Loup : des éleveurs ovins poussés à se reconvertir

Lise Monteillet

Loup : des éleveurs ovins poussés à se reconvertir

Situés en première ligne, les producteurs d’ovins viande ne supportent plus les attaques de loup, en recrudescence. Au fil des ans, le nombre de victimes ne cesse d’augmenter, malgré la mise en place de moyens de protection.

« Comme beaucoup d’éleveurs, je suis résigné », confie Ghislain Ughetto, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence. Dans ce département, le loup est présent depuis une vingtaine d’années. Malgré la mise en place de mesures de protection, le nombre de victimes est en augmentation. En six mois, Ghislain Ughetto a subi neuf attaques sur son exploitation et perdu près de 100 brebis, sur les 600 que comptait son troupeau. Une perte trop difficile à encaisser… Il a décidé de diminuer son activité.

L’élevage ovin menacé

Au fil des ans, le loup a considérablement agrandi son territoire. Sa présence est recensée dans 25 départements et elle est suspectée sur de nouveaux territoires, comme dans l’Aisne. A l’échelle nationale, le nombre de victimes a plus que doublé entre 2010 et 2015, atteignant 8900 animaux l’an passé, malgré le développement des mesures de protection.

Pour Pierre-Yves Motte, responsable du dossier au sein de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), l’État doit reconnaître « l’incompatibilité » du loup avec l’élevage, transformer les tirs de défense en « moyens de régulation ».

Le coût de la prévention a « explosé », selon le représentant professionnel. Plus de 18 millions d’euros ont été consacrés aux moyens de protection en 2015. Auxquels il convient d’ajouter plus de 2 millions d’euros d’indemnisation des dégâts.

Des chiens de protection agressifs

L’efficacité des moyens de prévention est souvent remise en cause. La présence de chiens de protection dans les troupeaux, au tempérament agressif, fait aussi débat. « Mon exploitation est située aux portes de Digne, il y a beaucoup de passage. J’avais un patou, en 1998, mais il a mordu des gens. Depuis, je n’en ai plus », raconte Ghislain Ughetto. Seule parade : rassembler ses brebis sous un filet de 1,80 mètres de haut, électrifié.

Celui-ci s’est résigné à baisser sa production d’agneaux. « En plus des 61 brebis tuées et des 34 disparues, j’en ai vendu 100 pour diminuer la taille de mon troupeau », explique-t-il. La promesse d’une indemnisation ne suffit pas. « Si votre salaire était amputé de 20 ou 30 % tous les mois, et si le complément était versé six mois plus tard... Comment réagiriez-vous ? », questionne-t-il. A cause du loup, il a renoncé à faire pâturer près de 200 hectares. Il songe aujourd’hui à acheter des vaches, moins vulnérables aux attaques, pour éviter que ses parcours ne se referment.

Des exploitations en reconversion

Le loup est arrivé plus tardivement dans les Vosges, mais sa présence suscite la même controverse. Sur les 330 brebis de son exploitation, Jean-Yves Poirot a comptabilisé une centaine de victimes depuis 2011. L’agriculteur vosgien a avancé sa période d’agnelage, afin que 80 % des agneaux soient sevrés au moment de la sortie des brebis, et qu’ils restent en sécurité dans le bâtiment. Cela induit des coûts d’alimentation supplémentaires. Les indemnisations ne couvrent pas, selon lui, les pertes réelles de l’exploitation. Comme son homologue des Alpes-de-Haute-Provence, il songe à reconvertir une partie de sa production, en s’orientant vers des brebis laitières, qui resteront en bâtiment. 

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Commentaires 14

lesavoi

connaissez vous le coût du loup pour l Etat francais en 2015? PLUS DE 16 MILLIONS D EUROS payés par le contribuable pour satisfaire ces gentils ecolos alors pourquoi ne pas fair payer les degâts à la FRAPPNA ou à toute autre assiciation ecolo ; assez scandaleux quand dans certaines régions de france on n'arrive plus à payer les retraites de personnes ayant bossé pendant des années pour un État qui comme remerciement préfère payer des loups que ces travailleurs ; je pense aussi que dans quelques années, il faudra skier sur des broussailles ou alors... payer des entreprises pour debroussaillier et qui va payer? Pas d'attaque sur l'homme on ne sait pas. Par contre la cohabitation entre loup et nos voisins bergers italien ne se passe pas si bien qu'on le dit, fermer la chasse car ça fait des morts? Combien par an? Combien de tués sur les routes ? ALORS ON FAIT QUOI ON FERME LES ROUTES? Qui va réguler après il faudra payer des agents de l'État pour remplacer les chasseurs? ALLEZ DEMANDER AUX SUISSEX SI CE SYSTEME FONCTIONNE? CERTAINS CANTONS AVAIENT FERME TOTALEMENT LA CHASSE ... AVANT DE ROUVRIR QUELQUES ANNEES PLUS TARD CAR ILS ETAIENT DEPASSES PAR LES DEGATS EST LES SURPOPULATIONS DE GIBIER .

aronman

Lorsque l'on sait que la chasse est responsable de plusieurs morts humaines par an, il faudrait peut être penser à "dézinguer " la chasse avant de s'en prendre au loup !!!!
Comme qui dirait l'autre, le loup est dans la bergerie...

lim

Le loup n'a pas de prédateur a part l'homme, quand il se sera bien reproduis et que les brebis auront déserté les vallées que mangera t-il?
Sérieux pensez a ses éleveurs qui perdent des dizaines de brebis et d'agneaux, c'est tout simplement honteux, ce sont les éleveurs qui entretiennent le paysage avec leurs animaux, et non pas le loup même si il fait aussi partis du paysage mais attention a la surpop!

1584

faut les dezinguer ces loups, ils font ch... les eleveurs et en plus ils coutent cher aux contribuables. au moins ça c'est clair .

Le dindonnier

J'espère que les loups étourdissent les brebis avant de les égorger sinon L214 va pas tarder à leur tomber dessus pour maltraitance

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