AOP fromagères d'Auvergne : Producteurs et entreprises préservent la CVO

Patricia OLIVIERI

Après plus de six heures d'âpres négociations “de la dernière chance”, producteurs et entreprises ont trouvé un accord sur les montants 2010 et 2011 de la CVO.

Chacun s'attendait à une longue, très longue soirée de négociations, et à des discussions plus que tendues, voire même, comme le craignaient beaucoup, à un possible point de rupture. Mercredi soir, aux environs de 23 h 30, après plus de six heures de tractation et d'innombrables interruptions de séance, les familles des filières AOP fromagères d'Auvergne (représentant les producteurs, transformateurs et affineurs privés et coopératifs) sont finalement parvenues à un accord “de la raison” sur le montant de la cotisation volontaire obligatoire pour les années 2010 et 2011. Une CVO destinée d'une part à alimenter le budget communication des AOP bleu d'Auvergne, cantal, fourme d'Ambert et saint-nectaire, d'autre part à rémunérer davantage le lait des producteurs engagés. Quelques heures plus tôt, autour du traditionnel feu allumé à quelques mètres de l'entrée de la préfecture à Aurillac, les visages étaient fermés et l'ambiance grave dans les rangs des producteurs rassemblés à l'appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. “Nous demandons 50 euros pour 2011 et 40 euros pour 2010, expliquait Patrick Escure, président de la fédération des exploitants à 20 heures. Pour l'instant, les entreprises en sont encore à refuser toute augmentation pour 2010 et sont passées de 36 à 37 euros dans leur proposition pour 2011”.

Un euro à l'heure

“C'est une honte !”, réagissait un producteur en écho à un sentiment unanimement partagé par les manifestants venus de Condat, Ruynes-en-Margeride, Champagnac, Vézac, Vic-sur-Cère, Saint-Flour,.., parmi lesquels de nombreux jeunes. “Une vraie filière, ça marche pas comme ça”, pestait un autre. Tandis que son voisin craignait qu'un nombre croissant de producteurs ne se détournent de la production laitière, un état de fait déjà bien engagé selon lui dans le département. Tenus informés par SMS de l'état des discussions, les responsables de la FDSEA et des JA faisaient un nouveau point d'étape à 22 heures : pas un centime de plus pour 2010 et 39 euros cette fois pour 2011. “À coup d'un euro, c'est amuser les gens”, lançait un syndicaliste fidèle parmi les fidèles. Vingt minutes plus tard, le seuil des 40 euros était franchi par les entreprises. “Sans doute leur ultime proposition”, prédisait à juste titre Patrick Escure. Une dernière offre que les représentants des producteurs (mandatés par la FDSEA du Cantal et l'UDSEA du Puy-de-Dôme) décidaient d'accepter, conscients qu'une revalorisation pour 2010 était inaccessible, et poussés par le geste notable des pouvoirs publics, lesquels ont décidé de porter leur contribution au pot commun de la communication à 900 000 euros en 2010 et 1,5 million d'euros en 2011 (sur fonds d'État et européens). “On n'est pas euphoriques bien sûr, mais il faut saluer ce pas supplémentaire d'autant plus que l'État s'engage de façon plus que significative sur la promotion à la place des entreprises, a fait valoir Chantal Cor, responsable du dossier laitier à la FDSEA 15 et partie prenante de cet énième round de négociations. Cela dit, notre objectif reste d'arriver aux 70 euros”. Sans pour cela devoir réitérer “des négociations de marchands de tapis”. “Cet accord, c'est 3 millions d'euros de plus pour les producteurs en 2011”, s'est lui félicité Damien Mazeyrat, des JA du Massif central, également autour de la table mercredi soir.

 

Une évolution au litrage

Et cet administrateur du syndicat saint-nectaire de relever que les trois familles ont convenu mercredi soir d'adopter dès 2010 une évolution du litrage retenu pour la fabrication de cette AOP (passant de 8,5 à 9 litres de lait pour un kilo de saint-nectaire). Ce qui mécaniquement devrait profiter aux producteurs (+ 6 % estimés sur la masse financière totale dédiée à cette AOP). Pour l'heure, il reste à l'interprofession régionale (Crieal) d'appeler la CVO 2010 auprès des metteurs en marché (soit 30 euros / 1 000 litres), certaines entreprises ayant elles anticipé l'accord via un acompte de plus-value versée à leurs producteurs pour le premier trimestre.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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