[Vidéo] Crise de l'élevage : le plan de soutien sera "ajusté" en raison des crises multiples

Anne Sophie LESAGE

[Vidéo] Crise de l'élevage : le plan de soutien sera "ajusté" en raison des crises multiples

Le plan de soutien du gouvernement à l'élevage de 600 millions d'euros, annoncé en juillet et complété en septembre, va être "ajusté" en raison des difficultés que les différentes filières continuent de traverser, a indiqué jeudi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

 

"Avec le Premier ministre Manuel Valls, nous sommes d'accord pour réajuster le plan de sauvetage de l'élevage. Nous allons discuter pour apporter des réponses supplémentaires", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse. "Entre les crises sanitaires qui frappent les palmipèdes, les crises de marché qui touchent les secteurs du lait et du porc, un ajustement du plan sera bien sûr nécessaire", a-t-il poursuivi. Le secteur bovin, affecté par une centaine de cas de fièvre catarrhale ovine (FCO), sera également concerné, a-t-il précisé.

Le ministre recevra mardi les professionnels de la filière du foie gras pour caler avec eux les dispositions qui seront mises en oeuvre: durée du "vide sanitaire" nécessaire à compter du 1er avril pour venir à bout de l'épizootie et mesures de compensation aux élevages. "Tous les élevages concernés par les mesures sanitaires seront bien sûr aidés", a assuré le ministre.

Le même jour, le préfet de la région Bretagne recevra les professionnels du porc. Par ailleurs, M. Le Foll a indiqué qu'il rencontrerait "dans les jours qui viennent" le président de la fédération des producteurs de lait (FNPL), Thierry Roquefeuil. Ce dernier a proposé mercredi à la filière (producteurs, industriels et distributeurs) la signature d'une charte qui permettrait de garantir les prix payés aux producteurs. Une initiative que le ministre a dit jeudi "soutenir entièrement". "On a connu des crises de marché beaucoup plus courtes. Aujourd'hui, la situation au niveau européen est beaucoup plus difficile, car la crise est longue. Elle nécessite des réponses conjoncturelles, mais aussi structurelles", a expliqué M. Le Foll. En réponse aux critiques, le ministre a fait valoir qu'"aucun autre pays européen n'a adopté un plan de soutien équivalent à celui de la France".

Favoriser le stockage privé

Il a notamment rappelé qu'à sa demande, lors du conseil extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture à Bruxelles en septembre, l'Europe avait autorisé des mesures de stockage privé de la viande de porc, en particulier du lard et du gras. Ces mesures de stockages sont en oeuvre aujourd'hui chez la plupart des grands producteurs européens, a-t-il remarqué. Selon lui, les capacités de stockage privé, de 70.000 tonnes, sont utilisées pour moitié par l'Allemagne et l'Espagne à elles seules. En revanche, la France ne compte que 2.000 tonnes stockées. "Si on n'utilise pas cette mesure, l'excédent d'offre continue de peser sur les prix", a-t-il insisté.

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