploi, ni formation.   En outre, début décembre, plus d'une centaine de salariés de l'abattoir de volailles Tilly-Sabco ont perdu leur emploi après sa reprise par un consortium franco-britannique.

Les détracteurs du pacte soulignent de nombreux montants étaient déjà prévus dans le cadre du contrat de plan État-région. "Le pacte est une coquille vide, c'est de l'enfumage permanent", clame le maire DVG de Carhaix, Christian Troadec, leader des Bonnets rouges, défenseur de la régionalisation.

 

Source avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier