Les éleveurs inquiets face aux prix

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Les éleveurs inquiets face aux prix

Les syndicats agricoles ont adressé une lettre ouverte à leur ministre et à la grande distribution sur les négociations visiblement difficiles entre les éleveurs, confrontés à la hausse de leurs coûts de production, et les enseignes de super et hypermarchés.

Les négociations commerciales entre industriels et grande distribution pour fixer les tarifs des produits en 2013 "se déroulent dans un contexte de grande tension et n'aboutissent pas", explique-t-on dans cette lettre cosignée par les présidents de la Fnsea, des Jeunes agriculteurs, de Coop de France, des Fédérations nationales bovine, porcine et laitière et de l'aviculture. La lettre est destinée au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et à l'ensemble des enseignes de la grande distribution

"La grande distribution n'a pas l'air prête à accepter des hausses de prix", constate Henri Brichart, vice-président de la FNSEA "alors que les coûts alimentaires de l'élevage ont progressé de 30% pour l'année 2012".

Négociations avant la fin février

"Les clignotants sont au rouge", rappellent les syndicats agricoles pour qui il est urgent d'intégrer les hausses de coûts de production des éleveurs dans les négociations en cours. En mai 2011, agriculteurs, industriels et distributeurs s'étaient mis d'accord sur un dispositif permettant de répercuter l'envolée des matières premières sur les prix de la viande. "La situation de l'élevage reste préoccupante sur le terrain et de plus en plus d'éleveurs se tournent vers les productions végétales plus rentables", déplore Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale Bovine.

Chaque année l'ensemble des tarifs des produits vendus en grande surface sur l'ensemble de l'année doit être négocié avant la fin février.

Publié par AFP

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Commentaires 5

Bizounou

geo,tu parles très bien ,mais chez moi 1/3 des éleveurs du département ont disparus en 10 ans et j'en et marre d'entendre vos discours rassurant . La situation est très grave, nos enfants ne veulent plus du métier d'éleveur.Je revient du Finistère:ils ont des fermes magnifiques et ils sont écœurés il n'y a plus personne pour reprendre!!on nous promène!C'est quoi tés idées pour arrêter le massacre ? Chez ns "les gros" touchent 2.4 fois plus d'aide à l'ha que "les petits" ! normal? 5000 exploitants qui cultivent 80000 ha coutent 15 millions d'€ au contribuable; 1000 exploitants qui cultivent 80000 ha coutent eux 36 millions d'€. Qui va rester ? la réponse tu la connais géo ,et toi bazilou ,les 1000 produisent + que les 5000 sur une même surface? moi je crois que les 5000 exploitent beaucoup mieux leur 80000 ha et il coutent beaucoup - cher ! Mais comme ils sont 2.4 moins aidés , c'est eux qui vont disparaitre . Je suis étonné que l'on persiste sur ce choix en période de chômage et de tirelire vide ... heureusement la FD est là pour faire les bons choix: continuer à faire payer les contribuables pour aider les riches céréaliers qui polluent .

geo

@Bizounou: Difficile de comparer USA ou Argentine avec la France. Le mode d'élevage et les mentalités (normes environnementales, modèle d'exploitation familiale, superficies) ne sont pas comparables. A vouloir suivre leur voie dans les années 70/80, l'agriculture européenne est allée dans le mur (crise du lait en 84). Le modèle d'élevage français n'est pas sans reproche et a connu des dérives productivistes à l'américaine mais reste malgré tout mieux considéré par de nombreux analystes, notamment sur le plan social ou environnemental.

Bizounou

si c'est les + performants, ils vont plongés en dernier.. Et si ce n'est pas suffisant ils n'ont qu'à grossir un peu plus,les + performants .Va falloir du souffle: quant on voit des troupeaux qui tombent aux USA en ARGENTINE (pas des troupeaux de performants de 100 à 200 tètes..C'est des minus,il y a longtemps qu'ils ont disparus ,ou qu'ils font cela en hobby pour jouer au farmer) Bonne chance BAZILOU !

geo

En 20 ans, la conjoncture en viande bovine et les choix politiques ont mis de côté beaucoup plus de petits troupeaux que de gros, par la loi du plus fort, au nom de la productivité. Aujourd'hui, bon nombre de petits troupeaux ont un avantage: ils ne sont pas forcément spécialisés et, en pratiquant le modèle polyculture-élevage,avec si possible une filière qualité (Label Rouge), ils amortissent relativement bien la hausse des charges, en auto-consommant ce qu'ils produisent, sans s'exposer aux marchés.Je ne dis pas que tout va bien pour eux mais, après les critiques qu'ils ont subi de la part de la profession agricole, il est peut-être temps de se remettre en question et de ne pas vouloir éliminer ce modèle coût que coût. La spécialisation n'est peut-être plus l'avenir de l'agriculture (cf réforme de la PAC avec la diversification des cultures).

Bazilou

La situation restera préoccupante tant que les éleveurs ne bénéficieront pas d'une juste rémunération de leur travail. Quand le revenu est proche de zéro, une hausse de 30% des charges d'aliment nous fait passer dans le rouge très vite. Si on était payé de notre marchandise au prix juste, on aurait les reins solide pour tenir en période difficile. Mais là, attention on va dans le mur !...et ce sont les élevages les plus performants (les plus gros) qui vont plonger le plus vite.

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