Crise du lait : les producteurs affectés dans tous les pays

Lise Monteillet

Crise du lait : les producteurs affectés dans tous les pays

France, Irlande, Nouvelle-Zélande… Comment les exploitations vivent-elles la crise du lait ? « La chute des prix est générale mais pas homogène », selon Christophe Perrot, de l’Idele. Il présentait ses recherches lors du colloque sur les marchés mondiaux du lait, organisé le 8 juin à Paris.

En fonction des pays, les producteurs sont plongés plus ou moins profondément dans une crise de revenus. Le chercheur a pris en compte trois paramètres : le prix du lait, les coûts de production et le volume de lait par exploitation.

Côté prix, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande sont les plus gros perdants, avec des prix inférieurs de 33 % aux moyennes 2007-2014.  Les prix français ont subi une baisse moins forte, soit d’environ 20 %. Mais pas de quoi caracoler. En France, la chute plus faible des prix s’explique par « un sommet 2014 moins élevé »…  

 L’Irlande mise sur les volumes

Christophe Perrot s’appuie sur la notion de « point mort » pour comparer les coûts de production dans chaque pays. Il s’agit du prix du lait à partir duquel la main d’œuvre non salariée est rémunérée. En Europe, les producteurs danois sont les moins bien lotis, avec des coûts approchant 350 €/1000l en 2015. Au contraire, les Irlandais se distinguent par des coûts défiant toute concurrence, sous la barre des 200 €/1000l.

En 2015, les exploitations irlandaises ont maintenu leurs revenus en compensant la baisse du prix du lait par une hausse de la production de près de 20 %. Néanmoins, la crise les a quand même rattrapés en 2016 : climat moins favorable, prix du lait très bas, paiement des pénalités laitières non différable.

 Les Néozélandais très endettés

L’Irlande est aujourd’hui plus compétitive que la Nouvelle-Zélande. Dans ce pays longtemps réputé pour ses sytèmes low cost pâturant, les pratiques ont beaucoup évolué. L’alimentation coûte désormais très cher. Par ailleurs, le prix du foncier est indexé sur le profit laitier par hectare, ce qui n’a pas manqué de provoquer une bulle foncière et financière. Les éleveurs, très endettés, rencontrent des difficultés à rembourser leurs dettes pour 80 % d’entre eux en 2015/2016 !

Le grand écart dans l’Union européenne

 Au sein de l’Union européenne, deux stratégies s’affrontent. Alors que des pays comme l’Irlande, le Danemark ou les Pays-Bas « exportent plus des 2/3 de leur production », d’autres, comme la France, « ajustent leur collecte à leurs besoins/débouchés commerciaux, notamment pour le marché intérieur, plus fort et rémunérateur ».

« Le choc de l’offre au niveau européen était parfaitement prévisible, peut-être pas quantifiable au million de tonnes près mais inscrit dans les projets », insiste Christophe Perrot. Ce dernier situe les exploitations françaises face à « une équation difficile », ne bénéficiant ni de prix, ni de volumes, mais néanmoins dotées d’un niveau d’équipement important, donc coûteux. 

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Commentaires 8

a

@pipo, le problème c'est la corrélation entre charge et produit, des années 50 aux années 80 tu vais de l'inflation à 2 chiffres, mais tout aller dans le même sens: les salaires, les charges, les prix, le foncier...
Là on a une absence d'inflation au niveau des prix agricoles et des charges qui augmentent (fonciers, services, normes), mais en soi que les charges augmentent c'est logique, les agriculteurs qui ont des femmes comptables, peseuses, contrôleuses, banquières n'ont pas forcement de diminuer encore le salaire du couple, pareil pour les enfants d'exploitants qui avaient des fermes trop petites et qu'on retrouve chez les inséminateurs, aux dépôts, en entreprise, etc.., parce que leurs charges aussi augmentent (eau, électricité, loyer..)
Y à pas de miracle, un exploitant Allemand de 300 vaches a dit qu'il a perdu 300 000 euros l'an passé et qu'il espère stabiliser le déficit de cet année à 400 000 euros et pourtant il fait du méthane, il a des panneaux.

euross

complétement en accord avec iolo trop d'enjeux financiers font perdre la raison et le sens de l'honneur aux (grands de ce monde); et ceci au détriment des petites gens qui triment pour s'en sortir notamment dans le milieu agricole. Nous ne sommes ni des pions , ni des naïfs, des solutions existes. Alors pourquoi un tel laxisme .Un peu de bon sens paysan et moins de spéculations ... Allez savoir

fairytales

zut quand je pense qu 'au pire des manifs les contrefeu etaient de denoncer les eleveurs francais qui etaient des bons a rien incapble de s'adapter

pipo

le prix du lait ne veut rien dire. Cela fait 40ans q on nous bassine avec ca .Le problème vient plutôt des charges d exploitations . Il faut ouvrir les yeux . Le matériel d élevage de culture tous les appro aliments produits elect eau .......et n oublions surtout pas les services et parasites qui tournent autour de nous ( compta controle laiter .... .Alors avant de parler prix bêtement allons voir dans ces pays comment cela se passe .ET OUI C EST CA L EUROPE

mn

on parle de surproduction donc les prix sont aux plus bas mais pas dans les GMS

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