Changement de vie : le conseiller agricole devenu producteur de salers au Fau

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Après plus de 20 ans passés au Contrôle laitier, Philippe Riol s’est installé et est devenu éleveur laitier. Il transforme une partie de son lait en salers, à 1 000 m d’altitude.

Changement de vie : le conseiller agricole devenu producteur de salers au Fau

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L’ idée d’être agriculteur, Philippe Riol dit être né avec. “Même si ce n’était pas au programme”, convient-il dans un sourire. L’ancien animateur du Contrôle laitier (voir ci-dessous) sait qu’on ne l’attendait pas là ; à traire des vaches à 1 000 m d’altitude sur de petites parcelles pentues, pour assurer une transformation fromagère sur place. Une visite à Labastide du Fau, sur le canton de Salers, suffit à convaincre qu’il a trouvé là sa voie. Fils, petit-fils d’agriculteur... Philippe Riol ne cache pas sa fierté que la quatrième génération à laquelle il appartient, perpétue la transmission familiale. Il savait son frère proche de la retraite et admet que cela aurait été “trop dur de voir partir les vaches de la maison, alors qu’il avait construit quelque chose de bien”. Il ne fallait pas laisser échapper l’affaire. Alors, en avril 2011, il rachète à son aîné cheptel montbéliard et matériel et part en quête de pâtures à proximité de l’aire naturelle du camping du Fau, dont son épouse Evelyne est responsable. Un accueil touristique qui ouvre précisément ses portes sur la période où l’on produit du lait pour l’AOP salers. Une aubaine pour la vie de famille.

Une équipe soudée

“Dès le début du projet j’avais en tête la transformation fromagère”, explique Philippe Riol qui savait pouvoir s’appuyer sur le savoir de Jacques Lesmarie, fromager et par ailleurs chevrier et co-gérant du camping. Quant au foncier, il doit composer avec pas moins d’une petite dizaine de propriétaires pour seulement... 21 ha, dont les deux tiers sont en forte pente. “Mais fort bien exposés, au sud, et doté d’une flore exceptionnelle qui fait un lait très ­fromageable”, remarque celui qui a dû auparavant défricher à la main les genêts et autres ronces qui avaient tout envahi. Et puis il a fallu construire la laiterie et, là encore, mettre la main à la pâte avec une bonne part d’autoconstruction. Une étape qui lui aura fait changé de banque... tout le monde n’ayant visiblement pas la même foi dans ce projet à 110 000 euros. “J’ai profité d’une subvention conséquente de 46 000 euros, mais qui me semble justifiée au titre de la revitalisation rurale”, explique celui qui crée de l’activité dans un territoire où l’hémorragie démographique est particulièrement sévère. Jacques Lesmarie, Evelyne et Philippe y travaillent de concert, avant de livrer les fourmes en blanc à la fromagerie Bonal. L’ancien conseiller qui a trouvé aujourd’hui une certaine liberté de parole l’avoue : “Je ne crois pas à ­l’industrialisation, j’avais envie de faire quelque chose pour quelqu’un, pas seulement du lait dans un tank pour l’industrie. C’est réconfortant de travailler avec l’objectif de faire un produit qui plaise et dont on puisse vivre en valorisant des compétences”. Un pari en passe de réussir. Sur les 230 000 litres attribués, 70 000 sont transformés. Et les premières dégustations très appréciées.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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