Les actions d'éleveurs pour le "manger français" continuent

Les actions d'éleveurs pour le "manger français" continuent

Bien décidés à prouver que la restauration collective ne joue pas le jeu du "Made in France", les agriculteurs ont continué jeudi leurs actions un peu partout en France avec des initiatives pédagogiques moins spectaculaires que les jours passés.

A Avignon, une quarantaine d'agriculteurs a dénoncé dans l'après-midi la commercialisation de fruits, des légumes et de la viande en provenance des pays étrangers par deux grossistes pour la restauration hors domicile et la pression sur les prix. "Dans une région où l'on produit de l'agneau de Sisteron, on a de l'agneau de Nouvelle-Zélande! Bravo! On va le porter au préfet", s'est exclamé le président de la FDSEA de Vaucluse, Bernard Mille, dans le rayon boucherie surgelée du grossiste Promocash installé sur le marché d'intérêt national de la ville. Sur place également, les manifestants ont sorti des rayons des entrecôtes des Pays-Bas, du foie gras de canard de Bulgarie, mais aussi de l'ail d'Argentine, des pastèques italiennes, des poivrons du Kenya, des prunes d'Espagne et des poires du Chili qu'ils ont entassé dans un chariot. Ils se sont ensuite rendus devant la préfecture, où ils ont fait notamment brûler des palettes de bois avant d'être reçus en délégation.    Parallèlement une dizaine d'agriculteurs ont organisé un barrage filtrant sur la RN113, près d'Arles, entre Nîmes et Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Ils ont arrêté plusieurs camions étrangers, notamment espagnols, pour contrôler leur marchandise et ont versé sur l'une des voies de la chaussée le contenu de certains d'entre eux constitué de tomates, pastèques et autres fruits et légumes. Plus tôt, en Dordogne, à l'appel de la FNSEA départementale, des Jeunes agriculteurs et de la fédération départementale des producteurs de lait, une trentaine d'agriculteurs ont manifesté dans le calme devant le restaurant inter-administratif de Périgueux, avant de se rendre devant la cantine du personnel du Centre hospitalier. Ils souhaitent interpeller les "restaurateurs hors domicile", notamment la restauration collective qui importerait, selon eux, la majorité de la viande bovine qui y est servie.

"Si les choses ne changent pas, on reviendra"

Dans la Loire et l'Isère, plusieurs actions ont également visé des magasins Promocash ou Métro, qui alimentent les restaurateurs. "On sait qu'on va y trouver une majorité de produits d'import. Aujourd'hui notre objectif est pédagogique: on veut discuter avec les gérants, donner notre point de vue. Mais si après les choses ne changent pas, on reviendra", a expliqué Dominique Thizy, président de la section lait de la FNSEA de la Loire. A Clermont-Ferrand, une quinzaine d'agriculteurs ont investi dans la matinée le Géant Casino de la zone commerciale du Brézet pour vérifier l'origine du lait. "On a trouvé toute une palette de lait premier prix belge en bouteilles", qui "ont été redistribuées au Secours Populaire", a indiqué le coordinateur de l'action, Thierry Chirol.

Péages

 

Dans la Meuse, des agriculteurs ont installé dans la matinée deux barrages filtrants sur une départementale, au niveau de Vacherauville, et sur la RN4 dans le sens Nancy-Paris. Les barrages ont occasionné jusqu'à 4 km de bouchons et ont été levés vers 12H30, a indiqué la préfecture dans un communiqué. Mercredi soir, deux autres actions ont aussi été recensées en Saône-et-Loire, avec notamment trois bennes à fumier déversées devant un local du groupe de restauration collective Sodexo à Mâcon. Dans l'Ouest, des agriculteurs ont investi dans la Sarthe six péages d'autoroutes pour contrôler des camions frigorifiques et l'origine des produits qu'ils transportaient, a-t-on appris auprès de la FDSEA et de la préfecture. Au péage de la Ferté-Bernard, "on a rapidement intercepté un camion avec de la viande bovine estampillée +origine Irlande+, découpée en France et en route vers la région parisienne. Le camion reste pour l'instant sur le bas-côté", a indiqué Arnaud Fruchet (FDSEA 72). Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, a rappelé jeudi que l'appel du gouvernement à préférer les produits français était en total respect avec les règles européennes.

Source avec AFP

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