Aux Pays-Bas : Des essais sur grands troupeaux

Annick Conté

On ne lésine pas sur les moyens pour mener des essais sur le bien-être animal ou la longévité : 5 robots, 500 vaches, 60 postes d'alimentation individualisés…

Les 480 vaches de la ferme expérimentale de Lelystad respirent le bien-être : calmes, en
pleine forme, elles continuent tranquillement à vaquer à leurs occupations malgré la présence
de nombreux visiteurs ; elles en ont l'habitude. Elles sont très jeunes, avec une moyenne d'âge
de 4,01 ans avec un premier vêlage à 22 mois, et ne sortent jamais de leur bâtiment. Elles
produisent la bagatelle de 4,8 millions de litres avec un niveau moyen de production de 9693 kg
de lait à 42,4 de TB et 34 de TP.

Six salariés et trois chercheurs

Le bâtiment(1), construit en 2004, se divise en deux parties. La première partie, inspirée
des serres, a une toiture en plastique ; elle héberge 240 vaches, réparties en quatre lots de
60, chaque lot ayant son robot en accès libre. La deuxième partie a une toiture traditionnelle
et comprend 64 postes d'alimentation individualisés avec un robot. Entre les deux se
trouvent la salle de traite, une salle de traite 2x5 tandem pour les expérimentations sur les
vaches du second bâtiment, des boxes de vêlage et des bureaux.
Six salariés assurent le travail quotidien (soit 750 000 litres par salarié) et trois chercheurs
mènent les expérimentations. Dans le bâtiment serre, unique aux Pays-Bas, sont menées
des expérimentations sur le bien-être animal. La toiture plastique est très lumineuse, le gros
inconvénient est la chaleur l'été (il a fallu installer un énorme ventilateur). Le plastique a
résisté à la neige et la grêle mais on manque de recul sur sa longévité en élevage. Son
principal avantage est le coût : 7000 euros par place contre 11 000 euros pour le bâtiment
traditionnel (il y a un surcoût important car on est en zone de marécage).
Quatre types de sols y sont aussi testés. Les chercheurs effectuent des mesures de
pousse d'onglons et de pression (avec un plateau équipé de capteurs). Les sols avec
caillebotis béton classique ou avec caillebotis caoutchouc profilé (plus cher) donnent les
meilleurs résultats (par rapport au sol bétonné fermé ou avec caillebotis caoutchouc lisse).




Le bâtiment « serre » de la ferme expérimentale héberge 260 vaches réparties en quatre lots. Un bâtiment traditionnel, situé dans le prolongement, héberge l'autre moitié du troupeau. (A. Conté)

Le bâtiment « serre » de la ferme expérimentale héberge 260 vaches réparties en quatre lots. Un bâtiment traditionnel, situé dans le prolongement, héberge l'autre moitié du troupeau. (A. Conté)

 

Des essais sur le type de sol

Dans le bâtiment traditionnel sont menées des essais d'alimentation avec des fabricants
d'aliment, en particulier pour allonger la longévité des vaches.
Au niveau conduite du troupeau, les vaches ont une ration équilibrée à 30 litres avec 60 %
de maïs et 40 % d'ensilage d'herbe. Les vaches taries et celles à tarir sont conduites en
lots séparés. L'élevage de génisses est sous-traité à un voisin jusqu'à un mois avant
vêlage. L'accent est mis sur la prévention, notamment au niveau des pieds avec un parage
trois mois après vêlage et au tarissement, et un passage au pédiluve une fois par semaine.
Le responsable de la ferme a une fois par mois un entretien avec le fabricant d'aliment et le
vétérinaire pour rectifier le tir en cas de petits problèmes. Son objectif est de réaménager la
ration pour que les vaches mangent davantage de fourrages (un coût alimentaire maximum
de 5 c/kg de lait est visé). À noter la présence au-dessus des logettes des vaches d'un
petit tuyau qui permet de pulvériser toute les trois heures d'avril à octobre un insecticide «
naturel » contre les mouches…



(1) 46 mètres sur 116 mètres.

Source Réussir Lait Elevage Mai 2008

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