Situation financière toujours difficile pour les exploitations bovines à l’été 2017

INSTITUT DE L'ELEVAGE IDELE

Situation financière toujours difficile pour les exploitations bovines à l’été 2017

L’Observatoire de l’endettement et des trésoreries permet d’avoir un suivi régulier des résultats des exploitations bovines depuis 2013. Deux échantillons, représentant 2 périodes de clôture (hiver et été) sont suivis annuellement. Les élevages sont répartis sur 3 bassins : le Grand-Ouest, le Massif Central (Cantal) et le bassin Charolais ‘’historique’’ (Saône-et-Loire). Le suivi des exploitations est réalisé grâce aux partenariats durables, entretenus avec 5 centres comptables : AFOCG, AS71, Cerfrance Alliance Massif Central, COGEDIS et GIE Entr’AS.

Dispositif d'observation

Plus de 520 comptabilités d’exploitations, bovins lait et bovins viande, constituent l’échantillon des clôtures d’été (mars - juin) analysé entre 2015 et 2017 (cf. diapositives 2 et 3). Les résultats sont analysés en moyenne, par zone géographique puis par groupes de niveau d’endettement (3 groupes) (cf. diapositives 4 et 5).

LES TRÉSORERIES DES EXPLOITATIONS LAITIÈRES ENCORE EN DÉGRADATION (cf. diapositives 6 à 16)

La situation difficile des exploitations laitières, mise en évidence les années passées, continue de s’aggraver. Alors que la chute du prix du lait commence à s’atténuer début 2017, la baisse de produit brut est réelle : - 48 € de PB/ 1000 litres entre 2015 et 2017 (soit -10%) dans le Grand-Ouest et -21 € de PB/1000 litres en Montagne en 2 ans (-4%). Pourtant, en moyenne, l’EBE se stabilise à son niveau de 2016, grâce à des économies de charges.

Les annuités sont toujours élevées et le revenu disponible des exploitations, en baisse, reste faible : 15 300 € annuel par UTH familiale en moyenne (toutes zones). Malgré un nouveau tassement des prélèvements privés, les exploitations n’ont aucune marge de sécurité depuis 2 ans. Dans le même temps, les dettes court-terme conservent un niveau très élevé : 30 000 € en Montagne et plus de 40 000 € dans le Grand-Ouest. Alors que les nouveaux investissements se font rares, les éleveurs du Grand-Ouest ont encore recours aux emprunts pour refinancer leurs investissements passés et leur trésorerie (montant des emprunts à long et moyen terme réalisés dans l’année supérieur aux investissements nets). Les annuités seront donc en hausse les prochaines années et il faudra de nombreuses années, de meilleure conjoncture, pour que les exploitations retrouvent une situation financière saine.

Ainsi, 38 % des exploitations de l’échantillon (tous bassins) sont dans une situation critique : endettées à long et moyen terme et avec une trésorerie nette globale négative. Cette proportion s’élève à 46 % dans le Grand-Ouest.

NOUVELLE DÉTÉRIORATION POUR LES EXPLOITATIONS ALLAITANTES (cf. diapositives 17 à 27)

La situation financière des exploitations allaitantes se dégrade de nouveau sur les clôtures d’été 2017. Avec une conjoncture moins difficile début 2017, le produit brut des exploitations peine à se stabiliser par rapport à l’exercice précédent. Les aides, PAC mais aussi conjoncturelles, permettent de compenser en partie la baisse des produits bovins. Dans le Grand-Ouest et le Bassin allaitant, les annuités sont en hausse, impactant le revenu disponible annuel qui baisse. En Montagne, la légère baisse des annuités, en lien avec un produit faiblement conforté, permettent une petite amélioration du revenu disponible. En moyenne (toutes zones), celui-ci atteint 19 100 € par UTH familiale, ce qui ne permet pas de dégager de marge de sécurité, dans l’une ou l’autre des zones. Le niveau de dettes court terme et fournisseurs reste très élevé et les investissements, financés par des emprunts, sont en baisse significative. On constate également un refinancement, avec des montants empruntés supérieurs aux montants investis.

Depuis 3 ans, les exploitations en situation critique (endettées à long et moyen terme et avec une trésorerie nette globale négative) représentent un large quart de l’échantillon.

 

Ainsi, l’Observatoire permet de mettre en évidence plusieurs difficultés auxquelles les exploitations bovines sont confrontées : endettement, insuffisance structurelle de résultats, impact fort des effets conjoncturels, financement des investissements... Aujourd'hui, la problématique principale concerne l’impossibilité de dégager une marge de sécurité et de maintenir une trésorerie à flots. Les données montrent que, suite aux crises récentes, ces problématiques impactent plus durement les exploitations.

Télécharger le diaporama complet Observatoire de l'endettement et des trésoreries des élevages bovins sur la période 2015-2017 sur idele.fr

 

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Commentaires 1

DIGUE3942

je ne vois pas ce qui aurait pu changer la situation.....sauf que ceux qui ont perdu pied n'ont plus droit à la parole.....situation toujours aussi désastreuse pour le paysan.

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