Argentine : Une vache clonée pour produire du lait maternel humain

Un laboratoire argentin annonce la naissance de la première vache clonée au monde comportant deux gènes humains, afin de produire un équivalent du lait maternel.

« La vache clonée, baptisée Rosita ISA, est le premier bovin né au monde avec deux gènes humains contenant les protéines présentes dans le lait maternel », selon l'Institut national de technologie agricole (INTA).

« Cela ne va rien changer pour les femmes mais pour les bébés si, en les protégeant contre des maladies et en améliorant l'absorption de fer », explique Nicolas Mucci, l'un des trois responsables des recherches menées par l'INTA et l'Université nationale de San Martin.

Selon lui, des chercheurs chinois ont annoncé récemment avoir mis au point un procédé similaire, mais en clonant deux vaches portant chacune l'un des deux gènes, alors que l'équipe argentine a réussi à implanter les deux dans une même vache.

Le veau est né le 6 avril par césarienne, en raison de son poids excessif,
45 kilos, alors que les Jersey ne dépassent pas habituellement les 22 kilos à la naissance.

Deux gènes humains

L'objectif est d'améliorer la valeur nutritionnelle du lait de vache en ajoutant deux gènes humains codant pour la production de la protéine lactoferrine et du lysozyme.

Le lysozyme est une enzyme très peu présente dans le lait de vache, mais en revanche on la retrouve dans le lait maternel de façon très concentrée au cours de la première semaine de lactation.

La lactoferrine existe chez tous les mammifères et permet d'assimiler le fer pour fabriquer des globules rouges. Mais elle est spécifique à chaque espèce, et donc la lactoferrine bovine n'agit pas sur les humains. Cette protéine favorise également la pousse des dents et le développement de cellules intestinales, antibactériennes, antivirales et antifongiques.

Dans dix mois, les chercheurs vont pouvoir confirmer si les protéines sont bien présentes dans le lait de Rosita, en effectuant une simulation de grossesse. L'objectif de l'expérience est qu'à l'âge adulte, la vache puisse produire « du lait similaire à celui des êtres humains », indique l'Institut.

A l'âge adulte, la vache pourra avoir des descendants qui auront des gènes modifiés dans 25 à 30% des cas« , évalue l'INTA.

Un laboratoire privé argentin avait créé le premier veau génétiquement modifié au monde en 2004 avec dans son ADN une hormone de croissance humaine permettant de produire des hormones de croissance à partir de lait de vaches génétiquement modifiées.

Quatre vaches génétiquement modifiées capables de produire du lait contenant de l'insuline, utilisée dans le traitement du diabète, sont également nées en 2007 en Argentine dans le même laboratoire privé, une autre première mondiale.

Source d'après AFP

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