Des élèves innovent pour la sécurité en élevage

Virginie Quartier

Des élèves innovent pour la sécurité en élevage
La Sécurichaise répond aux attentes des intervenants en élevage pour travailler au plus près de l'animal en toute sécurité. - © E. Leroy

À la MFR d'Alençon, les élèves ont conçu pour les inséminateurs la Sécurichaise, commercialisée depuis ce printemps.

Caractéristiques de la Sécurichaise

La Sécurichaise est composée d'une base, d'un dossier rabattable et de quatre pieds. Ils sont pliables et reliés par une barre pour éviter de s'enfoncer dans le sol et conserver la stabilité de l'outil. Avec ses 12 kilos et entièrement pliable, elle passe facilement entre les barrières. L'objectif de la Sécurichaise est de réhausser l'inséminateur et de l'amener au plus près de l'animal, tout en le protégeant des coups.

« L'innovation est entrée dans nos gènes, annonce fièrement Eric Leroy, formateur à la MFR d'Alençon. Depuis 2010, nous avons participé à cinq concours et remporté près de 6000 € de prix. La Sécurichaise a créé une réelle envie auprès des élèves. » En cinq ans, les élèves en CAP agricole ont participé aux Trophées Prévention Jeune (TPJ) de la MSA, au concours du Crédit Mutuel et à celui des chambres d'agriculture sur la promotion du métier de salarié agricole.

Les idées viennent d'abord du terrain. « Au cours d'une visite de centre d'insémination, les risques importants encourus par les inséminateurs, notamment dans les élevages équipés de marches, ont été abordés. Nous avions déjà en tête de concourir aux TPJ 2012. Cela nous a donné une idée... la Sécurichaise. » Les élèves de Capa I s'investissent pleinement dans ce projet. « Les plans ont été dessinés ensemble. Un élève a fait une première maquette. Puis, grâce à un parent d'élève qui avait des compétences en métallurgie, un premier prototype a été présenté à des inséminateurs à la fin du mois de février », raconte Eric Leroy. Ce prototype a favorablement impressionné les inséminateurs. Il répondait au cahier des charges défini lors de la première rencontre : dossier rabattable pour passer de case en case, pieds avant pliables pour s'adapter aux élevages avec une marche et être assez proche de l'animal. « Seul hic, le poids. La première Sécurichaise pesait 23 kg... »

Travailler sereinement et en sécurité

En vue du concours, les élèves ont travaillé pendant plusieurs semaines sur la présentation de leurs travaux : réalisation du témoignage d'un inséminateur, écriture d'un sketch de présentation avec fabrication d'une vache de démonstration en papier mâché... Tous ces efforts sont récompensés : la Sécurichaise remporte le premier prix aux TPJ de la MSA 2012.

Puis tout s'enchaîne. « Nous étions partis d'un réel besoin des professionnels, mais nous ne savions pas si notre prototype était commercialisable. Nous sommes entrés en relation avec plusieurs fabricants, notamment Flers Ergonomie. Avec eux, nous avons travaillé pour atteindre le poids maximal de 12 kilos en utilisant l'aluminium. » Entre juillet 2013 et septembre 2014, plusieurs prototypes sont testés et améliorés pour répondre parfaitement aux attentes. Un contrat est conclu entre la MFR d'Alençon, Origen Plus et Flers Ergonomie pour la commercialisation de la Sécurichaise. Les MSA de l'Orne, de la Mayenne et de la Sarthe subventionnent l'achat à hauteur de 40%. Origen Plus apoorte une aide de 20% pour ses adhérents. Ainsi, sur un coût initial de 650 euros, 60% peuvent être pris en charge. « Depuis le début de la commercialisation, Origen Plus en a quarante à disposition de ses inséminateurs. Nous avons un retour très positif. La Sécurichaise permet de travailler sereinement et en toute sécurité. Les inséminateurs prennent plus facilement le temps se sachant hors de danger », avance Eric Leroy.

« Participer à des concours est une expérience très enrichissante pour les élèves, source de fierté et de confiance. Avec la Sécurichaine, il y a un plus : la commercialisation. En termes de pédagogie et de motivation pour les jeunes, c'est réellement intéressant. Passer devant un jury, se mettre face à des professionnels pour défendre son invention donne de la maturité. » Sur les sept élèves impliqués dans le projet, six ont intégré un bac pro, beaucoup plus que les années précédentes. « Ils y ont gagné en ouverture d'esprit et en confiance », explique Eric Leroy. « Nous voulons montrer qu'il est possible de monter des projets intéressants en CAP. Ce n'est pas une formation toujours bien valorisée. »

Source Réussir Lait

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