Beurre: les distributeurs ne jouent pas le jeu

La Creuse agricole et rurale

Les éleveurs ont expliqué aux consommateurs que le manque de beurre n’est pas de leur fait mais vient d’un problème commercial entre transformateurs et distributeurs.
Les éleveurs ont expliqué aux consommateurs que le manque de beurre n’est pas de leur fait mais vient d’un problème commercial entre transformateurs et distributeurs. (AM)

La FDSEA et JA Creuse ont fait connaître aux consommateurs la vérité sur la pénurie de beurre.

La pénurie de beurre et le manque de produits dans les rayons font la une des médias ces dernières semaines. Une dizaine d’éleveurs laitiers du département, à l’appel de la FDSEA de la Creuse et en collaboration avec les Jeunes Agriculteurs de la Creuse, se sont rendus jeudi 2 novembre dernier dans les grandes surfaces guérétoises pour expliquer aux consommateurs comment une telle situation était possible.

Le contexte

La matière grasse laitière, longtemps critiquée par les scientifiques, retrouve depuis ces dernières années une image positive. Ainsi, la consommation de beurre en France a augmenté de 5 % entre 2013 et 2015 et de 2,5 % au niveau mondial. Une augmentation accentuée par le développement de nouveaux marchés, notamment en Chine.
En parallèle, depuis 2016, on constate une baisse de la production laitière. En cause, des décisions politiques (plan d’aide européen à la réduction de la production laitière) et des aléas climatiques qui ont impacté les récoltes de fourrages pour les animaux. Cette  accumulation d’événements a eu pour conséquence des répercussions négatives sur les trésoreries des exploitations, poussant certaines vers le dépôt de bilan.
Aujourd’hui, en France, 20 % du lait collecté sert à fabriquer du beurre : 9 % en plaquettes que le consommateur retrouve dans les grandes surfaces et 11 % à destination des industries agroalimentaires (boulangeries, biscuiteries…).

Les producteurs laitiers sont particulièrement indignés par l’affichage des supermarchés qui met en avant une « baisse de la production » laitière sans admettre que le problème vient du fait qu’ils ne veulent pas payer le prix de la marchandise.

Pénurie… ou stratégie ?

Le jeu de l’offre (qui diminue) et de la demande (qui augmente) tire les prix mondiaux du beurre vers des sommets et la majorité des centrales d’achats françaises refusent de le payer à sa véritable valeur. « Une fois encore, ce sont les industriels et les transformateurs qui s’en mettent plein les poches ! » explique Jean-Marie Colon, président des Jeunes Agriculteurs de la Creuse. Les industriels laitiers préfèrent vendre leur précieux produit à l’international où la demande reste dynamique et les prix très élevés.

Quant aux éleveurs laitiers...

Les producteurs, eux, n’ont vu aucune différence sur leur prix de vente du lait, matière première pour la fabrication du beurre. « Aujourd’hui, le cours du beurre est à 6 000 euros la tonne, par contre, le cours du lait lui est à nouveau en train de baisser. On est payé 325 euros les 1 000 litres en moyenne, alors que notre coût de production est de 340 euros les 1 000 litres ! » proteste Robin Leclercq, producteur laitier à Saint-Bard. C’est pourquoi les producteurs laitiers étaient dans les supermarchés : sensibiliser et expliquer les raisons de cette fausse pénurie. Un message bien entendu par les consommateurs qui ont prêté une oreille attentive aux discours des éleveurs.

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