Méthanisation : choisir le bon procédé

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Méthanisation : choisir le bon procédé

“Nous ne souhaitons pas embarquer des agriculteurs dans des voies qu’ils ne pourraient pas ou plus maîtriser”. Ces quelques mots résument la ligne de conduite de Daniel Causse, un conseiller CERFRANCE qui accompagne des projets en énergies renouvelables. Il nous donne les clés pour faire les bons choix techniques, en toute indépendance des constructeurs.

Quel est le rôle de CERFRANCE Haute-Loire dans l'accompagnement des projets en énergies renouvelables?

Daniel Causse : Nous intervenons essentiellement à destination d’agriculteurs et d’acteurs du monde rural pour les aider dans leurs choix. Pour être concrets, nous étudions actuellement plusieurs projets sous les angles à la fois techniques, économiques, juridiques et financiers. Dans le Massif Central, nous travaillons surtout sur des productions animales. Néanmoins, nous avons quelques projets céréales cultures. Nous avons décidé d’associer nos compétences, dans le cadre d’un partenariat, avec un bureau d’étude qui partage nos valeurs. Agréole Développement est une SARL spécialisée en accompagnement de projets énergies renouvelables. Son approche technique se veut indépendante de tout constructeur et s’adapte sur mesure au porteur de projet. Notre complémentarité est donc source de richesse au service de nos adhérents. Ainsi, le bureau d’étude prend en charge toute l’approche technique en fonction des ressources disponibles, puis nous prolongeons cette étude pour l’enrichir des données liées à tout accompagnement de projet.

Vous connaissez donc bien l’éventail des différentes technologies possibles. Pouvezvous nous les expliquer ?

En fonction des disponibilités d’approvisionnement en gisant, il y a 5 ou 6 technologies possibles qui dépendent de deux principes selon la viscosité des intrants. Si ceux-ci sont suffisamment liquides (< 25 % de matière sèche), nous pouvons utiliser une technologie reposant sur un brassage et pompage du gisant avec deux technologies principales :

  • L’infiniment mélangé, technique allemande, la plus répandue en France actuellement, caractérisée par trois grosses cuves cylindriques : l’une de stockage des appros et brassage, l’autre de méthanisation, et enfin la dernière de stockage des substrats.
  • Le système de filtres utilisés dans des containers qui peut correspondre à des unités de plus faible dimension. Il faut savoir que ces solutions sont les plus méthanogènes. 

Si le gisant est trop sec, on utilise la voie sèche, sans brassage, ni pompage. Dans des fosses ou des containers, on stocke la matière, puis, par un système de douchage, on favorise la circulation des jus qui permettra la production de biogaz… Ces technologies présentent deux inconvénients : leur caractère discontinu de production, impliquant la mise en place de plusieurs unités en alternance, et le supplément de main-d’oeuvre pour remplir et vider les fosses à intervalles réguliers.

Lorsque vous étudiez un projet, vous guidez donc l’agriculteur dans le choix de la technologie la plus appropriée. Dans cette étude, abordez-vous aussi la dimension du projet ? Sa cohérence avec l’exploitation agricole ?

Notre objectif est d’apporter d’aborder toutes les facettes d’un tel projet, pour vérifier comment il s’intègre dans l’exploitation. C’est le 2ème pilier de notre démarche : il faut absolument vérifier la cohérence entre le projet, les potentialités d’approvisionnement, les capacités humaines à réaliser et à suivre la méthanisation. Pour cela, nous privilégions les regards croisés sur l’entreprise : le (ou les) porteur(s) de projets bien sûr, mais l’avis de notre partenaire bureau d’étude technique est intéressant, car il nous amène souvent un regard complémentaire, sans oublier, bien sûr, notre analyse stratégique, économique, juridique, fiscale et sociale.

Si vous aviez un conseil à donner à un porteur de projet…

Un projet de méthanisation doit se traiter comme une nouvelle activité de l’exploitant agricole avec, certes, ses atouts, mais aussi ses contraintes en termes de compétences à acquérir, de temps à y consacrer, de durée d’engagement et, bien entendu, de rentabilité d’investissement. Nous ne souhaitons pas embarquer des agriculteurs dans des voies qu’ils ne pourraient pas ou plus maîtriser.

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