Michel Dantin : Ça ne sert à rien d’avoir une bonne idée tout seul

Presse Agricole du Massif Central (PAMAC) 63

Michel Dantin : Ça ne sert à rien d’avoir une bonne idée tout seul
Michel Dantin - Définir des règles communes oblige chacun à revoir les siennes.

Député européen du grand sud-est, Michel Dantin a fait un détour hier par le Sommet de l’élevage. Le temps de nous parler d’Europe, d’agriculture mais aussi de politique…

Quel regard portez-vous sur la déclinaison française de la réforme de la PAC qui entrera en vigueur en janvier 2015

M.D. : J’ai le sentiment qu’en France, les choses n’ont pas été appliquées dans le même esprit que ce qui a été décidé au niveau de l’Europe. Les choix français ont complexifié les choses plutôt que de les simplifier. On accuse souvent l’Europe de rendre les dossiers compliqués, mais il est souvent intéressant de regarder ce qui se passe à l’échelle des états.

 Les organisations professionnelles commencent déjà à poser des jalons pour la PAC post 2020. Auront-ils un allié de choix en la personne du nouveau commissaire européen, Phil Hogan 

M.D. : C’est trop tôt pour le dire. Nous auditionnons demain (aujourd’hui), avec d’autres membres de la commission agricole, le nouveau commissaire. Je suis chargée de l’interroger notamment sur les AOP et IGP. Une chose est sûre, les organisations professionnelles doivent profiter de la période qui s’ouvre pour faire travailler la boîte à idées en vue de la PAC 2020. Et elles doivent multiplier les partenariats avec d’autres pays. A tous les étages, cette diplomatie agricole doit absolument se développer car ça ne sert à rien d’avoir une bonne idée tout seul.

Le schéma américain de « deficiency payment » (paiement compensatoire évoluant au gré des fluctuations de marché) est-il transposable à l’Europe

M.D. : Il faut regarder. Le schéma mis sur la table par Momagri, qui correspond bien aux filières végétales méritent d’être expertisés pour mieux coller aux spécificités des filières animales. Il faut bien se dire que recoupler plus ou moins une partie des aides, ce n’est pas dans le sens de l’histoire.

En tant qu’élu de Savoie, que vous inspire le projet de fusion entre les régions Rhône-Alpes et Auvergne

M.D. : C’est un peu hallucinant. Une fois dans ma vie j’ai fat Chambéry-Aurillac, j’ai mis quatre heure trente. Il est clair que les régions doivent avoir une taille suffisante, mais ce qui me semble essentiel au-delà des fusions, c’est d’élargir leurs compétences.

A droite, les candidatures à la présidence de la future grande région semblent déjà ouvertes. Laurent Wauquiez et Michel Barnier seraient déjà sur les rangs…

M.D. : Michel Barnier me paraît être le meilleur candidat. Il dispose d’un vrai ancrage territorial. Il a, sans aucun doute, la dimension pour être le vrai patron de cette grande région.

Propos recueillis par Sophie Chatenet

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