Des producteurs laitiers s’enchaînent devant Lactalis

Lise Monteillet

Des producteurs laitiers s’enchaînent devant Lactalis
© JA61

Une cinquantaine de producteurs se sont retrouvés dans la soirée de mercredi 3 août sur le site de Domfront, à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de l’Orne. Devant les grilles du géant de la transformation, ils ont entrepris un geste symbolique : s’enchaîner à leur laiterie.

A travers cette action, les éleveurs laitiers souhaitaient faire passer un message. « Nous sommes enchaînés à notre laiterie car il est impossible d’en changer, quand bien même elle ne nous convient pas », résume Alexis Graindorge, président des Jeunes agriculteurs de l’Orne. 

Impossible entente

Le prix du lait pratiqué par Lactalis n’est pas acceptable pour les producteurs. « Lactalis paie 250 € les 1000 litres, alors que sur le même territoire, des petites laiteries jouent le jeu en payant autour de 300 € les 1000 litres », estime-t-il. La politique d’approvisionnement de Lactalis est tout aussi « incompréhensible » selon le leader syndical.  « Si un producteur dépasse sa référence laitière, il subit des pénalités. Or, Lactalis va encore chercher du lait à l’étranger ! », s’exclame-t-il. Dernier exemple en date : un camion contenant de la crème et provenant de Hollande a été intercepté par des producteurs fin juillet, non loin d'une usine Lactalis.

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Se faire entendre

Au cours de la soirée, deux représentants de Lactalis ont reçu les producteurs. Ces derniers ont souligné la situation financière extrêmement difficile dans laquelle ils étaient plongés. « Tous les jours, des fermes arrêtent le lait, l’agriculture… Avec tous les drames que cela comporte. Le nombre de suicides est en augmentation », insiste Alexis Graindorge. Il précise que de nombreuses exploitations ne pourront pas faire face aux mises aux normes imposées par la directive nitrates avant le 1er octobre. 

Améliorer les contrats

L’industrie laitière est vent debout contre le projet de loi Sapin 2, sensé rééquilibrer les négociations entre producteurs et transformateurs. «En ce moment, Lactalis fait beaucoup de lobbying pour faire rectifier le texte », déplore Alexis Graindorge.

Alors que les premiers contrats signés après-quota arrivent bientôt à échéance, les éleveurs entendent saisir « l’occasion de les renégocier ». Ces négociations doivent être réalisées « avec les organisations de producteurs », rappelle Alexis Graindorge. Or, Lactalis ferait tout pour les « démonter », selon lui. Au sein de cette laiterie, beaucoup moins de producteurs seraient fédérés en OP que dans d’autres entreprises laitières.

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Commentaires 1

Fjr2

En tant que consommateur, il faut étiqueter de manière claire le lait produit en France. Même s'il est un peu plus cher, je suis prêt à acheter ce qui vient de nos vaches. Je soutiens le monde agricole qui souffre de l'économie de masse qui régit aujourd'hui l'économie, sans faire aucune distinction entre une production de qualité et l'autre , qui ne vise qu'à écraser le marché. Courage à vous, et ne baissez pas les bras.

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