Dans le Pas-de-Calais, La prospérité fermière prépare l'avenir avec ses adhérents

Costie Pruilh - Réussir Lait Juin 2012

Dans le Pas-de-Calais, La prospérité fermière prépare l'avenir avec ses adhérents
Le chantier de la future tour de séchage (pour fin 2013) est en route. Elle augmentera la capacité de transformation du site de 60 millions de litres. © C. Pruilh

Dans le Pas de Calais, l’unique site industriel de La prospérité fermière accueillera une nouvelle tour de séchage d’ici deux ans, pour accompagner la hausse de la production laitière de ses adhérents et partenaires.

Un spécialiste de la protéine laitière

© Costie Pruilh

Le site de La prospérité fermière fabrique des ingrédients pour la chocolaterie, des fromagers, glaciers… mais aussi des ingrédients pour le secteur de la nutrition santé. L’usine transforme le lait des adhérents de la coopérative et le lait de ses partenaires. Elle travaille à façon, fabrique du lait de consommation pourle compte de Sodiaal, de la poudre de lait pour le compte de Laitnaa, a un partenariat avec VPM, une coopérative régionale spécialisée dans la matière grasse. « Nous sommes parfaitement complémentaires : ils nous envoient du lait écrémé, nous leur envoyons nos excédents de crème.» §§§§§§§§§§§§§§§ Quelques chiffres :* 1167 exploitations adhèrent à la coopérative* 376 millions de litres collectés chez les adhérents et environ 105 millions de litres apportés par les partenaires* Le prix du lait le plus élevé du Pas-de-Calais ; La prospérité fermière n’applique pas la flexibilité à laquelle elle a droit, et ajoute 5 €/1000 l à l’indicateur Criel.* Deux tiers du chiffre d’affaires de la coopérative sont réalisés à l’exportation. Ingredia (95 % à La prospérité fermière) a des filiales commerciales à Dubaï, Singapour, un partenariat commercial avec une entreprise australienne, etc.

À quel problème la coopérative est-elle confrontée ?

Gilles Desgrousillier, président de La prospérité fermière - « La prospérité fermière possède un seul site, à Saint Pol sur Ternoise, dans le Pas-de-Calais, qui est aujourd’hui saturé. La coopérative investit pour accroître ses capacités de transformation, pour être en mesure d’honorer ses contrats, avec ses adhérents et avec ses partenaires.
Le défi est d’ajuster au mieux l’investissement en fonction des débouchés et des prospectives de production. Nous avons enquêté nos adhérents en avril 2011, sur leurs intentions de production à horizon 2015. Une bonne moitié a répondu, et leurs réponses montraient une envie de produire plus (+15 %). Considérant
que nous n’avions pas toutes les réponses et que nous étions dans un contexte de prix favorable, nous avons estimé que la hausse réelle de production devrait être autour de 7 % pour l’après-2015. C’est tout à fait réaliste. Notre zone de collecte est plutôt dynamique, avec une zone herbagère au nord du Pas-de-Calais. L’incertitude porte sur la zone de polyculture élevage, où il y a une concurrence des grandes cultures et des légumes industriels. »

Que fait La prospérité fermière pour être encore là demain ?

G. D. - « L’investissement de 30 millions d’euros dans une tour de séchage de 3,5 tonnes(1) permettra de moderniser et d’augmenter la capacité de transfor-mation de 60 millions de litres. Un deuxième projet d’investissement est en cours de réflexion.
La production de La prospérité fermière est commercialisée par Ingredia. Le chiffre d’affaires est réalisé un tiers en France, un tiers dans le reste de l’UE, et un tiers sur le grand export. Même si Ingredia développe des marchés sous contrats, il y aura toujours une production de produits industriels. Les volumes de lait supplémentaires sont transformés en majorité en poudre de lait entier, qui part sur le grand export, plus exposé à la volatilité des marchés. Ceci incite Ingredia à chercher encore et toujours des marchés de niches, sous contrat, moins soumis à la volatilité des prix. »

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Gilles Desgrousillier, président de La prospérité fermière. © C. Pruilh

Comment envisagez-vous l’après-quota avec vos producteurs ?

G. D. - « En lien avec cet investissement, La prospérité fermière a mis en place, depuis le 1er avril, un système de double volume-double prix. Pour monter notre dispositif, nous avons intégré les remarques des sociétaires.
Nous avons voulu lier les volumes supplémentaires à un marché et à un prix, pour que les éleveurs produisent plus ou pas, en fonction des marchés.
Pour la campagne 2012-2013, le volume A correspond à la référence au 31 mars 2012. Il continuera à évoluer, puisque les attributions de quotas aux jeunes, les quotas acquis avec des achats de terre, les TSST, sont du volume A. Le volume B, c’est 1 % de hausse européenne et les allocations provisoires (2 %). L’éleveur nous indique s’il veut ou non produire du B, et s’il le répartit sur un semestre ou sur douze mois. Pour résumer, il s’engage contractuellement via une prédiction de production.
Le prix B est défini pour six mois. Il est calculé en fonction des prix des contrats déjà passés. S’il s’avère que le calcul Cniel est plus défavorable, la coopérative s’engage à maintenir son prix B. Si le calcul Cniel ressort plus élevé que le nôtre, nous réajusterons à la hausse le prix B.
Après 2015, notre idée est de maintenir l’apport total, et d’encadrer plus rigoureusement les volumes. Peut-être un prix de dégagement pour les volumes de lait qui ne pourraient pas être transformées, et qui partiraient sur le marché spot. On est tous d’accord sur le principe. On a trois ans pour faire évoluer le dispositif. »
 

Comment comptez-vous remettre les adhérents au cœur du projet coopératif ?

G. D. - « Les adhérents ont exprimé leur désir d’être davantage écoutés. Le bureau de La prospérité fermière élu en juin 2011 s’est saisi de la question. C’est un enjeu, si nous voulons que tous partagent les projets de la coopérative.
Nous avons créé trois commissions de travail. Elles comptent chacune environ dix agriculteurs et un administrateur qui les anime. La commission Économie donne des conseils en stratégie, à partir des données technico-économiques des exploitations. Il faut que chacun puisse décider de produire plus ou pas en fonction du prix B, des prix des intrants… La commission Nouvelles valorisations vise à appuyer les projets de diversification ou de réduction de la dépendance protéique ou énergétique.
La commission Après-quotas vise à développer nos liens avec nos partenaires coopératives. La fin des quotas amène à revoir les relations amont-aval à tous les niveaux, coopératifs, bassin, national. Nous pensons que développer les échanges avec nos partenaires peut nous aider à une meilleure compréhension des enjeux, au-delà des relations commerciales déjà existantes. Pour mieux valoriser le lait de nos adhérents, nous avons intérêt à éviter des investissements en doublon et à trouver des synergies.
Enfin, nous avons fait visiter le site industriel aux producteurs, ainsi que le « Pilote », notre unité de recherche et développement (18 salariés). »

(1) Tonnes d’eau évaporées quand la tour tourne à 100 % de sa capacité pendant un an.

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