Portrait d'agriculteur : Le Ch’ti Porc des Flandres voit l’avenir en rose

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Portrait d'agriculteur : Le Ch’ti Porc des Flandres voit l’avenir en rose
Benjamin DENNEQUIN

C’est une belle histoire qui commence « sur les barricades ». En 2016, en pleine crise du porc, Benjamin Dennequin et ses collègues éleveurs occupent une centrale d’achat Lidl.

Portrait d'agriculteur : Le Ch’ti Porc des Flandres voit l’avenir en rose

En 2016, en pleine crise du porc, Benjamin Dennequin et ses collègues éleveurs occupent une centrale d’achat Lidl. « Nous n’avons pas voulu lever le blocage avant d’obtenir quelque chose », se rappelle le producteur de Merris, entre Hazebrouck et Bailleul. Bien lui en a pris : « Nous avons eu le directeur de Lidl France, Michel Biéro, en visioconférence. Je lui ai dit que ce n’était pas normal qu’ils ne vendent que du porc allemand. Il a demandé à voir notre gamme. » Un an plus tard, dans les 162 Lidl de Nord-Pas de Calais, la viande de porc fraîche est à 100 % locale. Elle est produite par les 94 adhérents du Groupement des producteurs de porcs des monts de Flandres (GPPMF), sous la marque Ch’ti Porc des Flandres.

En juillet 2016, le GPPMF - « le Petit Poucet de la région » - signe un contrat tripartite avec Lidl et l’abattoir belge Westvlees. L’accord, déjà renouvelé une fois, prévoit une plus-value de 40 centimes par kg de viande qui rentre chez Lidl. Ce débouché absorbe 2 500 porcs par semaine (le GPPMF en commercialise 5 500 en tout), pour environ 30 % de chaque carcasse. « La plus-value Lidl rentre dans le prix mutualisé du GPPMF » et profite à tous les adhérents, précise l’ancien administrateur national de JA.

Seul maillon manquant pour obtenir un produit 100 % français : l’abattage et la transformation. « Les abattoirs de Dunkerque et d’Hazebrouck ont fermé », se désole l’éleveur. Juste de l’autre côté de la frontière belge, l’usine du groupe Westvlees emploie « 465 personnes, dont 400 Français et n’abat que des cochons français ». Souvent accusés de concurrence déloyale, de faire monter les prix des terres, les Belges disposent d’usines agroalimentaires vitales pour la région. « Ils ont toujours une longueur d’avance sur nous, mais nous avons besoin d’eux », tranche Benjamin. 

Le producteur de 30 ans nourrit ses cochons avec de la purée de pommes de terre belge, de la crème de blé hollandaise, de la crème de pois française et... des biscuits Prince ! Ces coproduits industriels complètent les céréales de la ferme grâce à la fabrique d’aliments montée par son grand-père. Au-delà des économies, « nous savons exactement ce que mangent nos animaux. » Une alimentation liquide 100 % sans médicament grâce à un dispositif d’acidification de l’eau.

Pour Lidl, qui cherche à se débarrasser de son image de hard-discounter, le choix du made in France s’avère-t-il gagnant ? « En six mois, leurs ventes de viande de porc ont augmenté de 18 % », se félicite Benjamin. Le partenariat s’étend progressivement aux produits transformés. « C’est comme ça que l’on sauvera l’agriculture demain : en mettant tout le monde autour de la table, dans la transparence et l’honnêteté. »

Source : JA mag - n° 738 - 2017

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