Dans la Somme, le projet « 1000 vaches » plafonné à 500

Emeline Bignon - Réussir Lait Janvier 2013

Dans la Somme, le projet « 1000 vaches » plafonné à 500
Quelle issue pour le projet picard de très grand troupeau ? © T. Guillemot

Pour en savoir plus

Voir aussi article " Dans la Somme, un projet de ferme laitière de 1000 vaches " (mis en ligne le 9 février 2012).

http://www.pleinchamp.com/elevage/bovins-lait/actualites/dans-la-somme-un-projet-de-ferme-laitiere-de-1000-vaches

Dans la Somme, le projet « 1000 vaches » est digne d’un feuilleton. Aujourd’hui encore, impossible de dire ni quand ni sous quelle forme, ce projet sortira de terre. Petit rappel des épisodes précédents. Le projet, inédit dans le paysage laitier français, porte sur la construction d’un bâtiment pour 1000 vaches près d’Abbeville, et d’un méthaniseur de 1,5 MW. Fin 2011, suite à l’enquête publique, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable à l’autorisation d’exploiter, de même que le Codherst(1) en avril dernier. Depuis, le feu vert du préfet de la Somme est toujours attendu…

Le dossier n’est pas en dormance pour autant. Ces dernières semaines, il prend même une tournure politique, depuis que le ministère de l’Écologie est monté au créneau. À Paris, les négociations vont bon train. Le point d’achoppement porte sur les surfaces d’épandage qui ne sont pas en adéquation avec la taille du projet final. Les porteurs de projets ne détiennent à ce jour que 1500 hectares de surface d’épandage, contre les 2 700 nécessaires. « C’est pourquoi le projet que nous avons présenté lors de l’enquête prévoit bien une augmentation progressive du nombre de vaches sur cinq ans, se défend Michel Welter, en charge du projet pour le compte de Michel Ramery, industriel du BTP. Nous n’aurons pas de mal à compléter le plan d’épandage, avec la multiplication de cessations d’activité laitière au profit des céréales dans le secteur. »

Le ministère de l’Écologie propose trois scenarios alternatifs

Toujours est-il que le ministère a proposé trois alternatives au projet initial : un atelier de 1 000 vaches laitières sans unité de méthanisation, une unité de méthanisation sans atelier de vaches laitières, et un atelier de 500 vaches avec unité de méthanisation. Le camp Ramery ne se résoud à aucune de ces solutions. La réalité économique du projet est tout autre. Il faut 850 vaches pour parvenir à l’équilibre de ce projet chiffré à 12 millions d’euros. « Nous voulons continuer à négocier pour trouver une sortie par le haut », poursuit Michel Welter, en n’excluant pas un nouveau rebondissement si la normalisation et l’homologation du digestat de méthanisation aboutit. « Dans ce cas, nous pourrions commercialiser le digestat comme produit fertilisant, sans être tenus de tout épandre. » À suivre…

(1) Conseil départemental de l’environnement et des risques technologiques.

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Commentaires 14

geo

La comparaison semble difficile pour une différence majeure: votre JA travaille sur un système extensif sous signe de qualité (AOC Bleu d'Auvergne) alors que la ferme des 1000 vaches est l'élevage industriel intensif de référence où le produit qui sort est tout à fait "banal", avec une rentabilité qui se joue sur les volumes produits (quantité) et non pas sur la finition du produit (qualité). A mon sens, les deux modèles ont un inconvénient important: ils conduisent à la désertification des zones rurales isolées et ceci est d'autant plus vrai en Aveyron...Malgré tout, sur le plan environnemental,le système extensif en montagne présente bien plus d'avantages qu'une ferme intensive en zone de plaine.

sebus77

partez la faire en pologne ou en allemagne y a pas d'argent a faire chez nous.
en france nous sommes les champions du monde de la paperasse a 2 francs, des taxations sur les gens qui entreprennent

Urbain

Ci-dessous le contre exemple de ce projet de 1000 vaches: je propose que chacun puisse évaluer les avantages et inconvénients des deux modèles....
Pres de chez moi, en Aveyron, il y a un jeune agriculteur qui vit avec 400000 litres de quotas. Il produit avec un système extensif à l'herbe pour faire du Bleu d'Auvergne. Il s'est mis aux normes et à construit sa maison pour abriter sa famille pres de celle de ses parents.

geo

@pontcarral: Il me semble que résumer l'avenir à l'emploi pour un tel projet est réducteur. Quelle diversité aurez-vous si ce modèle arrive à se répandre? A mon sens, l'agriculteur n'est pas encore, comme voudraient le faire croire beaucoup, un entrepreneur, pour la simple et bonne raison que sans les soutiens publics, tout s'écroule.
Laissons les agriculteurs continuer d'exploiter sous forme familiale plutôt que de favoriser des hommes d'affaires sans scrupules qui n'ont même pas conscience du désastre qu'ils sont en train de causer sur le plan environnemental et social et qui remettent directement en cause le modèle agricole pour lequel vous vous levez au quotidien.

Bazilou

Si on autorise cet élevage, faut aussi autoriser l'emploi de salariés venant des philipines ou de pologne....ça se fait bien dans d'autres secteurs d'activité (croisières, transport, autoobile,...). Mais faut pas compter sur ce projet pour creer de l'emploi ou faire baisser le prix du lait dans les rayons...juste un concurrent pour les fermes traditionnelles.

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