Les constructeurs innovent pour améliorer le bien-être des animaux

Les constructeurs innovent pour améliorer le bien-être des animaux

Nid à porcelets chauffé, étable plus lumineuse, abattage moins violent, le monde de l'élevage innove pour améliorer le bien-être animal, mais surtout pour obéir à la réglementation qui avance en ce sens.

Valentin Auvray est commercial pour le groupe danois Aco Funki. Cette année, son entreprise est venue au Space de Rennes, l'un des deux plus grands salons de l'élevage au monde, avec une trouvaille : une lampe pour nid de porcelets. "Quand ils vont téter, la lampe permet de maintenir la température du nid à 30 degrés. C'est mieux pour les petits qui sont fragiles et ça les incite à revenir dans le nid une fois que la tétée est terminée. Un bon moyen d'éviter que leur mère les écrase", explique-t-il.

Renolit

Mais c’est une innovation d'une entreprise française, Renolit Ondex, qui a été primée à Rennes. Cette PME bourguignonne a mis au point des sortes de fenêtres perforées qui permettent à la fois de ventiler l'étable (pour éviter la prolifération de bactéries) tout en laissant passer une lumière diffuse.

"Les éleveurs, qui sont beaucoup dans une approche curative, commencent à comprendre que le bâtiment est la clé pour beaucoup de choses", juge Matthieu Cetre, chef de produits chez Renolit.

Pour Valérie David, chef du service bien-être à l'Institut de l'élevage, il faut sortir de la caricature: "la majorité des éleveurs prennent soin de la santé, de l'alimentation et du confort de leurs animaux. Un agriculteur qui ne le ferait pas n'aurait pas d'avenir".   Mais c'est vrai que "là où il y a les avancements les plus importants, c'est lorsqu'il y a de gros investissements" induits notamment par des changements de réglementation, ajoute-t-elle.

"Les années où il y a le plus d'innovations bien-être, c'est lorsque la réglementation change", poursuit Claire Brasset, qui organise les "Innov'Space".

Étourdir les volailles

L'''assommoir VE", mis au point par le français FAF, en est un bon exemple cette année. Cet appareil permet d'étourdir les volailles (ou les lapins).   Fixé au mur, l'opérateur passe la tête de l'animal dans une fente, et une fois que le signal lumineux indique que le courant passe bien, il procède à l'électronarcose (étourdissement par choc électrique).

assomoir

"Avant l'éleveur utilisait des pinces au niveau de la tête et l'animal pouvait mourir si le dosage était trop fort. Ici l'intensité électrique va s'afficher et l'animal en ressort sans aucune blessure. S'il n'est pas abattu, dix minutes plus tard il se réveillera sans séquelle", explique la démonstratrice.

Une évolution à mettre sur le compte d'un changement de réglementation puisque depuis l'an dernier, "le nouveau règlement exige des fabricants de matériel d'étourdissement qu'ils fournissent des instructions relatives à l'utilisation de leur équipement et à la manière de contrôler son efficacité" explique le ministère de l'Agriculture sur son site.

Des cages collectives pour le gavage

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A partir de 2016, les producteurs de canard à foie gras devront avoir investi dans des cages collectives pour le gavage et ne plus utiliser de cages individuelles dans lesquelles les palmipèdes ne peuvent pas se lever.

Dans l'élevage de porc, une nouvelle règle, en vigueur depuis 2013, impose que les truies gestantes soient en groupe et plus seules et attachées.  En revanche, une fois qu'elles ont mis bas elles retournent dans des cages individuelles avec leurs porcelets dans lesquelles elles peuvent juste se lever. Autre "détail" sur lequel se penchent les fabricants d'équipements : "au Danemark, ils travaillent beaucoup sur des cages maternité en liberté où la truie peut tourner en rond", rapporte Valentin Auvray.

 

Source avec AFP

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