Motivés et passionnés, les éleveurs s'installent au salon de l'Agriculture

Motivés et passionnés, les éleveurs s'installent au salon de l'Agriculture

Paille, fumier et meuglements, plutôt qu'asphalte et bruits de moteur: 1.900 éleveurs passionnés ont transformé vendredi le visage de la porte de Versailles à Paris, en y installant les plus beaux animaux de France pour le salon de l'Agriculture, qui commence samedi.

aarrivée avec elevuer grimaçant

Ca bêle, ça hennit et ça beugle, au rythme de l'arrivée des agriculteurs.  Les moutons sont amenés par grappes dans leurs enclos, sur de petits chariots roulants. Un taureau récalcitrant gronde avant d'entrer dans sa stalle. Une troupe de vaches prend pied sur la moquette du pavillon 1, qui accueillera une grande partie des 4.700 animaux exposés. 

Depuis le matin, lapins, poules et pigeons sont déjà tous installés sagement dans leurs cages. Pour eux, le concours général, la plus prestigieuse compétition agricole de France, a déjà commencé.

 Le nez sur les fiches compilant les standards de beauté de chaque espèce, des juges en blouse blanche avancent en binôme. Ils notent sur 100 plumages et crêtes des volatiles, fourrure et oreilles de lapins. La tâche devient parfois un peu sportive, lorsqu'il faut rattraper un lapin facétieux échappé de la table de pesée.

 Etre juge au salon de l'Agriculture, "c'est le summum", se réjouit François Maurer, éleveur dans le Haut-Rhin, en examinant une poule basque très rare. A tel point qu'il faut organiser un roulement entre les éleveurs, car "tout le monde veut venir juger à Paris". Un "hobby" bien plus qu'un métier rémunérateur, précise-t-il, car une poule de concours, même magnifique, dépasse rarement les 30 euros.

brossage

Dix mètres plus loin, des vaches se refont une beauté sur l'aire de clippage (tonte). Attachées en rangs d'oignons, les ruminantes sont rasées de près et brossées. Objectif: être la plus belle pour aller fouler le sable de l'arène principale, à quelques mètres de là, où se dérouleront les présentations dans les jours qui viennent. "Un vrai défilé de mannequins", sourit Jean-Pierre Le Guellec, éleveur breton de 36 ans, venu avec sa Prim'Holstein. La sélection au salon représente pour lui une "reconnaissance du travail" accompli, avec un petit air de vacances en plus. "Ce genre de concours rapproche des animaux, et c'est un peu de loisir dans le travail".

 Thomas Saunier, 27 ans, éleveur de vaches laitières en Meurthe-et-Moselle pratique lui aussi son métier "avec un très grand plaisir", malgré les contraintes. Peu importe si sa vache remporte un prix ou pas, "c'est déjà une très grande réussite de venir à Paris". Le jeune homme se réjouit aussi des "moments privilégiés à discuter entre éleveurs de différentes régions", une opportunité pas si fréquente pour les agriculteurs.

repos des elevurs

Le long des stalles occupées par les vaches, des réunions s'improvisent, les pieds dans la paille et les fesses sur un fauteuil pliant, avec parfois un petit verre à la main.

Dans la section ovine, Jean-Paul Camus, 52 ans observe les moutons de ses collègues. Il se réjouit de pouvoir bientôt "se confronter aux autres éleveurs" et de faire connaître son élevage de brebis basé dans l'Aisne. Et si la rencontre avec le public parisien n'est pas sa première motivation pour participer au salon, il s'y livrera sans rechigner. "C'est important, pour garder les liens entre citadins et ruraux".

eleveurs et holstein

Source Texte AFP, Photos Sophie Caron

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