Crise du lait: un accord trouvé à Laval

 Crise du lait: un accord trouvé à Laval

Un accord sur le prix du lait a été trouvé mardi entre Lactalis et les organisations de producteurs qui ont fait céder le géant laitier sur lequel les syndicats agricoles FNSEA et JA avaient accru la pression depuis lundi.

Des réactions contrastées

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs préfèrent voir le verre à moitié plein à travers cet accord, en estimant que "le combat légitime des producteurs de lait a fini par payer". Ils ajoutent : "un accord sur la revalorisation du prix du lait payé par Lactalis a été trouvé après 24 heures de négociations... en trois temps. Enfin!"

Pour les autres syndicats agricoles, le verre demeure à moitié vide. "Non, la crise n'est pas terminée!" alerte la Confédération paysanne. Ce syndicat compare la revalorisation du prix obtenue à "une aumône", qui "soulagera, certainement, un peu leurs trésoreries". La crainte de la Confédération paysanne est surtout "que ce prix devienne une référence" et rappelle qu'"il faut  pourtant au moins 0,35 € pour couvrir les coûts de production". 

"Lactalis - FNSEA : un accord satisfaisant, ça ?!" interpelle la Coordination rurale. "Quel syndicaliste digne de ce nom peut honnêtement se féliciter d’être parvenu à un accord couvrant à peine les charges pour 50 % des producteurs ?! Présenter un petit pas comme une avancée décisive et presque historique est une tromperie indigne qui berne tout le monde mais pas les producteurs", souligne la Coordination rurale. 

LM

Sébastien Amand, vice-président de l'Organisation de producteurs Normandie Centre qui participait aux négociations, a déclaré qu'un accord avait été trouvé pour un prix du lait à 290 euros la tonne pour les prochains mois, contre 256,90 euros actuellement pratiqués par le géant du lait, un des prix les plus bas du marché. Le prix du lait pour août sera de 280 euros la tonne et augmentera de 5 euros tous les mois pour parvenir à 300 euros en décembre. La moyenne annuelle 2016 sera de 275 euros. Selon M. Amand, l'accord signe l'arrêt des actions menées depuis lundi par les syndicats agricoles FNSEA et JA contre les sites et la marque Lactalis dans les grandes enseignes. Le Premier ministre Manuel Valls a salué sur Twitter cette "sortie de crise positive pour le secteur laitier".

"Satisfaction que tous les acteurs se soient mobilisés et aient pris leurs responsabilités", a-t-il ajouté. "A la FNSEA on considère que c'est une étape franchie. C'est important que Lactalis revienne dans le rang", a réagi Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. "Nous avons demandé un rendez-vous au patron de Lactalis. On tient à le rencontrer pour parler avec lui de l'avenir. On ne peut pas rester sur cette manière de travailler", a ajouté M. Barrau. "Le prix du lait négocié par le groupe Lactalis pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs, dont la répartition d'activités est proche de la nôtre", a souligné Michel Nalet, porte-parole de Lactalis, dans un communiqué.      

"Détresse sociale et économique"

"Cette avancée significative (...) représente un soutien d'environ 150 millions en 2016 par rapport à ses engagements contractuels", ajoute le groupe basé à Laval. Mardi matin, les Jeunes Agriculteurs (JA) avaient menacé d'appeler les représentants de la grande distribution à "retirer de leurs rayons tout le lait Lactel et en le remplaçant par du lait Candia" et de demander aux présidents des collectivités territoriales de "retirer tous les produits Lactalis" des cantines scolaires. Calmes mais déterminés, les producteurs avaient multiplié depuis lundi les actions de blocage des sites Lactalis et les actions de sensibilisation des consommateurs sur tout le territoire.

Que ce soit dans la Loire, dans le Maine-et-Loire, près de Rennes ou encore en Normandie et dans le Sud-ouest, plus d'une quinzaine de sites Lactalis ont été complètement ou partiellement bloqués par les producteurs de lait en colère. Cette mobilisation intervenait après le blocage la semaine dernière du site de production du géant du lait à Laval. Dans ce contexte tendu, Lactalis avait appelé lundi soir "au calme et à la responsabilité de tous", disant s'interroger "sur la surenchère d'actions orchestrée par la FNSEA". "La détresse sociale, la détresse économique dans les exploitations est conséquente et elle est palpable", avait justifié de son côté M. Amand. Parallèlement à cet accord, le ministre de l'Agriculture doit présenter mardi aux professionnels du secteur laitier le plan de régulation de la production française demandé par la Commission européenne en juillet, en contrepartie de nouvelles aides financières.

   

Source AFP

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Commentaires 39

eleveur

les produits laitiers ont il baissé dans les grandes surfaces???? Non!!!!

Qui encaisse cette difference????? PAS NOUS!!!!

lait 70

lactalis risque d'etre en difficulte financiere car l'augmentation du prix du lait lui coute 150 millions d'euros pour un chiffre d'affaire de 17 milliards soit la modique somme de 0,0088 pour cent de son chiffre .Si la fnsea avant fait le calcul avant ,elle aurait pu reclamer 350 euros tonnes sans ruiner le beurre ,l'argent du beurre et la cremiere de mr besnier

fleur

pipo aller négocier le prix du litre de lait au lieu pleurnicher

pipo

lactalis n a pas cassé la tirelire vu que le prix du lait augmente habituellement en octobre novembre décembre .NOS SYNDICALISTE SE SONT ENCORE FAIENT AVOIR .PAS DE LEUR FAUTE S ILS ONT DE LA M... DANS LES YEUX.

AGRI 22

BIEN TRISTE ACCORD IL MANQUE 60 EUROS PAR TONNE POUR BOUCLER LE BUDJET .OU VA TOUT CET ARGENT SACHANT QUE LES CONSOMATEURS PAIENT TOUJOURS LE MEME PRIX ET MEME DAVANTAGE .NOS DIRIGEANT S ENTETENT A FERMER LES YEUX

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