Prédation du loup : le gouvernement se dit « prêt à agir »

Anne Sophie LESAGE

Prédation du loup : le gouvernement se dit « prêt à agir »

A l’occasion des questions au gouvernement, Stéphane Travert, a été interpellé au sujet du nombre grandissant d’attaques de loups. Le ministre de l’agriculture s’est dit « prêt à agir » et a annoncé un une étude prospective à l’automne sur « l’avenir du pastoralisme en présence du loup. »

Le loup en chiffres

D'après les chiffres de la DREAL-Rhône AURA, pour l'année 2016, la population de loups était estimée 295 têtes réparties en 57 meutes. Quarante prélèvements ont été autorisés (36+4). Pour cette même année, 2 841 attaques ont été constatées, dont seulement 800 ont été indemnisées, pour un total de 10234 victimes et seulement 2 950 indemnisées. En 2011, la population de loups était estimée à 66 têtes.

D'après un communiqué de presse de la FNSEA, pour l'année 2016, "les mesures de protection du loup ont coûté environ 23 millions d'euros (données connues en septembre 2016)" et l'indemnisation représenterait près de 3,2 millions d'euros (dossiers instruits au 14 juin 2017). 

« Votre gouvernement est-il prêt, dans un esprit pragmatique et rationnel, à prendre les mesures nécessaires pour faire chuter rapidement les attaques (de loups, ndlr) sur les troupeaux afin de retrouver un équilibre nécessaire et urgent ? » A la question d’Emilie Bonnivard, députée de la Savoie, deuxième département touché par les attaques de loups, la réponse de Stéphane Travert est « oui, nous sommes prêts à agir ! » Avant d’ajouter « nous ne pouvons pas passer sous silence la détresse des éleveurs qui sont confrontés à la prédation du loup. » 

D’après les chiffres communiqués à l’Assemblée nationale par la députée, les animaux tués par des attaques de loups auraient été multipliés par 2 en 6 ans, pour constater sur 24 départements touchés à 10 200 animaux tués en 2016, contre 4 200 en 2010. Stéphane Travert confirme une « forte augmentation de la population du loup sur les zones montagneuses. » Pour Emilie Bonnivard, cette augmentation « traduit l’échec du Plan national loup. » 

Pour autant, d’après le ministre de l’agriculture, « il faut sortir de l’approche comptable du nombre de prélèvements mensuels qui embrase le débat public chaque année. » Le ministre veut tendre vers une approche « pluriannuelle », avec l’ambition qu’elle soit « beaucoup plus fine » et qu’elle prenne en compte « l’intérêt des territoires qui sont touchés. » Il a confié travailler « en étroite concertation avec le ministre de la Transition écologique et Solidaire » afin d’apporter « des solutions à nos éleveurs. »

Le ministère de l’agriculture réalisera à l’automne une étude prospective sur « l’avenir du pastoralisme en présence du loup. » Les conclusions, ainsi qu’une consultation des acteurs des territoires touchés, contribueront à l’élaboration du prochain Plan national sur le loup 2018-2022. Pour Stéphane Travert il y a un « double objectif » : « tendre vers le zéro attaque, tout en préservant la biodiversité à laquelle nous sommes très attachés. »

Carte de la répartition des loups (noir), lynx (jaune) et ours (brun) sur le territoire français

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Commentaires 2

GR26

« tendre vers le zéro attaque, tout en préservant la biodiversité à laquelle nous sommes très attachés. » des belles paroles sans aucun rapport avec la réalité, tant qu'on continuera à le protéger, sauf à obliger tous les écolos à regarder chaque loup bien dans les yeux pendant 5 minutes pour leur expliquer que les moutons sont gentils...

Syl44

Attentions il faut demander à Hulot pas de faux espoirs

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