Basse-Normandie : Un troupeau de 70 laitières empoisonné à l'oxyde de plomb

D'après l'Agriculteur Normand

Un silo de drêches de brasserie, pollué accidentellement à l'oxyde de plomb, serait à l'origine de l'intoxication alimentaire d'un troupeau laitier.

Yves Guillouet, jeune éleveur installé depuis trois ans à Culey-le-Patry, dans le Calvados, a
perdu 68 vaches et deux taureaux en moins d'une semaine. En cause, une intoxication
alimentaire à l'oxyde de plomb. Un silo de drêches de brasserie, pollué accidentellement
lors du transport, serait en cause.
Bref retour sur les faits. Le 16 août dernier, au cours de la traite du matin, l'éleveur note une
baisse significative de production. « Je trouvais cela bizarre, se souvient l'éleveur. Mais il
faisait froid, les vaches avaient mangé du foin et je venais depuis quelques jours de
changer de silo de drêches de brasserie. Je me suis dit que la dernière livraison de
coproduit était sans doute moins appétente. » Le soir, les vaches à vingt-cinq litres ont
chuté à un litre « comme si elles s'étaient taries subitement au cours de la journée ». Puis le
lendemain, quatre vaches sont mortes, et toutes les autres ont suivi dans la semaine. Les
soupçons se tournent rapidement sur les drêches de brasserie incorporées dans la ration.
Du plomb a été retrouvé dans le silo. Le camion qui a livré les drêches à l'éleveur aurait en
fait chargé auparavant des fines de plomb — qui, au regard de la législation, ne constituent
pas un déchet mais un produit — vers un centre de recyclage situé en Allemagne. Direction
ensuite vers la Belgique où le camion a chargé les drêches avant de les livrer chez Yves
Guillouet.


De nombreuses particules d'oxyde de plomb agglomérées ont été retrouvées dans le silo de drêches de brasserie. (T. Guillemot)

De nombreuses particules d'oxyde de plomb agglomérées ont été retrouvées dans le silo de drêches de brasserie. (T. Guillemot)

L'enquête est en cours

Depuis, les enquêtes et les expertises sont en cours, et la machine judiciaire est lancée pour
déterminer les niveaux de responsabilité des différents intermédiaires. Ne subsistent
aujourd'hui sur l'exploitation que quatre vaches, qui étaient taries au moment des faits et
restées au pâturage, ainsi que les élèves. Le préjudice subi est estimé à 250 000 euros.
Même si le troupeau a été décimé, aucun risque sanitaire n'est à craindre. Le dernier tank n'a
pas été livré, et le plomb ne passe d'ailleurs, ni dans le lait, ni dans les urines.

Source Réussir Lait Elevage Octobre 2008

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