Conseil en élevage : technique et innovation au service de l’économie

Patricia OLIVIERI

Une grosse centaine d’éleveurs a suivi jeudi la journée du conseil en élevage proposée de concert par Cantal conseil élevage et Bovins croissance (Chambre d’agriculture).

Il a fallu quasiment pousser les murs de la salle AOP du lycée agricole d’Aurillac pour accueillir jeudi 21 mars, la centaine de producteurs de lait, dont de nombreux jeunes éleveurs, qui avaient répondu présents à la journée du conseil en élevage organisée conjointement par la Chambre d’agriculture et son service Bovins croissance et Cantal conseil élevage (CCE 15). Des éleveurs laitiers visiblement particulièrement intéressés par les outils innovants d’analyses dont est en train de se doter Cantal conseil élevage et qui étaient présentés à cette occasion. Ainsi, en dépit d’une conjoncture qui tarde à s’inverser, l’optimisation de leurs performances qualitatives et quantitatives restent à l’évidence une préoccupation forte des producteurs cantaliens. Et déjà, même si le dispositif n’est pas encore tout à fait effectif dans le département, ils ont bien perçu tout l’intérêt du programme Optimir dont les premiers résultats ont été dévoilés jeudi après un exposé sur les liens entre conditions de traite et qualité du lait évalués après un an d’utilisation des Lactocorders®.

Prédire les vaches gestantes

Fruit d’un partenariat entre les contrôles laitiers du Nord de l’Union européenne auquel CCE 15 a décidé de s’associer, ce projet vise à exploiter les analyses des échantillons de lait par spectre infrarouge déjà effectuées (pour évaluer les taux de TB et TP notamment) pour détecter des changements d’état physiologique de la vache : fertilité, prédiction d’un état d’acidose ou cétose, de son immunité globale, de l’efficience de la digestion... Pour l’heure, le volet le plus avancé, la prédiction de l’état de gestation ou non gestation a fait l’objet de tests dans près de 450 fermes pilotes du Nord de la France. Avec des résultats prometteurs puisqu’une analyse réalisée sur le lait 30 jours et plus après la date d’insémination permet de détecter une vache gestante avec plus de 86 % de fiabilité (et plus de 90 % au-delà de 70 jours). Dans les prochaines semaines, ces analyses vont être réalisées sur un échantillon de 150 élevages adhérents à Cantal conseil élevage avec un croisement de la prédiction avec les diagnostics de gestation. Et d’ici la fin de l’année, CCE espère bien pouvoir traiter (via un partenariat avec le Lial Massif central) les 1 030 élevages adhérents avec une analyse à chaque contrôle. Un service annoncé gratuit par le président Brunhes pour les adhérents en appui technique. Interrogé sur la pertinence de continuer à faire pratiquer des échographies, ce dernier a bien insisté sur le fait qu’Optimir se voulait un outil supplémentaire au service des éleveurs, qu’il fallait encore du temps pour en fiabiliser complètement les données avec des animaux cantaliens. “Surtout ne retenez pas de cette présentation que les échos, c’est fini”, a abondé son directeur François Fayolle, sachant qu’une rencontre avec les coopératives d’insémination est programmée.

Présentation d’une étude basée sur les Lactocorder® pour les producteurs laitiers et témoignages de tandems techniciens/éleveurs pour Bovins croissance.

Des services accessibles à tous

À quelques encablures de là, dans l’amphithéâtre du lycée, il était moins question d’outils que de conseils technico-économiques dans les témoignages de tandems éleveur/technicien proposés par Bovins croissance. En amont, Elsa Julien, technicienne, et Yannick Péchuzal, du service Références de la Chambre d’agriculture, ont exposé les résultats des marges brutes calculées chez 44 adhérents en 2012 et dont la médiane s’établit à 463 € mais avec une forte variabilité sur certains postes de charges notamment. Cette approche des résultats technico-économiques et de leur positionnement a ensuite été illustrée par le témoignage de Jacques Cheymol, d’Auzers, adhérent au contrôle de performances VA4 (pesée), qui avec son technicien Sébastien Blanc a travaillé sur la complémentation de ses broutards pour maîtriser ses coûts de concentrés. Accompagné par Lionel Gaillard, le Gaec d’Ayval de Jussac a lui fait le choix d’un conseil sans contrôle de performances, axé sur le volet engraissement. L’occasion pour Bovins croissance de sensibiliser à la gestion rigoureuse des dates de réforme après le dernier acte productif (vêlage) et à la notion de rentabilité carcasse par jour de vie pour l’atelier génisses. Habitué des podiums pour sa génétique laitière et récent adhérent à Bovins croissance, le Gaec Cussac Fouillet a développé sa stratégie pour son atelier aubrac grâce aux données de Bovins croissance : la détermination de la valeur génétique des animaux et une aide aux choix des génisses de renouvellement via le pointage. Avec pour tous ces éleveurs, quel que soit leur système, un leitmotiv quotidien pour les conseillers de Bovins croissance : mettre la technique au service de l’économie via une palette de prestations à la carte.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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