Avec des prix fluctuants : Vigilance sur les coûts de production

Véronique Rychembusch

Dans un contexte difficile, la maîtrise du coût de production est incontournable pour essayer de préserver son revenu.

Les résultats des exploitations laitières sont en chute libre par rapport aux clôtures de 2008. La baisse du prix du lait explique, bien sûr, en grande partie cette évolution. « Mais les producteurs ont une carte à jouer en matière de coût de production pour limiter cet impact », estime Pascal Le Coeur, conseiller lait à la chambre d'agriculture du Finistère. « Après plusieurs années de tendance à la baisse, le niveau des charges opérationnelles est de nouveau en hausse depuis deux ans, notamment en matière de coût alimentaire qui représente environ 70 % de ces charges opérationnelles. » Entre les clôtures des premiers trimestres 2007 et 2009, ce coût a progressé dans le Finistère de près de 30 %, passant de 61 à 79 €/1000 litres. La hausse du coût des intrants (concentrés, semences, engrais…) est un des facteurs explicatifs, mais sans doute pas le seul.
« Dans le même contexte économique, en effet, les éleveurs les plus performants en termes de maîtrise des coûts n'ont connu qu'une hausse d'environ 5 €/1000 litres de leur coût alimentaire, passé de 50 à 55 €/1000 litres, souligne le conseiller. Les écarts entre producteurs se sont creusés au cours des deux dernières années. Le différentiel de coût alimentaire entre les éleveurs les moins performants et les plus performants avoisine désormais 50 €/1000 litres, ce qui suggère un potentiel de gain important au niveau de certaines exploitations. »

+ 30 % sur le coût alimentaire

Pour le conseiller, il est nécessaire de revenir à une conduite plus rigoureuse en matière d'alimentation, en optimisant notamment l'équilibre entre l'herbe et le maïs. « Au cours de la campagne 2007-2008, afin de produire la rallonge, beaucoup d'élevages ont augmenté la part de maïs consommée au détriment de l'herbe pâturée et, ce, malgré des conditions favorables au pâturage. » La hausse du coût alimentaire a été masquée par un effet de dilution lié à l'augmentation des volumes produits.
« Mais depuis, bien que le contexte ait radicalement changé, bon nombre d'élevages sont restés sur la conduite alimentaire de la campagne 2007-2008. L'herbe pâturée reste le fourrage privilégié pour produire du lait à faible coût. Tant que le maïs représente moins d'une demi-ration, l'apport de correcteur azoté n'est pas nécessaire, rappelle le conseiller, ce qui, compte tenu des prix du soja, peut représenter des économies substantielles. Il faut ausi savoir être opportuniste et profiter au mieux des conditions climatiques si elles sont favorables, via notamment la valorisation des couverts végétaux. »

Les écarts de coût alimentaire entre producteurs se sont creusés au cours des deux dernières années. (S. Roupnel)(S. Roupnel)

Les écarts de coût alimentaire entre producteurs se sont creusés au cours des deux dernières années. (S. Roupnel)(S. Roupnel)

 

Des investissements qui vont peser

La maîtrise des coûts passe également par les choix d'investissements. « Les données des clôtures du premier trimestre 2009 montrent là encore une augmentation du niveau des charges de structure et cette tendance va sans doute s'accentuer. Les bons résultats de la campagne 2007-2008 se sont en effet traduits dans un certain nombre d'exploitations par des investissements en matériel et bâtiments dont tous ne sont pas encore entrés en ligne de compte. Mais ils vont peser dans les résultats des clôtures à venir. Il ne faut pas perdre de vue qu'une décision d'investissement a des conséquences sur de nombreuses années. »

Source Réussir Lait Elevage Juillet-Août 2009

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