Sanitaire porcin. Une situation départementale favorable

Drs Boris BOUBET et Didier GUERIN

Sanitaire porcin. Une situation départementale favorable

Sanitaire collectif porcin => Prophylaxies porcines, visites sanitaires, analyses sur les sangliers, les suidés sont également suivis sanitairement. La situation départementale continue d’être favorable mais il convient de rester vigilant face aux nouvelles menaces.

La peste porcine africaine (PPA)

Sanitaire porcin. Une situation départementale favorable

C’est une maladie virale qui se transmet « de groin à groin », par les tiques ou les restes alimentaires. Elle se manifeste de manière variable suivant le pouvoir pathogène du virus en cause ou le stade physiologique des animaux, d’une forme suraigüe et mortelle en moins de 48h00 à une forme chronique atténuée en passant par des formes fébriles associant des troubles digestifs, respiratoires, hématologiques et nerveux. Seule l’analyse de laboratoire permet de faire la distinction entre la peste porcine classique (PPC) et la peste porcine africaine. Il n’existe pas de vaccin et la prévention passe par des mesures de biosécurité. En cas de foyer avéré, l’abattage reste la seule solution.

Une extension à l’est de l’Europe avec un impact économique majeur

Identifiée en 2007 en Géorgie, la PPA s’est disséminée dans le nord-est de l’Europe et en Russie avec des pertes directes estimées à plus de 65 millions d’euros. Depuis 2014, elle a progressé dans l’Union européenne depuis les zones frontalières et une diffusion « en tâche d’huile » continue à être observée. Avec plus de 200 foyers identifiés en République tchèque, la menace se rapproche de l’Europe occidentale. La Hongrie a notifié, le 23/04/2018, son 1er cas de PPA. Il s’agit d’un sanglier de la faune sauvage. Ce cas est éloigné d’environ 200 kms des foyers en élevages porcins ou cas de la faune sauvage les plus proches situés en Roumanie, en Ukraine et en République Tchèque.

Des mesures sanitaires

Deux facteurs expliquent l’avancée de la maladie :

-       Les sangliers sont considérés comme le réservoir du virus et propagent la maladie. Des campagnes d’abattage sont organisées dans les zones concernées mais l’efficacité est contestée car cela favorise la dispersion des animaux.

-       Le facteur humain. Les voyageurs sont sensibilisés aux restes alimentaires, notamment de charcuterie, qui pourraient être des vecteurs du virus s’ils sont distribués à des porcs ou abandonnés dans la nature et consommés par des sangliers.

En France, la surveillance programmée s’effectue chez les sélectionneurs - multiplicateurs et sur les sangliers trouvés morts dans tout le nord de la France.

En Creuse, les prophylaxies en espèce porcine sont essentiellement centrées sur le SDRP (Syndrome Dysgénésique Respiratoire Porcin) et la maladie d’Aujeszky.

La France indemne d’Aujeszky depuis 2008, d’où un allègement des contrôles

L’ensemble de la France continentale est reconnu indemne de maladie d’Aujeszky chez les porcs domestiques depuis le 28/03/2008. La découverte d’un foyer dans les Pyrénées Atlantiques le 15/03/2018 vient rappeler que le risque de réémergence est toujours présent, souvent en relation avec la faune sauvage. Cet épisode a entrainé des blocages pour un coût estimé de 500.000 €. C’est pourquoi la surveillance sérologique est maintenue dans les élevages de sangliers, les élevages plein-air (risque d’introduction par les sangliers sauvages) et les élevages de sélection - multiplication (fort risque de diffusion). Dans les autres élevages, la surveillance sérologique a été supprimée.

Le SDRP, un danger sanitaire majeur pour les porcs…

Le SDRP est une maladie virale contagieuse surtout par contact direct entre animaux mais également possible par voie aérienne, par les camions de transport et par la semence. Le virus induit des troubles de la reproduction et l’apparition d’un syndrome grippal notamment en porcherie d’engraissement. Les performances de l’élevage sont altérées sur plusieurs mois. Face à une pathologie pouvant avoir un fort impact économique, une vigilance accrue à l’introduction est fondamentale et doit se baser sur la connaissance du statut du cheptel d’origine.

Sanitaire porcin. Une situation départementale favorable

… avec une prophylaxie obligatoire en Creuse

En Creuse, le dépistage est obligatoire sur les reproducteurs dans les élevages naisseurs et naisseurs-engraisseurs. Pour des raisons de praticité et de limitation des coûts d’analyses, les contrôles se réalisent au cours du mois de mai. En 2017, tous les élevages concernés ont été contrôlés et ont présenté des résultats négatifs. Les adhérents GDS Creuse bénéficient des attestations d’apport de garantie SDRP, leur permettant l’accès à toutes les filières commerciales. Pour les engraisseurs, toutes les zones pouvant fournir des porcelets ne possèdent pas un statut favorable par rapport au SDRP d’où l’importance de n’introduire que des porcelets provenant d’élevages sous apport de garantie.

Les visites sanitaires porcines

Depuis 2015, tous les élevages porcins d’au moins 2 places déclarées sont concernés par la visite sanitaire porcine tous les 2 ans. Cette visite est prise en charge par l’Etat. La première campagne a porté sur le risque de trichinellose, seuls les élevages hors-sol étaient concernés. Elle permettait aux élevages visités d’être reconnus officiellement indemnes et de déroger au dépistage à l’abattoir. Les élevages plein-air sont soumis à la recherche systématique à l’abattoir de larves de trichine et ne peuvent donc pas bénéficier de cette reconnaissance. La campagne 2018-2019 porte sur le bon usage des antibiotiques et la lutte contre l’antibiorésistance. Il est à noter que la production porcine, historiquement montrée du doigt pour sa forte utilisation d’antibiotiques, est devenue un bon élève avec une baisse de 41,5 % de sa consommation entre 2011 et 2017.

Les sangliers sauvages surveillés vis-à-vis de la trichinellose, de la maladie d’Aujeszky et de la brucellose porcine

Les sangliers, source potentielle de contamination des élevages de porcs en plein-air, sont en suivi triennal dans le cadre du contrôle sanitaire de la faune sauvage en Creuse. Tous les résultats trichinellose se sont avérés négatifs et, pour la maladie d’Aujeszky après une alerte en 2009/2010, les résultats sont depuis négatifs. La seule menace identifiée en matière de contamination par la faune sauvage a été celle des sangliers avec la brucellose porcine pour les élevages plein-air de truies. Des sérologies brucellose sont effectuées et il en ressort un taux de positifs de 47 %. Ce résultat confirme la circulation bactérienne chez les sangliers et justifie les nécessaires mesures de protection des porcs de plein-air.

Une étape de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! » pour un intérêt individuel et collectif

En Creuse, le maintien de cette situation globalement favorable passe par un engagement de chacun en matière de maîtrise des risques sanitaires avec pour objectif un bénéfice sanitaire individuel et collectif le meilleur possible, nous permettant de maintenir notre production porcine à un rang satisfaisant dans un contexte difficile. Avec les professionnels regroupés au sein de sa section porcine, GDS Creuse s’investit avec un accompagnement technique (gestion des prophylaxies en relation avec la DDCSPP, attestations SDRP…) et financier (tiers-payant, fonds de solidarité Aujeszky et SDRP…). Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

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