Collectif contre le dumping social en Europe : Plainte déposée contre l'Allemagne

François d'Alteroche

Comme cela avait été annoncé lors du dernier Space, le « Collectif contre le dumping social en Europe » a demandé au gouvernement français et à la Commission européenne de se saisir du dossier et d'obliger l'Allemagne – qui est accusée de ne pas respecter les textes communautaires en matière de droit du travail – à appliquer le salaire minimum auprès de tous les salariés de l'industrie de la viande, sans discrimination liée à la nationalité d'origine. L'emploi de main-d'oeuvre étrangère à bas coût en Allemagne génère de forte distorsions de concurrence. « Cet avantage concurrentiel est directement lié à l'emploi à très bas salaire, par les entreprises allemandes d'abattage et de découpe de viande, d'une main-d'oeuvre intérimaire issue des nouveaux États membres de l'Union européenne ou de pays tiers », explique ce collectif qui rassemble différentes organisations françaises et belges liées à la production et à la transformation de viande bovine et porcine, dont entre autre le Sniv-SNCP, Coop de France et Interbev.
Ces salariés bon marché sont employés dans leur État d'origine (notamment en Pologne, Hongrie, Roumanie) par des entreprises ayant leur siège hors des frontières allemandes. Elle assument le rôle d'intermédiaires et détachent ces employés en Allemagne pour des durées plus ou moins longues puis facturent une prestation aux industriels allemands qui y ont recours.

Cette concurrence des entreprises allemandes a plus concerné jusqu'à présent les entreprises françaises du secteur porcin, mais pénalise aussi de plus en plus leur activité bovine. (S. Leitenberger)

Cette concurrence des entreprises allemandes a plus concerné jusqu'à présent les entreprises françaises du secteur porcin, mais pénalise aussi de plus en plus leur activité bovine. (S. Leitenberger)

7 € de l'heure pour les intérimaires en Allemagne

La présence de ces travailleurs - détachés à titre temporaire - est en fait un phénomène devenu quasi-permanent et la plupart des industriels allemands de la viande font appel à ces sociétés d'intérim afin de réduire les coûts de production et donc de gagner des parts de marché. « Le rapport du coût de la main-d'oeuvre entre l'Allemagne et la France est de 1 à 3 alors même que, sur ces métiers, 80 % de la valeur ajoutée sont constitués par la masse salariale », dénonce ce collectif. Le coût de cette main-d'oeuvre venue de l'Est utilisée par les industriels allemands de la viande avoisinerait 7 € de l'heure, « alors que le coût salaire + charges des salariés dépasse 15 € en Allemagne, 20 € en France et 30 € au Danemark », souligne ce collectif qui sur le principe « même travail, même salaire », demande donc au gouvernement français et à la Commission européenne d'obliger l'Allemagne à appliquer le salaire minimum auprès de tous les salariés de son industrie de la viande sans discrimination liée à la nationalité d'origine.

Source Réussir Bovins Viande Mars 2011

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