C’est qui le patron ? : déjà plus de 4 millions de litres de lait commercialisés

Anne Sophie LESAGE

C’est qui le patron ? : déjà plus de 4 millions de litres de lait commercialisés

Après 4 mois d’expérience et plus de 4 millions de litres de lait vendus, la marque du consommateur « c’est qui le patron ? » commence à faire du bruit.

Nicolas Chabanne, fondateur de « c’est qui le patron ? » n’en est pas à son coup d’essai. Déjà à l’origine des « gueules cassées », ces fruits et légumes imparfaits, mais il était aussi à l'initiative du label « le petit producteur », qui revalorisait le travail des petits exploitants. Pour Nicolas Chabanne, ce qui a changé c'est qu'aujourd'hui, parler de rémunération lorsqu’on fait un achat, n’est plus tabou ! Au début de la réflexion, « on a interrogé ministère sur le montant à ajouter pour que le producteur de lait puisse vivre de son métier. La réponse est 8 centimes par bouteilles.» Si on considère la consommation de lait moyenne par an et par personne à 54 litres, la facture annuelle est de 4 euros. 

Lancée au mois d’octobre, la marque du consommateur, a un concept simple : redonner le pouvoir au consommateur tout en le mettant face à ses responsabilités. Pour Nicolas Chabanne, le consommateur devient alors un « consomm'acteur. » Grâce à la marque du consommateur, le client choisi le mode de production. L'ambition : « savoir d’où vient le produit, de quoi il est constitué, comment il est fabriqué mais aussi de savoir qu’il rémunère le producteur. » Pour le fondateur, « la meilleure façon de communiquer c’est de poser la question. - Qu’est ce que vous souhaitez et êtes vous prêt à y mettre le prix ? - Ensuite, il faut mettre des centimes en face des choix. » 

390€/1 000 litres

Avec un prix de départ incompressible, à 69 centimes du litre de lait, le consommateur sélectionne ses exigences dans un questionnaire et le prix augmente de quelques centimes à chaque fois. Comptez 7 centimes de plus pour assurer une rémunération convenable à l’éleveur, 6 centimes supplémentaires pour une nourriture sans OGM … et ainsi de suite. Le prix choisi par plus de 6 000 consommateurs est de 99 centimes par litre de lait. Le cahier des charges créé par les consommateurs ayant répondu à l'enquête est constitué d'une rémunération qui permet au producteur de se faire remplacer et de profiter de temps libre, lait origine France, mise au pâturage 3 à 6 mois dans l’année, alimentation garantie sans OGM avec apport en luzerne, trèfle (favorisant les Oméga-3), des fourrages locaux (moins de 100km du lieu d’élevage), le tout emballé dans une brique de lait avec bouchon.

Aujourd’hui, cette brique de lait de la marque du consommateur, est commercialisée à 99 centimes d'euros, dans plus de 5 000 magasins. Ils sont 51 producteurs, adhérents de la coopérative Bresse-Val-de-Saône, à s’être lancés dans la démarche, avec un prix de base de 390€/1 000 litres. Le lait est conditionné par la laiterie Saint-Denis-de-l'hôtel (LSDH).

Fort de leur succès, les fondateurs de « c’est qui le patron ? » ambitionne de décliner l’idée à d’autres produits comme le jus de pomme, le beurre, la crème fraîche, les œufs et bien d’autres.

 

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Commentaires 12

addition

Belle initiative, mais avec un prix de départ incompressible à 69 cts, le producteur est rémunéré à environ 300 € par tonne.
Donc, si le consommateur paie 30 cts de plus, dont 5,5 % de TVA, le producteur devrait être payé : 30 cts du litre - TVA + 30 cts compris au départ dans le coût incompressible, soit 583 € / Tonne...
Il manque donc 193 € / T au producteur, qui ont été récupéré par qui : la distribution ? L'industriel ? N. Chabanne ?
Le consommateur n'est-il pas trompé : les 7 cts pour la rémunération convenable, 6 / non OGM, x / vacances du producteur, etc... Ne vont à priori que très peu dans la poche de l'agriculteur !!!

paysan bio

belle initiative;bémol paturage 3/6 mois;lorsque le consommateur comprendra qu'avec cette mesure le lait est fait avec du mais/soja à 80%attention au boomerang.Il serait plus judicieux d'écrire 6/9mois avec surface de paturage minimale,faire que la vache mange réellement de l'herbe et non seulement qu'elle prenne l'air

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