Le Sénat pour l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes transformées

Le Sénat pour l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes  transformées

La mission sénatoriale sur la filière viande préconise de renforcer les contrôles en France et au sein de l'Europe pour lutter contre les fraudes dans le secteur industriel et d'interdire les prix cassés pour soutenir les éleveurs.

Viandes abattues sans étourdissement : la polémique

Au nombre de ces propositions, Sylvie Goy-Chavent a suggéré l'instauration d'un "étiquetage obligatoire du mode d'abattage selon des modalités non stigmatisantes", visant les modes d'abattage sans étourdissement prescrits par les rituels casher et halal.

Malgré ces précautions, la sénatrice a fait "l'objet d'insultes, d'attaques personnelles et de menaces sur internet en rapport avec les propositions faites par la mission" s'insurge la présidente de la mission qui lui a apporté son soutien. Mme Goy-Chavent précise que "les auditions avec les représentants des communautés musulmane et juive se sont toutes très bien passées" pendant la mission.

Des responsables juifs et musulmans qui ont toutefois jugé vendredi cette proposition  "stigmatisante".

 

Créée après le scandale des lasagnes au cheval, en février 2013,  pour "mieux comprendre les mécanismes à l'oeuvre" dans ce domaine, la mission d'information a émis jeudi une quarantaine de propositions adoptées la veille par le Sénat, après quatre mois de  travaux qui ont fait apparaître, selon ses responsables, "un modèle économique dans l'impasse " et  "un déclin sans précédent" de la filière.

Renforcer les effectifs des services de contrôle

Si "le constat sanitaire est rassurant et satisfaisant" avec un contrôle maîtrisé de l'élevage à l'abattoir, les principaux défis portent sur "l'industrialisation du secteur et la multiplication des intermédiaires qui diluent les responsabilités", a avancé la rapporteure de la mission, Sylvie Goy-Chavent (Ain, UDI-UC).

"Tricher est une tentation constante", a-t-elle asséné. Il faut donc "renforcer les effectifs des services de contrôle" relevant des pouvoirs publics tels la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de l'alimentation (DGAL) qui ont perdu quelque 500 postes au cours des dernières années selon elle: "pour nos interlocuteurs, il conviendrait de revenir aux effectifs de 2008 pour tous les services de l'État présents sur les sites", a poursuivi Mme Goy-Chavent.

Préciser les pays d’origine

Les sénateurs, comme les députés la semaine dernière, recommandent également "l'étiquetage obligatoire" des viandes, brutes ou transformées, pour en préciser le pays d'origine. "Les personnels doivent pouvoir mener des vérifications périodiques, et surtout impromptues, dans les entreprises pour en vérifier les frigo", a renchéri la présidente de la mission, Bernadette Bourzai (Corrèze, PS), posant les limites à "l'auto-contrôle" historiquement revendiqué par l'industrie agroalimentaire.

La mission suggère par ailleurs de mettre de l'ordre dans le monde des "traders" en viande en créant "un dispositif d'agrément européen pour les activités de négoce". "Aujourd'hui, n'importe qui peut s'installer comme trader. Or qui dit agrément dit aussi possibilité de le perdre", a-t-elle souligné.

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