Paille de l'Oise pour vaches de Loire-Atlantique

Catherine Perrot

Une cinquantaine de big-ballers de paille sont arrivés il y a quelques semaines chez Didier Pouleau, à Cordemais.

Didier Pouleau, éleveur à Cordemais, a reçu de la paille dans le cadre de l'opération orchestrée par le comité calamités de la chambre d'agriculture. Il remercie ses collègues céréaliers pour leur mobilisation.

Ouf ! Le hangar est plein ! À Cordemais, Didier Pouleau a reçu, il y a trois semaines, 52 big ballers en provenance de l'Oise. Soit 14 tonnes, sur les 30 qu'il a commandées, et qu'il compte utiliser comme litière pour ses bovins, 35 vaches laitières ainsi que 35 vaches allaitantes et leur suite. Sur son exploitation, Didier Pouleau produit un peu de céréales, autoconsommées en grain et en paille. « Les bonnes années, je peux m'autoapprovisionner en paille. L'année dernière, je n'en ai pas commandé, pensant que l'année suivante, j'aurais une meilleure production. Mais ça n'a pas été le cas ! »

En mai dernier, le déficit fourrager était si important que Didier Pouleau envisageait de commander 40 tonnes de paille, dont une partie serait destinée à être alimentaire. Heureusement, les pluies du début d'été ont amélioré la situation. Didier Pouleau a donc revu sa commande à 30 tonnes seulement : « Mais comme l'estimation du prix de la paille a augmenté, la charge financière sera la même pour l'exploitation. » Certes, la paille que Didier a reçue de l'Oise n'est pas aussi blonde que la paille espagnole dont ont bénéficié certains de ses collègues. Mais, d'une part, Didier Pouleau s'en satisfait en tant que litière, d'autre part, il le comprend parfaitement : « Il s'agit de paille française ! Si en cette saison, elle était bien propre et bien sèche, on aurait du souci à se faire ! Cela signifierait une absence totale de pluie de tout l'été ! »

Sur les 52 big ballers reçus, 8 seulement étaient vraiment abîmés : « Ce sont les hauts de paillers, qui étaient noirs et germés. J'ai fait constater ce problème par le responsable du secteur. Certes, je ne peux pas dire que je suis content de payer pour de la paille abîmée, et plus lourde puisque chargée d'eau, mais je sais que cela fait partie des impondérables. On m'a d'ailleurs appris qu'après le 1er octobre, on ne livre plus les dessus de paillers. » L'éleveur poursuit : « J'apprécie que les céréaliers aient bien voulu jouer le jeu. Le transporteur qui m'a livré la paille m'a dit que l'agriculteur chez qui il l'a prise attendait impatiemment d'en être débarrassé. Il a fait un effort : ça aurait été beaucoup plus simple pour lui de la broyer ! » La paille abîmée ne sera pas utilisable : elle ne passera pas à la pailleuse. Mais le reste fera tout à fait son office en tant que litière pour les bêtes : « C'est de la bonne paille avec de la feuille », assure l'éleveur, « ça absorbe bien les déjections ».

Sur le prix, Didier Pouleau reste sur la fourchette qu'on lui a annoncée : « De 90 à 125 euros la tonne ». « C'est très cher pour de la paille. J'espère que l'on aura une aide de la part du conseil général… Ce que j'aurais aimé, de la part de l'État, plutôt que des aides comme le péage gratuit, c'est que l'on bloque la spéculation, que l'on dise la paille au champ vaut 25 euros, point… Mais apparemment, ce n'est pas possible ! » regrette-t-il. Même s'il sort de deux années assez difficiles en fourrages et paille, Didier Pouleau ne compte pas remettre en cause son système. « Vous savez, j'ai déjà connu des années sèches, comme 1989 et 1990. Ce ne sont pas deux années comme 2010 et 2011 qui vont remettre en cause toute ma stratégie. Et puis, ici, je n'ai guère la possibilité de faire autre chose que ce que je fais déjà : ce ne sont pas des terres à céréales, pas plus qu'à luzerne. Je sais que je suis déjà dépendant du soja et des produits pétroliers, et qu'il peut m'arriver d'être dépendant de la paille ! »

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