Cessation d'activité laitière : Pas d'explosion du nombre de demandes d'Acal

Etienne Fabrègue

Sur la campagne 2010-2011, 2306 dossiers de demandes d'aide à la cessation laitière ont été déposés. Un chiffre en légère baisse qui masque de fortes disparités régionales.

Les chiffres du ministère de l'Agriculture sont connus depuis le conseil spécialisé filières laitières du 14 octobre dernier. Sur la campagne 2010-2011, le nombre de demandes d'aides à la cessation d'activité laitière est en légère baisse par rapport à l'an dernier : 2306 demandes enregistrées contre 2404 dossiers déposés la campagne précédente. Le quota libérable susceptible d'être repris par l'État, grâce au financement des pénalités payées par les producteurs en dépassement, lui, reste quasiment au même niveau. Quant au quota moyen des producteurs ayant demandé à bénéficier d'une cessation d'activité,
il n'augmente que très légèrement (+4 %).
Comment analyser ces premiers résultats ? On aurait pu imaginer que la crise qu'a connue le secteur laitier aurait amplifié fortement le nombre de demandes de cessation d'activité. Or, depuis près de trois campagnes, le nombre de demandeurs est quasiment stable, avec une moyenne des six dernières campagnes s'établissant à environ 3000 demandes.

Le sud de la France continue à subir une déprise forte

Si l'on tente d'aller un peu plus loin dans l'analyse, on constate en revanche de fortes disparités régionales, constatées d'une campagne sur l'autre. Neuf régions voient un très net recul du nombre de demandes déposées par rapport à l'an dernier, douze régions voient le nombre de demandeurs augmenter. Ces chiffres sont difficiles à analyser de manière pertinente, dans la mesure où les progressions doivent être relativisées en fonction du nombre de demandes (notamment en région PACA).
En revanche, si on corrèle le poids des demandeurs par rapport au nombre de producteurs présents dans chaque région, le sud de la France continue à subir une déprise forte, notamment dans les régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine : les demandes et le poids du quota libérable y sont deux fois supérieures à la moyenne nationale. Par contre la Franche-Comté, la Basse et la Haute-Normandie, les Pays-de-la-Loire, la Bretagne, la Lorraine et la Picardie enregistrent des demandes inférieures à la moyenne nationale.
Il est difficile de connaître à ce stade les motivations des producteurs. Crise économique, réorientation économique, raisons de santé, les causes de demandes peuvent être multiples et complexes. Mais malgré la crise de 2009,
on ne connaît fort heureusement pas d'hémorragie en termes de demandeurs. Il convient désormais de voir si ces dossiers seront tous financés, notamment grâce au dispositif de TSST (Transfert de quota sans terre)… ce qui donnera un bon marqueur de la
volonté des producteurs d'optimiser leur capacité de production.

Pièces jointes

Source Réussir Pâtre Novembre 2010

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