Anticipez le risque sécheresse

La rédaction - Réussir Lait Novembre 2011

Dossier de Réussir Lait de novembre 2011. (DR)
Augmentation de la fréquence et de la sévérité des sécheresses.

Comment sécuriser son système fourrager face au risque sécheresse qui s’accroît avec le réchauffement climatique ? Voici les pistes et stratégies développées par des éleveurs, chercheurs et techniciens.

Pour en savoir plus

Anticipez le risque sécheresse

Voir dossier de Réussir Lait de novembre 2011. (R. Lait n°252 p. 36 à 66)

es sécheresses semblent être plus fréquentes et risquent de le devenir davantage à l’avenir. D’après les climatologues, le changement climatique est déjà perceptible. De 1980 à 2000, les températures moyennes ont augmenté de 1,5 °C. Si, en moyenne sur les trente dernières années, la pluviométrie est restée stable, ils ont constaté avec les sécheresses 2003, 2005,2 006, 2010, 2011... une augmentation de leur fréquence et de leur sévérité.
Avec le réchauffement climatique, tout ne sera pas négatif pour les cultures fourragères, comme le montre l’étude Climator. Mais il va falloir s’adapter. Cette adaptation passera par une modification des itinéraires techniques, car le changement climatique a pour conséquence un raccourcissement des cycles de végétation et une plus grande précocité. Concrètement, cela signifie des dates de semis plus précoces, des variétés plus tardives, une mise à l’herbe plus tôt…
L’adaptation passe aussi par une sécurisation des systèmes fourragers. Or, depuis quelques années, ceux-ci semblent fragilisés suite à l’agrandissement des troupeaux et à « l’appel » des céréales. La surface fourragère croît moins vite que le quota, d’où une tension sur les stocks. Il s’agit donc dans un premier temps de les rééquilibrer en recalant l’assolement.

Anticiper, sécuriser

Sécuriser le système fourrager, cela veut dire aussi introduire des cultures ou des espèces moins sensibles au déficit hydrique comme le sorgho, le dactyle, la fétuque ou la luzerne. C’est aussi cultiver des plantes que l’on récolte avant la sécheresse estivale comme le méteil, ou des cultures intermédiaires semées derrière céréales immatures, tout en faisant preuve de souplesse sur leur destination (ensilage ou grain, incorporées au sol ou récoltées). Les témoignages des éleveurs, des chercheurs et techniciens montrent tout l’intérêt de ces techniques, même si cela complique le système.
Faut-il constituer des stocks de sécurité pour pouvoir faire face à un accident climatique inhabituel, et combien ? Des simulations économiques sont en cours ; en attendant, le bon sens doit primer. La moitié de ceux qui ont répondu à notre enquête l’envisagent, même si cette assurance a un coût. Certains, au contraire, préfèrent agir au coup par coup, quitte à payer des fourrages ou de la paille au prix fort. À chacun de décider selon son tempérament, et la zone où il se situe.
Reste la solution de l’irrigation. Elle coûte cher — on est vite à 100 000 euros pour un étang, deux enrouleurs… —, elle demande beaucoup de travail, et elle est réglementée. Mais les éleveurs s’y retrouvent financièrement à condition d’avoir un parcellaire groupé. Le débat sociétal est ouvert.

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