Alimentation des bovins : Le profil en acides gras du lait, indicateur officiel des émissions de méthane

Annick Conté

Le lien entre méthane et profil en acides gras est depuis le 1er avril dernier officialisé par le ministère de l'Environnement.

Celui-ci vient en effet de reconnaître la méthodologie de l'association Bleu Blanc Coeur (BBC) comme méthode officielle de réduction des gaz à effet de serre.

Le projet présenté pour la première fois il y a trois ans, a réussi à franchir les barrages menant au convoité « projet domestique » : un mécanisme qui permet de rémunérer via des crédits carbone un porteur de projet pour les réductions d'émissions de gaz à effet de serre qu'il réalise.

Pour le moment, l'association BBC est le seul porteur de projet, mais la méthodologie est dans le domaine publique et peut donc être utilisée par des laiteries, entreprises d'aliments, etc. Pierre Weill, président de Valorex et de l'association BBC espère pouvoir mettre en pratique le mécanisme des crédits carbone à la fin de l'année. « L'idée est démarrer avec quelques groupes d'éleveurs puis de s'étendre petit à petit », a-t-il expliqué lors des 3es journées de la recherche Valorex le 5 avril dernier.

La méthode de mesure des teneurs en acide gras du lait permet de déduire les tonnes de méthane évitées grâce à une alimentation favorisant l'augmentation de la teneur en omega 3. (J.-M. Nicol)

La méthode de mesure des teneurs en acide gras du lait permet de déduire les tonnes de méthane évitées grâce à une alimentation favorisant l'augmentation de la teneur en omega 3. (J.-M. Nicol)

BBC reconnue comme la méthode officielle de réduction des GES

Il s'agit de mesurer la teneur en acides gras saturés du lait (une méthode est utilisable en routine). Puis d'en déduire les tonnes de méthane évitées grâce à une alimentation permettant d'augmenter la teneur en omega 3 (lin, herbe, luzerne, lupin…). « Une tonne de CO2 évitée vaut actuellement sur le marché financier 10-11 euros, a expliqué Dimitar Nikov du bureau des marchés du carbone au ministère de l'Environnement. Mais une tonne de méthane vaut 21 fois plus parce que son effet de serre est 21 fois plus puissant. »

« Les émissions de méthane représentent pour l'éleveur une perte d'énergie (4 à 15 % de la ration est transformée en gaz) et d'argent, » a souligné Pierre Weill. L'objectif est de construire un nouveau modèle : des vaches productives avec un profil en acides gras et une empreinte carbone intéressante. »

Source Réussir Lait Mai 2011

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